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Hello à toutes et tous,

Comme proposé sur un autre fil de discussion du forum je m’atèle à faire un petit comparatif entre le Graspop et le Hellfest et à donner quelques tips à ceux qui souhaiterait tenter l’expérience Outre-Quiévrain :slight_smile:

Je précisé que ce qui suit est basé sur mon expérience au Graspop 2024 durant laquelle j’ai pu faire 3 jours sur 4 (jeudi, vendredi et samedi, mais pas dimanche). Il ne s’agit que de mon expérience (sur une seule édition donc), ce qui n’est pas suffisant pour tirer des conclusions définitives, mais j’espère que mon point de vue pourra vous renseigner (pour ce qu’il vaut).

1. Accès/Transport

Concernant le sujets de l’accès et des transports, je pense qu’on est relativement kiff kiff avec le Hellfest, avec un site plutôt facilement accessible. Je pense toutefois que le Graspop a un petit avantage pour 2 raisons :

  • il y a plusieurs parkings pour voitures qui se situent vraiment tout près de l’entrée du festival (encore faut il y avoir une place) ;
  • le site du festival se situe dans une zone plus peuplées que le Hellfest avec plein de pistes cyclables et de très nombreux festivaliers viennent en vélo (la taille du parking vélo est hallucinante).

A notre que l’accès en train se fait via la gare de Mol qui est desservie par l’équivalent d’un TER (que l’on peut prendre soit à Anvers, soit à Bruxelles - deux gares desservies par le TGV). La gare de Mol est proche du site du festival et il y a une navette qui fait la liaison en 15 minutes.

2. Hébergement

Là encore ça me parait assez similaire. Il y a bien évidemment le camping gratuit que je ne peux pas comparer avec le celui du Hellfest car je n’y suis pas allé.

Il y a aussi le Camping Inferno qui est l’équivalent du Easy Camp, mais avec davantage de confort. Les tentes/tipis disposent notamment d’une prise de courant, ce qui est vraiment utile et les installations sanitaires (toilettes/douches) sont plus nombreuses et mieux conçues. L’attente à la douche est beaucoup moins longue (et il y a de l’eau chaude :sweat_smile:).

Par ailleurs, le Graspop propose d’autres solutions d’hébergement un peu plus loin du site, mais qui ont l’air vraiment sympa au Metal Park et au Devil’s Lake.

Attention, contrairement aux tickets pour le festivals, les réservations du Camping Inferno, du Metal Park et du Devil’s Lake sont très vite sold out.

3. Achat des billets

C’est l’immense avantage du Graspop par rapport au Hellfest : aucun stress à avoir pour acheter les billets (qui sont disponibles soit pour les 4 jours, soit pour chaque journée séparément - avec aussi des billets VIP).

Le festival fait toujours sold out (ou presque, car il reste parfois des tickets pour certaines journées), mais cela arrive au bout de quelques semaines ce qui laisse le temps de s’organiser et de se décider (même s’il ne faut pas s’endormir, car comme je l’ai dit les pass 4 jours sont toujours sold out au bout d’un moment).

Le prix est par ailleurs moins cher que le Hellfest : 319€ cette année pour le pass 4 jours (135€ pour les billets journée).

4. Site du festival

On pourrait en parler pendant des heures et entrer dans le détail de la comparaison sur plein de points différents, mais pour faire simple : ça se ressemble beaucoup, mais ça n’a rien à voir :rofl:

Ok, je m’explique :

Ca ressemble dans le sens où il y 5 scènes (2 mainstages cote à cote avec 3 scènes annexes (1 extérieure et deux couvertes) avec une programmation par style sur chaque scène (le découpage n’est pas tout à fait le même qu’au Hellfest), des zones de restauration, des bars, etc. Donc on n’est pas perdu et on retrouve globalement les mêmes choses et la même organisation qu’au Hellfest.

L’énorme différence c’est qu’au Graspop on est sur du carré et du minimalisme : pas ou peu de décors, attractions, etc., pas de petit bois, pas de petits bar dans des coins. Pour schématiser, le site est un immense rectangle avec les resto et les bars sur les côtés (sauf un gros ilot central) et les scènes de part et d’autre, avec l’une d’entre elles vers le milieu.

L’expérience est donc très très différente de ce point de vue là. J’y reviendrai, mais ça permet de se rendre compte à quel point l’effort du Hellfest sur ce point est considérable et offre une expérience unique. De mon point de vue, c’est vraiment un énorme truc en plus qui peut ne pas paraitre si important que ça quand on ne connait que le Hellfest, mais lorsqu’on vit la comparaison on se rend compte à quel point c’est génial d’avoir ce décor, ces statues, ces petits coins pour se poser, l’espace food, les bars, etc.

L’avantage du site du Graspop néanmoins est que son minimalisme permet une circulation beaucoup plus facile.

5. Nourriture et boissons

Alors là encore, immense avantage au Hellfest (mais qui en doutait). Je ne reviens pas sur la qualité et la diversité de l’offre du Hellfest, mais je peux juste vous dire que la qualité et la diversité de l’offre du Graspop sont inversement proportionnelles.

Sorti du traditionnel fricadelle/frites il y a très très peu de choix et c’est très cher.

C’est là qu’on s’aperçoit que c’est assez rude de tenir 3 ou 4 jours sur de la junk food. Perso à la fin du festival j’en pouvais plus.

6. Organisation

Il n’y a rien de particulier à dire sur l’organisation du Graspop, ni de comparaison à faire par rapport au Hellfest.

Dans les deux cas c’est hyper bien organisé. Tout est parfaitement huilé. Les bénévoles font un boulot incroyable.

Vraiment dans les deux cas, c’est remarquable de ce point de vue là.

En plus l’édition 2024 du Graspop avait été extrêmement pluvieuse - c’était vraiment une catastrophe - mais ça avait été très bien géré par l’orga qui s’était mis en 4 pour mettre des plaques de sol, apporter de la paille, etc. Bon c’était quand même un peu l’enfer, mais ils ont fait ce qu’ils pouvaient et au final c’était rigolo…

7. Programmation

Je vois pas trop l’intérêt de m’étendre ici la programmation et je crois que tout le monde a bien en tête les différences avec le Hellfest.

Personnellement, la programmation du Graspop me convient mieux, mais c’est vraiment une affaire de goût. Je reconnais néanmoins à la prog du Hellfest le fait qu’elle me force à faire des découvertes.

8. Ambiance

Alors là je suis un peu embêté…

Le Graspop a - me semble-il - l’avantage de réunir un public qui vient davantage pour la musique. C’est vraiment le public de passionnés qu’on peut retrouver dans une salle de concert, sans les influenceurs, les gens qui viennent pour faire du tourisme ou montrer leurs déguisements, ceux qui viennent en mode EVG pour se coller la chouille avec une bande de pote, mais pour qui la musique semble par fois un peu secondaire.

Ca se ressent pas tellement dans le pit ou proche des scènes, mais un peu plus loin des scènes c’est assez frappant. Les gens sont tous tournés vers les scènes et écoutent la musique (en tous cas davantage qu’au Hellfest ).

Très franchement, cet aspect là est vraiment très appréciable.

D’un autre côté, j’ai trouvé les gens globalement beaucoup moins sympas et l’ambiance bien moins chaleureuse qu’au Hellfest.

Au camping, nous n’avons pas réussi - malgré plusieurs tentatives - à engager la discussion avec nos voisins de tente et on ne peut pas mettre cela sur le fait que nous ne parlions pas flamand car même entre voisins flamands ils ne se parlaient pas.

Sur le site c’était la même chose : difficile de discuter ou rigoler un coup avec ses voisins. Je ne vous parle même pas de partager une bière.

Plus embêtant, on a un peu subi la xénophobie et l’agressivité de certains locaux :

  • On était pénard en train de discuter (en français) très très loin de la scène le jeudi en fin d’aprem devant Baby Metal quand un bande de cinquantenaire (hommes et femmes) qui passaient par là (on n’écoutaient donc pas le concert) se sont mis à nous insulter en flamand totalement gratuitement.
  • Le lendemain, alors que je faisais tranquillement la queue pour aller aux toilettes, un jeune manifestement bien alcoolisé et agité me parle en flamand. Je lui réponds que je ne comprends pas. Et là le mec me demande agressivement d’où je viens. Vu mon expérience de la veille je lui réponds astucieusement « england » et le type me fait un gros doigts en me disant « fuck england ». Je lui explique donc que non, je suis français et là « fuck France ». Le type a ensuite commencé à devenir très agressif et j’ai bien cru qu’il allait me mettre sur la tronche.

J’ai aussi remarqué quelques comportements agressifs que je n’ai jamais vu au Hellfest :

  • un mec hyper costaud (et manifestement très bourrés) qui a commencé à vouloir frapper les gens dans le pit (malheureusement pour lui il y avait d’autres mecs hyper costaud qui ne l’entendait pas de cette oreille)
  • une nana qui a balancé sa barquette de frites pleine de mayonnaise à la figure de la serveuse qui venait juste de la lui vendre (la nana avait eu le vice de lui demander de rajouter plusieurs fois de la mayonnaise dans la barquette avant de la lui jeter dessus).

Bon ça ne veut pas dire que des trucs comme ça n’arrivent pas au Hellfest, mais pour le coup je n’en ai jamais fait l’expérience.

Donc pour synthétiser : un public plus passionné et davantage là pour la musique, mais une ambiance (beaucoup) plus froide entre festivaliers (pas en ce qui concerne l’ambiance générale du public).


Voilà ! Je crois que j’ai fait le tour. J’espère avoir été à peu près exhaustif et que cela pourra aider ceux qui ont envie de découvrir le Graspop.

Au final, je recommande vraiment de tenter l’expérience, car c’est finalement assez différent du Hellfest. Malgré les écueils relatés ci-dessus, j’y reviendrai avec plaisir.

Si certains d’entre vous ont des questions qu’ils n’hésitent pas à me les poser. Sinon il y a un super forum francophone avec une communauté plus petite qu’ici, mais très sympathique et prête à aider :

A plus !

Arthur

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