Comme une seule démonstration frappe plus que cinquante faits, je me lance en premier dans cet exercice, espérant entrainer dans mon sillon bon nombre d’entre vous.
Mon classement de la semaine portera sur mon groupe favoris, j’ai nommé… Nightwish (et non In Extremo, comme certains aurait pu le croire).
C’est un classement forcément subjectif et que j’ai pourtant voulu le plus objectif possible, en essayant de juger la qualité des albums et en s’efforcant, tant bien que mal, de mettre de côté toute nostalgie ou préférence de telle ou telle chanteuse…
10 - Angels Fall first (1997)
Le début. Le chant masculin du Tuomas est vraiment pas très bon, certains choix sont un peu datés maintenant mais tout est déjà là : les bases du metal sympho, l’influence power, les thématiques et l’influence folk qui est bien plus marquée dans cet album qu’elle le sera dans les suivants jusqu’à Dark Passion Play (N’oublions pas que Tuomas voulait faire un groupe de folk à la base, pas de metal…). Nymphomaniac Fantasy reste une des meilleurs chansons de Nighttwish pour moi. Néanmoins, c’est ici la position du classement la plus facile à attribuer.
9 - Oceanborn (1998)
Le vrai premier album de Nightwish. Loin des hésitations du groupe amateur des débuts, ici les finlandais prennent la pleine mesure de leur talent et offre un album très power avec déjà quelques immanquables (Stargazers, Gethsename, Sacrament of wilderness, Swanheart…). Une affection personnelle pour Moondance qui est la première chanson de Nightwish que j’ai écouté.
8 - Wishmaster (2000) (non je ne range pas les albums par date de sortie…)
L’album de la confirmation. A partir de Wishmaster, Tuomas commence petit à petit à offrir des compositions plus complexes et à tendre vers plus de symphonie. On reste quand même dans la continuité de Oceanborn, avec des classiques comme Deep Silent Complete, Wishmaster et Come cover me.
A partir de là, tout devient compliqué à classer… Qu’on soit clair, Nightwish n’a pas sorti de mauvais album, mais de Century Child à Yesterwynde, chacun de ces albums pourrait etre le magnum opus d’une grande majorité de groupes. Pourtant, des détails ici et là, surtout des préférences personnelles, rendent quand même possible le classement des 7 albums suivants.
7 - HUMAN. :|| NATURE. (2020)
Un Endless form beautiful 2.0 avec de jolies titres mais dans la continuité de l’ancien album. Pour beaucoup, il marque aussi le passage de Nightwish à un sorte de Auri bis (le projet solo de Tuomas). Si de tels propos sont un peu exagérés, il est vrai
que l’on s’éloigne du métal symphonique pur et dur dans cet album pour aller dans un genre plus progressif et folk, la voix de Troy prend le pas sur celle de Hietala, et les séquences acoustiques sont plus nombreuses. Si Endless forms most beautiful
était une aurore, HUMAN. :|| NATURE est le zénith, l’album le plus lumineux du groupe. Beaucoup de titres très folk donc, comme Harvets, How’s the heart… Un Shoemaker qui finit par une prestation vocale de Floor JAnsen magnifique, qu’on retrouve
d’ailleurs dans la partie « Astra » du dernier long titre "All the works of nature which adorn the world ". Ce « All the works of nature which adorn the world » en 8 parties, si il n’atteint pas le niveau de « Greatest show on earth », reste quand même une
merveille de composition de la part de Tuomas Holopainen et un chef d’oeuvre à lui tout seul. Un excellent album donc, consistant, qui manque peut etre seulement un tout petit peu de relief. On retient que l’album est bon, mais aucun titre ne se détache
vraiment.
6 - Dark Passion Play (2007)
Premier album de l’ère Anette Olzon. Son chant emmène forcément de gros changement et une part plus importante au chant de Hietala.
On remarque aussi un retour des racines folk de Nighwish avec l’apparition de Troy Donockley en guest pour des pépites comme Islander, Last of The Wilds. The Poet and the Pendulum, qui ouvre l’album, est une merveille.
L’album est néanmoins quelque peu inégal avec des chansons un peu en deça (attention on parle de Nightwish, il n’y a pas vraiment de titres à jeter), surtout quand on sort de l’enchainement Century Child / Once. C’est un album dur à juger car c’est la première sortie de Nightwish que j’ai connu en étant fan du groupe, donc certainement celui qui me remmène le plus à une époque et qui soulève en moi le plus de nostalgie.
5 - Century Child (2002)
Le premier album avec l’arrivée de Hietala qui va offrir une balance à Tarja et changer beaucoup de choses. Tuomas, de son côté, abandonne de plus en plus le power pour un côté plus symphonique qui deviendra définitivement
sa marque de fabrique. Cet album est le premier chef d’oeuvre de Nightwish, dans l’ordre chronologique, dans lequel je ne jetterai absolument aucun titre. Il forme pour moi une sorte de dyptique avec Once qui représente le sommet de l’ère Tarja.
4 - Yesterwynde (2024)
Dernier album en date et premier album sans Marko Hietala, qui est peut etre la plus grosse perte du groupe depuis sa création. On est donc dans la cloture de la trilogie entamée avec Endless for most beautiful et peut etre dans la fin de la dernière mue de Nightwish en un groupe se dirigeant de plus en plus vers un genre unique de metal prog folk symphonique. C’est un album particulier car il a la particularité de ne pas avoir été suivi d’une tournée et de plutôt évoquer le début de cette triste période de hiatus du groupe. Il est donc sorti dans un contexte particulier, et, de surcroit, n’est pas l’album le plus accessible du groupe ni le plus apprécié par sa communauté de fans. Pas enthousiasmé pour ma part à la première écoute, la plupart des titres finissent pourtant pas grandir, prendre de la profondeur au fur et à mesure des écoutes. Day Of par exemple, est l’un des titres les plus sombres du groupe quand on prend le temps de s’y attarder.
Pourtant l’album commence avec un An Ocean of Strang islands qui s’enchaine parfaitement avec le précédent album HUMAN NATURE, une merveille, du pur Nightwish, finissant par une ultime montée en puissance conclue par 2mn d’apaisantes uillean pipes. Une annonce sur l’album ? Oui. De ce qui va suivre ? Pas forcément dans le sens qu’on l’entend. Plutôt l’annonce de la fin du voyage et le début d’un retour à quelque chose de plus sombre, alors que le groupe parle ici du temps qui passe, de l’humanité désormais bien installée depuis le précédent album. Si on retrouve le Nightwish grandiloquent avec The Antikythera Mechanism ou The Perfume of the timeless, avec une Floor Jansen toujours parfaite dans tout les registres, bien que sa voix soit parfois un peu sous mixée, la plupart des morceaux sont sur un rythme plus lancinant. Est-ce que Hietala manque ? Oui, car si Troy a une très jolie voix, il ne peut vraiment contrebalancer de la même manière avec la puissance de Floor (mais c’est moins génant en album qu’en live…). Kai Hatho, lui, dévoile encore plus le potentiel de son jeu de batterie sur cet album, notamment sur le morceau Spider Silk.
Cet album est au final remplit de pépites qui demandent un certains investissement pour en découvrir toutes leurs richesses. D’ailleurs, si l’on comparait les versions orchestrales des albums, Yesterwynde serait à la première place du groupe sans hésitation, tellement la mouture orchestrale de cet album est absolument extraordinaire. C’est peut etre l’album du groupe le plus ambitieux et expérimental depuis Imaginaerum. Mais là où Imaginaerum l’était dans son côté jusqu’au boutiste du caractère cinématographique de Nightwish, Yesterwynde, lui, l’est dans le côté émotionnel. C’est un album d’une intense sensibilité. Un album certainement nécessaire pour Tuomas, comme une catharsis envers tout ces événements (l’après coup post confinement, le départ de Marko Hietala qui aurait pu conduire définitivement à l’arrêt du groupe…). Yesterwynde ferme certainement une autre ère de Nightwish, un groupe qui n’a eu de cesse de se réinventer depuis 30ans. Alors on ne peut que finalement être impatient et se demander ce que nous réserve le génie de Tuomas et sa bande pour le futur ?
3 - Imaginaerum (2011)
Un album absolument dément. Le 2e et dernier avec Anette (même ne serait-ce pas finalement Hietala la chanteur principal ici ?). Tuomas, qui a toujours été un fan incondtionnel de musique de film, a pu ici réaliser un de ses rêves : faire un album concept, illustré par son propre long métrage. Et jamais Nightwish n’a autant sonné comme une OST. Et une excellente qui plus est ! L’atmosphère nocturne, le mystère, le fantastique… tout ces thèmes chers au groupe transpirent de cet album. Anette Olzon est bien mieux utilisée que dans Dark Passion Play et la mue de Nightwish d’un groupe de power symphonique vers un groupe de metal symphonique folk est finalement terminée, tout en restant dans la continuité de ce que le groupe a toujours proposé. La richesse et la diversité des titres dans cet album, tout en gardant un ensemble d’une juste cohérance, est démente : titres taillés pour les concerts comme I want my tears back, last ride of the day ou Ghost River, magnifiques chansons plus intimistes comme The Crow, The Owl and the dove ou Turn Loose the mermaids, Tuomas se paie même le luxe de composer un titre aux fortes influences jazz avec Slow, love, slow, renouant ainsi avec ses premiers amours…
2 - Endless form most beautiful (2015)
Le premier album de la nouvelle ère de Nightwish, l’ère Floor Jansen. Après être arrivée en pleine tournée live, et rapidement mis tout le monde d’accord, Floor Jansen a le droit à son premier album comme chanteuse. Un album qui était donc particulièrement attendu. Celui-ci est aussi le premier d’une trilogie sur la nature et l’humanité, délaissant un peu les thèmes plus fantasmagoriques. Alors qu’il aurait pu choisir de revenir à un registre « Tarja », Tuomas décide ici de conduire Nightwish dans une nouvelle direction, replacant la chanteuse au coeur des chants du groupe. Avec l’introduction de Troy Donockley comme membre à part entière, le côté plus folk du groupe commence également à se faire plus sentir, les influences prog aussi. Kai Hahto, qui enregistre également ici son premier album comme batteur officiel, après avoir remplacé l’historique Jukka Nevalainen pour problèmes de santé, apporte aussi du changement à la batterie. Ce que Nightwish a perdu en présence scénique avec l’arrêt du charismatique Jukka, ils l’ont gagné en groove, en technicité avec l’arrivée de Kai. Après la noirceur fantastique d’un Imaginaerum, on se retrouve ici sur le premier album « diurne » de Nightwish, une sorte d’aurore après une longue nuit. Quoi de plus logique pour un album parlant d’évolution, des débuts de la vie sur Terre à l’apparition de l’humanité, et de comment chaque être est unique. Pourtant dès l’entame de l’album, avec l’excellent Shudder Before the beautiful, on comprend que Nightwish n’a rien perdu de son côté « metal » et qu’il a même retrouvé une voix féminine dès les premières notes chantées par Floor. On ressort soufflé dès la fin de ce premier titre, excellement bien choisi pour débuter cette nouvelle ère et on sait déjà que Floor sera absolument parfaite dans ce groupe. La beauté des uilleann pipes sur un Elan, le lourdeur d’un Yours is an empty hope, les premiers chants de Troy dans l’invitation folk à la danse My Walden… tout les titres ont une saveur très particulières mais c’est the Greatest show on earth, titre de 20mn, conlusion épique de l’album, qui leur vole la vedette. Chef d’oeuvre ultime de Tuomas Holopainen, c’est encore sa plus belle composition encore à ce jour. Un titre qui ne manque pas de m’émouvoir à chaque fois que je l’entends, particulièrement en live. Tout simplement mon album préféré du groupe.
1 - Once (2004)
Très dur de désigner l’album numéro 1 d’un groupe dont on aime absolument tout les albums (oui meme toi le petit dernier, enfin leur premier, mais le dernier du classement, vous suivez ?). Pourtant, Once est tout simplement un enchainement de titres absolument éblouissant. Comment peut on sortir un album contenant Wish I Had an angel, Dark Dark Chest of Wonder, Planet Hell, Romanticide mais surtout Nemo, Creek Mary’s Blood et, surtout, l’inégalable Ghost Love Score ? Le sommet absolu du metal symphonique avant la bombe qu’a été le renvoi de Tarja.
Synthèse de mon classement :
1 - Once (2004)
2 - Endless form most beautiful (2015)
3 - Imaginaerum (2011)
4 - Yesterwynde (2024)
5 - Century Child (2002)
6 - Dark Passion Play (2007)
7 - HUMAN. :|| NATURE. (2020)
8 - Wishmaster (2000)
9 - Oceanborn (1998)
10 - Angels Fall first (1997)