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C h a p i t r e - 4
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Sam se réveilla d’un rêve étrange où Sam - une autre que lui - se réveillait d’un rêve étrange où Sam - un autre qu’elle…
Il tenait une tête par la chevelure.
Les images du combat lui revenaient, maintenant.
Cela avait été une lutte à mort. Elle s’était montrée insaisissable, imprévisible, déterminée. Il n’avait su parer ni anticiper les coups.
Tour à tour, la tête mordait, susurrait des mots doux, contemplait quelque lointaine folie, aboyait, chantonnait, rugissait et mordait encore.
Puis, par un coup chanceux ou malchanceux, selon le point de vue que l’on choisissait d’adopter, il avait tranché le cou de la créature.
Point de non retour.
La femme à la nuque brisée était bien plus qu’une présence fantômatique, qu’un de ces corps flottants au sujet desquels la rétine et le cerveau se disputent, comme le borgne et l’aveugle au sujet du troisième oeil. À la manière des poupées russes et rusées, il y avait maintes Sam en Sam et Sam hanta, quand Sam trancha, cette partie de lui-même qui ne lui appartenait pas.
Sam se sentit épuisé.
La bataille était terminée. Sam s’approcha de la tête survivante. Il plongea ses yeux dans les yeux de la bête.
C’était une créature hirsute, noble et sauvage. En elle culminaient, pareils à des monts jumeaux, indissociables dans la brume de l’esprit humain, des sommets de culture et de nature.
Angrboda : messagère de la tristesse… Celle par qui le chagrin survient, tandis que des vagues dissonantes vont, viennent et s’abattent sur vous comme un vent glacé.
Plus louve que chienne, la tête au port de Reine toisait Sam et considérait le champ de bataille.
Porteuse du Diadème À 12 Étoiles.
Celle Dont La Lignée Est Céleste.
Celle Qui détient L’Arcane Primordiale.
Fille de Célestine et Des Cascades Noires.
Chasseresse impitoyable, dont la légende venait d’être immortalisée, tissée et retissée trois fois.
Et chacun comprit pourquoi on les appelait ainsi…
Les Loups - enfin, en toute majesté - occupaient la Salle du Trône.
Les blessures infligées par les combats étaient trop importantes. Sam perdait beaucoup de sang - un sang d’encre. Il s’agenouilla, les genoux dans la mousse, et il se prosterna, à la main une mousse.
Puis, dans la joie d’une si sublime épiphanie, d’un requiem aussi parfait, couvant du regard cette louve majestueuse, Sam poussa son dernier soupir.
Mais… quelle virée d’enfer !





