[JEU] Classer la discographie de vos groupes!

Oyez oyez mes chers amis !

Il y a peu, je me suis lancé un défi un peu particulier : écouter les discographies complètes, dans l’ordre chronologie et sans interruption, de mes groupes favoris. Quitte à faire cela, je me suis dit que j’allais également tenter l’exercice périlleux de classer lesdits albums.
En discutant avec d’autres forumeurs, je me suis alors rendu compte que c’était un sujet qui pouvait intéresser grand nombre de personnes ici, poussant à une vraie réflexion interne de chacun en plus d’emmener rapidement à la discussion et au débat.

Je m’aventure donc hors de ma Odin’s Temple habituelle pour vous proposer l’activité suivante : chaque semaine, vous pourrez poster ici le classement de la discographie du groupe de votre choix.

Le format reste assez libre : vous pouvez le faire sous forme de classement ou de tiers list (plutôt à la mode en ce moment…), commencer votre post par le premier ou le dernier… Je vous demande seulement de respecter les règles suivantes :

  • Un minimum de justification et d’explication : vous n’êtes pas obligés de faire de long discours, mais il est d’autant plus intéressant pour l’ensemble des forumeurs d’avoir une petite explication de nos choix.
  • La limite est de une participation par personne par semaine : c’est une activité qui demande un peu de temps libre à chacun et nous n’en avons pas tous à notre disposition de manière égale, laissons à tous l’opportunité de participer sans que cela soit trop frustrant ! De plus, limiter la participation permettra au topic de rester lisible pour tous. Les compteurs seront remis à 0 tout les Lundi.

Un topic de discussion associé est également disponible ici afin de laisser celui-ci le plus lisible possible. N’étant pas dans la battle ni dans le bureau des pleurs, je vous prierai de rester bienveillant et respectueux sur vos post et sur vos réactions au classement des uns et des autres.

Maintenant, c’est à vous de jouer, épatez nous, surprenez nous, faites nous découvrir des pépites cachés et surtout, partagez nous votre passion envers les groupes que vous aimez !

N.B : Ce n’est pas parce qu’un forumeur a donné son classement de la discographie d’un groupe que vous ne pouvez pas le faire vous même pour le même groupe !

Voici un recap de tout les classements effectués, par ordre alphabétique de groupe, avec un lien direct pour y accéder.

Nom Du Groupe Pseudo
Cult of Luna Skyblues
Faun Hrafnagud
Lofofora Valhalla_Tsoin-tsoin
In Extremo Hrafnagud
In Flames Hekatomb
Iron Maiden Mick_Hammersmith666
Iron Maiden AsteR
Kiss JimmyR
King’s X Corkage
Korn LowkeyBlondie
Linkin Park Mythrandil
Lord of the Lost Sarugaku
Madball Chab77
Megadeth Mick_Hammersmith666
Nightwish Hrafnagud
Pain of Salvation Metalyogi
Perturbator Dioxeur
Pink Floyd Dioxeur
Pink Floyd Satchou
The Offspring Ponchiot
Sex Pistols Ponchiot
Smashing Pumpkins axxelman
System Of A Down LowkeyBlondie
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Comme une seule démonstration frappe plus que cinquante faits, je me lance en premier dans cet exercice, espérant entrainer dans mon sillon bon nombre d’entre vous.

Mon classement de la semaine portera sur mon groupe favoris, j’ai nommé… Nightwish (et non In Extremo, comme certains aurait pu le croire).
C’est un classement forcément subjectif et que j’ai pourtant voulu le plus objectif possible, en essayant de juger la qualité des albums et en s’efforcant, tant bien que mal, de mettre de côté toute nostalgie ou préférence de telle ou telle chanteuse…

10 - Angels Fall first (1997)

Le début. Le chant masculin du Tuomas est vraiment pas très bon, certains choix sont un peu datés maintenant mais tout est déjà là : les bases du metal sympho, l’influence power, les thématiques et l’influence folk qui est bien plus marquée dans cet album qu’elle le sera dans les suivants jusqu’à Dark Passion Play (N’oublions pas que Tuomas voulait faire un groupe de folk à la base, pas de metal…). Nymphomaniac Fantasy reste une des meilleurs chansons de Nighttwish pour moi. Néanmoins, c’est ici la position du classement la plus facile à attribuer.

9 - Oceanborn (1998)

Le vrai premier album de Nightwish. Loin des hésitations du groupe amateur des débuts, ici les finlandais prennent la pleine mesure de leur talent et offre un album très power avec déjà quelques immanquables (Stargazers, Gethsename, Sacrament of wilderness, Swanheart…). Une affection personnelle pour Moondance qui est la première chanson de Nightwish que j’ai écouté.

8 - Wishmaster (2000) (non je ne range pas les albums par date de sortie…)

L’album de la confirmation. A partir de Wishmaster, Tuomas commence petit à petit à offrir des compositions plus complexes et à tendre vers plus de symphonie. On reste quand même dans la continuité de Oceanborn, avec des classiques comme Deep Silent Complete, Wishmaster et Come cover me.

A partir de là, tout devient compliqué à classer… Qu’on soit clair, Nightwish n’a pas sorti de mauvais album, mais de Century Child à Yesterwynde, chacun de ces albums pourrait etre le magnum opus d’une grande majorité de groupes. Pourtant, des détails ici et là, surtout des préférences personnelles, rendent quand même possible le classement des 7 albums suivants.

7 - HUMAN. :|| NATURE. (2020)

Un Endless form beautiful 2.0 avec de jolies titres mais dans la continuité de l’ancien album. Pour beaucoup, il marque aussi le passage de Nightwish à un sorte de Auri bis (le projet solo de Tuomas). Si de tels propos sont un peu exagérés, il est vrai
que l’on s’éloigne du métal symphonique pur et dur dans cet album pour aller dans un genre plus progressif et folk, la voix de Troy prend le pas sur celle de Hietala, et les séquences acoustiques sont plus nombreuses. Si Endless forms most beautiful
était une aurore, HUMAN. :|| NATURE est le zénith, l’album le plus lumineux du groupe. Beaucoup de titres très folk donc, comme Harvets, How’s the heart… Un Shoemaker qui finit par une prestation vocale de Floor JAnsen magnifique, qu’on retrouve
d’ailleurs dans la partie « Astra » du dernier long titre "All the works of nature which adorn the world ". Ce « All the works of nature which adorn the world » en 8 parties, si il n’atteint pas le niveau de « Greatest show on earth », reste quand même une
merveille de composition de la part de Tuomas Holopainen et un chef d’oeuvre à lui tout seul. Un excellent album donc, consistant, qui manque peut etre seulement un tout petit peu de relief. On retient que l’album est bon, mais aucun titre ne se détache
vraiment.

6 - Dark Passion Play (2007)

Premier album de l’ère Anette Olzon. Son chant emmène forcément de gros changement et une part plus importante au chant de Hietala.
On remarque aussi un retour des racines folk de Nighwish avec l’apparition de Troy Donockley en guest pour des pépites comme Islander, Last of The Wilds. The Poet and the Pendulum, qui ouvre l’album, est une merveille.
L’album est néanmoins quelque peu inégal avec des chansons un peu en deça (attention on parle de Nightwish, il n’y a pas vraiment de titres à jeter), surtout quand on sort de l’enchainement Century Child / Once. C’est un album dur à juger car c’est la première sortie de Nightwish que j’ai connu en étant fan du groupe, donc certainement celui qui me remmène le plus à une époque et qui soulève en moi le plus de nostalgie.

5 - Century Child (2002)

Le premier album avec l’arrivée de Hietala qui va offrir une balance à Tarja et changer beaucoup de choses. Tuomas, de son côté, abandonne de plus en plus le power pour un côté plus symphonique qui deviendra définitivement
sa marque de fabrique. Cet album est le premier chef d’oeuvre de Nightwish, dans l’ordre chronologique, dans lequel je ne jetterai absolument aucun titre. Il forme pour moi une sorte de dyptique avec Once qui représente le sommet de l’ère Tarja.

4 - Yesterwynde (2024)

Dernier album en date et premier album sans Marko Hietala, qui est peut etre la plus grosse perte du groupe depuis sa création. On est donc dans la cloture de la trilogie entamée avec Endless for most beautiful et peut etre dans la fin de la dernière mue de Nightwish en un groupe se dirigeant de plus en plus vers un genre unique de metal prog folk symphonique. C’est un album particulier car il a la particularité de ne pas avoir été suivi d’une tournée et de plutôt évoquer le début de cette triste période de hiatus du groupe. Il est donc sorti dans un contexte particulier, et, de surcroit, n’est pas l’album le plus accessible du groupe ni le plus apprécié par sa communauté de fans. Pas enthousiasmé pour ma part à la première écoute, la plupart des titres finissent pourtant pas grandir, prendre de la profondeur au fur et à mesure des écoutes. Day Of par exemple, est l’un des titres les plus sombres du groupe quand on prend le temps de s’y attarder.
Pourtant l’album commence avec un An Ocean of Strang islands qui s’enchaine parfaitement avec le précédent album HUMAN NATURE, une merveille, du pur Nightwish, finissant par une ultime montée en puissance conclue par 2mn d’apaisantes uillean pipes. Une annonce sur l’album ? Oui. De ce qui va suivre ? Pas forcément dans le sens qu’on l’entend. Plutôt l’annonce de la fin du voyage et le début d’un retour à quelque chose de plus sombre, alors que le groupe parle ici du temps qui passe, de l’humanité désormais bien installée depuis le précédent album. Si on retrouve le Nightwish grandiloquent avec The Antikythera Mechanism ou The Perfume of the timeless, avec une Floor Jansen toujours parfaite dans tout les registres, bien que sa voix soit parfois un peu sous mixée, la plupart des morceaux sont sur un rythme plus lancinant. Est-ce que Hietala manque ? Oui, car si Troy a une très jolie voix, il ne peut vraiment contrebalancer de la même manière avec la puissance de Floor (mais c’est moins génant en album qu’en live…). Kai Hatho, lui, dévoile encore plus le potentiel de son jeu de batterie sur cet album, notamment sur le morceau Spider Silk.
Cet album est au final remplit de pépites qui demandent un certains investissement pour en découvrir toutes leurs richesses. D’ailleurs, si l’on comparait les versions orchestrales des albums, Yesterwynde serait à la première place du groupe sans hésitation, tellement la mouture orchestrale de cet album est absolument extraordinaire. C’est peut etre l’album du groupe le plus ambitieux et expérimental depuis Imaginaerum. Mais là où Imaginaerum l’était dans son côté jusqu’au boutiste du caractère cinématographique de Nightwish, Yesterwynde, lui, l’est dans le côté émotionnel. C’est un album d’une intense sensibilité. Un album certainement nécessaire pour Tuomas, comme une catharsis envers tout ces événements (l’après coup post confinement, le départ de Marko Hietala qui aurait pu conduire définitivement à l’arrêt du groupe…). Yesterwynde ferme certainement une autre ère de Nightwish, un groupe qui n’a eu de cesse de se réinventer depuis 30ans. Alors on ne peut que finalement être impatient et se demander ce que nous réserve le génie de Tuomas et sa bande pour le futur ?

3 - Imaginaerum (2011)

Un album absolument dément. Le 2e et dernier avec Anette (même ne serait-ce pas finalement Hietala la chanteur principal ici ?). Tuomas, qui a toujours été un fan incondtionnel de musique de film, a pu ici réaliser un de ses rêves : faire un album concept, illustré par son propre long métrage. Et jamais Nightwish n’a autant sonné comme une OST. Et une excellente qui plus est ! L’atmosphère nocturne, le mystère, le fantastique… tout ces thèmes chers au groupe transpirent de cet album. Anette Olzon est bien mieux utilisée que dans Dark Passion Play et la mue de Nightwish d’un groupe de power symphonique vers un groupe de metal symphonique folk est finalement terminée, tout en restant dans la continuité de ce que le groupe a toujours proposé. La richesse et la diversité des titres dans cet album, tout en gardant un ensemble d’une juste cohérance, est démente : titres taillés pour les concerts comme I want my tears back, last ride of the day ou Ghost River, magnifiques chansons plus intimistes comme The Crow, The Owl and the dove ou Turn Loose the mermaids, Tuomas se paie même le luxe de composer un titre aux fortes influences jazz avec Slow, love, slow, renouant ainsi avec ses premiers amours…

2 - Endless form most beautiful (2015)

Le premier album de la nouvelle ère de Nightwish, l’ère Floor Jansen. Après être arrivée en pleine tournée live, et rapidement mis tout le monde d’accord, Floor Jansen a le droit à son premier album comme chanteuse. Un album qui était donc particulièrement attendu. Celui-ci est aussi le premier d’une trilogie sur la nature et l’humanité, délaissant un peu les thèmes plus fantasmagoriques. Alors qu’il aurait pu choisir de revenir à un registre « Tarja », Tuomas décide ici de conduire Nightwish dans une nouvelle direction, replacant la chanteuse au coeur des chants du groupe. Avec l’introduction de Troy Donockley comme membre à part entière, le côté plus folk du groupe commence également à se faire plus sentir, les influences prog aussi. Kai Hahto, qui enregistre également ici son premier album comme batteur officiel, après avoir remplacé l’historique Jukka Nevalainen pour problèmes de santé, apporte aussi du changement à la batterie. Ce que Nightwish a perdu en présence scénique avec l’arrêt du charismatique Jukka, ils l’ont gagné en groove, en technicité avec l’arrivée de Kai. Après la noirceur fantastique d’un Imaginaerum, on se retrouve ici sur le premier album « diurne » de Nightwish, une sorte d’aurore après une longue nuit. Quoi de plus logique pour un album parlant d’évolution, des débuts de la vie sur Terre à l’apparition de l’humanité, et de comment chaque être est unique. Pourtant dès l’entame de l’album, avec l’excellent Shudder Before the beautiful, on comprend que Nightwish n’a rien perdu de son côté « metal » et qu’il a même retrouvé une voix féminine dès les premières notes chantées par Floor. On ressort soufflé dès la fin de ce premier titre, excellement bien choisi pour débuter cette nouvelle ère et on sait déjà que Floor sera absolument parfaite dans ce groupe. La beauté des uilleann pipes sur un Elan, le lourdeur d’un Yours is an empty hope, les premiers chants de Troy dans l’invitation folk à la danse My Walden… tout les titres ont une saveur très particulières mais c’est the Greatest show on earth, titre de 20mn, conlusion épique de l’album, qui leur vole la vedette. Chef d’oeuvre ultime de Tuomas Holopainen, c’est encore sa plus belle composition encore à ce jour. Un titre qui ne manque pas de m’émouvoir à chaque fois que je l’entends, particulièrement en live. Tout simplement mon album préféré du groupe.

1 - Once (2004)

Très dur de désigner l’album numéro 1 d’un groupe dont on aime absolument tout les albums (oui meme toi le petit dernier, enfin leur premier, mais le dernier du classement, vous suivez ?). Pourtant, Once est tout simplement un enchainement de titres absolument éblouissant. Comment peut on sortir un album contenant Wish I Had an angel, Dark Dark Chest of Wonder, Planet Hell, Romanticide mais surtout Nemo, Creek Mary’s Blood et, surtout, l’inégalable Ghost Love Score ? Le sommet absolu du metal symphonique avant la bombe qu’a été le renvoi de Tarja.

Synthèse de mon classement :
1 - Once (2004)
2 - Endless form most beautiful (2015)
3 - Imaginaerum (2011)
4 - Yesterwynde (2024)
5 - Century Child (2002)
6 - Dark Passion Play (2007)
7 - HUMAN. :|| NATURE. (2020)
8 - Wishmaster (2000)
9 - Oceanborn (1998)
10 - Angels Fall first (1997)

24 « J'aime »

Aller c’est à mon tour de classer la discographie d’un groupe.
Et oui déjà ! Faut dire que j’avais des infos sur ce topic en avant première donc j’avais déjà prévu un petit quelque chose.
Voici donc mon classement sous format d’une tier list des albums studio de Pink Floyd, mon groupe préféré.

Alors pourquoi ce classement :

1- Wish You Were Here (1975)

Difficile de dire quel album de Pink Floyd est mon préféré, mais quand j’y pense c’est Wish You Were Here qui me vient naturellement. Déjà Shine On You Crazy Diamond c’est ma musique préférée ever. Ensuite cet album reflète bien ce que j’aime chez Pink Floyd, les riffs de Gilmour, une beauté dans la mélancolie (je crois que c’est surtout ça enfaite), une atmosphère bien particulière et beaucoup d’émotions.

2- The Wall (1979)

C’est tout simplement l’album concept ultime. Un vrai voyage, une vraie narration, difficile de faire plus dans l’émotions que cet album vu les thèmes qu’il aborde, solitude, isolement, traumatisme, guerre… L’album est vachement théâtral enfaite. J’aime beaucoup me poser devant ma platine et juste écouter l’album en entier d’une traite. Et puis le film associé est juste excellent. Dans cet album Pink Floyd ne fait pas qu’expérimenter, il raconte quelque chose.

3- Animals (1977)

Animals sur le podium, probablement leur album le plus sombre. Un album très politique évidemment, forcément quand on s’inspire de La ferme des animaux de Orwell. Cet album met même parfois mal à l’aise, Dogs notamment qui est assez oppressant je trouve. Pigs (Three Different Ones), Sheep sont des classiques que j’adore. Le rock progressif dans toute sa splendeur.

4- Meddle (1971)

Et oui je place Meddle devant Dark Side of The Moon. Forcément Echoes représente tout ce que j’aime chez Pink Floyd ; construction lente, ambiance, improvisation, guitare de Gilmour et passages instrumentaux. Je l’ai déjà dit quelque fois mais j’aime les morceaux qui prennent leur temps. Et le début de l’album n’est pas sans reste avec One of These Days et Fearless qui représente très bien ce que je décris.

5- The Dark Side Of The Moon (1975)

Et oui seulement cinquième alors que c’est probablement l’album le plus apprécié de Pink Floyd. Alors oui évidemment cet album est un chef d’oeuvre quasi parfait, c’est peut être ça que je lui reproche. Je préfère le Pink Floyd qui se cherche un peu, moins « propre ». Mais ça reste l’un des albums les plus influents du monde, sa renommée n’est pas a discuter.

6- Atom Heart Mother (1970)

Dernier album de ma classification « magnifique ». C’est un album qui reste quand même assez particulier dans la disco de Pink Floyd, Mais voilà Atom Heart Mother Suite c’est au même titre que Echoes un morceau qui prends son temps et qui charme. Le reste de l’album est excellent aussi, If est très mélancolique, j’adore…
En plus de ça j’ai la vache de la pochette tatouée sur le mollet !

7- A Momentary Lapse of Reason (1987)

On passe dans la catégorie excellent avec les albums de l’ère Gilmour. Car oui justement j’aime bien le son de Gilmour, les guitares, les grande ambiances ! très atmosphérique finalement. Cet album est souvent boudé comme Division Bell par les fans de Pink Floyd. J’ai du mal à comprendre. Quand j’écoute Learning to Fly et On The Turning Away je suis transporté à chaque fois.

8- The Division Bell (1994)

Même logique de Momentary Lapse, j’aime le côté atmo et mélodique de Gilmour. High Hopes, Coming Back to Life et Marooned sont juste excellente. Très mélancolique aussi. J’ai tendance à préféré la musique et l’ambiance plutôt que le discours politique de Waters.

9- The Final Cut (1983)

J’apprécie vraiment The Final Cut, mais moins que les grands albums précédents. C’est logique par rapport au reste de mon classement : l’album est extrêmement sombre et émotionnel, mais il est aussi très centré sur Roger Waters, avec moins de place pour les grandes envolées instrumentales typiques de Pink Floyd. J’aime Waters, mais surtout lorsque Gilmour et le groupe apportent leur dimension musicale. (Bon ok c’est pas logique par rapport à The Wall mais ça reste un album à part je trouve The Wall)

10- Obscured by Clouds (1972)

L’album est plus léger, plus court et moins ambitieux. Il y a de très beau titre, mais il n’a pas la profondeur conceptuelle de Wish You Were Here, Animals ou The Wall.

11- Ummagumma (1969)

Ummagumma est hyper expérimental et parfois franchement bizarre. Mais je préfère quand l’expérimentation est accompagnée d’une forte émotion ou d’une vraie construction musicale.

12- More (1969)

Même chose : beaucoup de bonnes idées, mais un album moins cohérent. Comme c’est une bande originale, c’est peut être pour ça que je trouve ça moins impactant.

13- A Saucerful of Secrets (1968)

Je suis juste moins sensible au Pink Floyd psychédélique et expérimental des débuts. Il y a déjà des éléments qui annoncent le futur groupe, mais l’album est encore très éloigné du Pink Floyd de Wish You Were Here.

14- The Piper at the Gates of Dawn (1967)

Voir ci dessus.

15- The Endless River (2014)

J’ai pas grand chose à dire sur cet album. Oui c’est un album intéressant, mais on sent que c’est pas achevé. C’est dommage en sent que ça aurait pu être un grand album. Mais il reste totalement à part dans la disco globale de Pink Floyd au vu de son statut.

20 « J'aime »

Super idée de topic, j’ai quelques groupes en idée, mais je tente avec un groupe de cœur pour mon enfance, dont je me suis détaché au point de ne pas y aller en juin : The Offspring

1. Smash (1994)

L’album de 1994 est un absolu classique, celui qui les a fait passer au-dessus, avec cette petite voix en intro qui incite à se poser et à écouter. Puis la sauce qui envoie, direct.

Porté par des tubes comme « Come out and play », « Gotta Get Away » ou « Self-Esteem », c’est aussi un album de punk, de pop-punk et de skate-punk qui incorpore de larges ambiances musiques du monde, qui vont se perdre petit à petit pour le groupe.

Pour moi, il est avant tout numéro 1 car c’est un album que j’ai écouté dès sa sortie (a 7 ans donc), et l’un de mes premiers albums, avec Jean-Michel Jarre et Bon Jovi. C’était aussi le premier avec une tête de mort sur la pochette et, quand on est tout minot, ce n’est pas rien.

2. Conspiracy of One (2000)

Conspiracy of One fait partie de la doublette « pop » du groupe, avec l’excellent « Americana » sorti juste avant, et traité juste après. Légèrement moins connu, il aligne pourtant le classique « Original Prankster » et « Want you bad » mais, surtout, des sonorités un peu desert rock dans Vultures et « One Fine Day », qui sentent bon la joie de vivre des années 2000 dans le format d’Andrew W.K, de CKY et de la bande à Jackass. Consîracy of One, comme Smash, réussissent l’exploit d’être clairement ancrés dans leur époque, tout en restant un peu intemporels. Ce n’est pas le cas d’Americana, qui est justement ancré dans la fin 90’s, et est une base de nostalgie plus qu’une écoute premier degré, comme peuvent l’être ces deux albums.

Album important pour moi puisqu’il s’agit d’un album d’adolescence, dans un moment ou je revenais au metal (Manson and co) et à MTV, et retrouver ainsi un groupe d’enfance fut quelque chose d’incroyable à l’époque.

3. Splinter (2003)

Splinter, sorti en 2003, tranche justement avec cette période « pop » festive de Offspring. L’aspect desert rock retrouvé en fin d’album est ici accru, et on y retrouve aussi les sonorités « world music » des débuts. Le sigle principal de l’album « Hit That », ne donne pas une vraie image de ce qu’est cet album varié mais cohérent.

4. Americana (1998)

La voici, la grosse machine, Americana. L’album de 1998 est un peu le son pop-rock de la décennie, un album identifiable, et une sorte de gros best-of à lui tout seul, au point de faire d’Offspring une caricature de lui-même.

Comme dit, on a ici affaire à un best-of, un album dont quasi la moitié est jouée à chaque concert du groupe (qui ne varie pas ou peu sa setlist). Il est donc particulièrement connu, particulièrement maitrisé, et peut, à force, fatiguer un peu. Il n’en demeure pas moins que les tubes de « Why don’t you get a job » ou « Pretty Fly » étaient important à l’époque et montraitent un rap-rcok un peu moqueur, finalement pris au premier degré. Et, surtout, « The Kid’s Aren’t Allright », hymne un peu triste, comme le « Pieces » de Sum 41 pour les Emo Kids.

  • Ignition (1992)

Ignition est un album bon, rapide, puissant ou l’on retrouve les prémices de ce qui sera le son de Offspring. Néanmoins, la rage de la jeunesse est encore trop mal canalisée, même si cela demeure mieux produit que l’album éponyme.

  • Ixnay of the Hombre (1997)

Un album coincé entre le culte « Smash » et l’explosion pop « Americana ». Il est clairement le lien entre les deux et comporte de très bons morceaux comme « All I Want » ou « Gone Away ». Il souffre néanmoins de cet aspect « entre deux », pour aller plus haut dans le classement, malgré ses immenses qualités.

  • Days go by (2012)

Days go by est globalement passé inaperçu, alors qu’il s’agit d’une forme d’album de la maturité, un peu apaisé, comme les sonorités Jazzy de Manson qui arrivent peu à peu.

Totalement desservi par un single qui sent la reprise beauf des standards Americana (« Cruising California, Bumpin’ in my trunk »), on passe ainsi à côté de l’autre single, « Days go by », plus sympathique, et, surtout, de « Secrets from the Underground » et « The future is now », un peu plus recherchés et tout aussi efficaces.

On sent cependant que ce n’est pas direction qui sera prise par la suite.

  • The Offspring (1989)

Plus une démo qu’un album, le premier Offpspring n’a également pas grand-chose à voir avec la suite. Politique, anti-guerre, globalement énervé. On est sur un punk qui aurait pu lorgner vers le hardcore. On sent également dans le son que les moyens n’étaient pas à la hauteur.

  • Let the bad times Roll (2021)

On arrive ici à un tournant. L’ensemble des albums précédents étaient hiérarchisés mais je les considère tous bons. Let the bad times roll fait suite à Days Go By, une décennie avant, qui tentait autre chose.

Ici, on est plus sur un come-back pour lancer une tournée. Le groupe est en mutation, avec des départs. La production est changeante, on ne sait pas si les singles se suffisent ou annoncent un album.
Bref, un produit, non désagréable, écouté à sa sortie, oublié aussi sec à l’orée du Covid, et quasiment jamais joué en live.

  • Supercharged (2024)

Exactement la même chose que celui d’avant. Pas désagréable mais profondément dispensable. Un support à tournée, oublié aussi sec.

[Edit - Corrections de quelques fautes, même s’il en reste forcément, celles-ci me piquaient les yeux ^^]

14 « J'aime »

Après trois classements d’un intelligence rare et d’une profonde culture, j’ai trouvé que ce brillant topic initié par @Hrafnagud manquait de soupe.

En tant que client test chez Maggi, Knorr et Liebig et amateur de boustifaille industrielle pour pécore amateur de malbouffe, il fallait une tier-list des albums d’un groupe surproduit, surfait et surcoté voici donc ma tier-list des albums de Linkin Park.

(Choix arbitraire : j’ai gardé les albums de remix et le Collision Course avec Jay-Z)

Bisque de Homard (S)

Hybrid Theory (2000)

Album fondateur. Il a posé les bases du style du groupe, pierre angulaire du mouvement nu-metal du début des années 2000, il a ouvert les portes du metal à de nombreux adolescents, les paroles traitant du mal être ont eu un écho rare chez ces mêmes ados accros à MTV. Ce mélange de hip-hop et de rock convainc une jeunesse en quête de nouveauté. Et quand on pense que les maisons de disque voulaient virer Mike Shinoda ... Aucun titre de cet album n'est à jeter, il a été peaufiné dans les moindres détails.

Meteora (2003)

On ne change pas une recette qui gagne. Meteora c'est la continuité d'Hybrid Theory. La recette gagnante est conservée, mais on y ajoute une dose de tubes qui saturent les radios FM à l'époque. Numb est devenu l'hymne d'une génération. Mike Shinoda s'efface un peu sur certains titres...

Velouté de potiron (A)

Reanimation (2002)

Album de remixes des titres d'Hybrid Theory, aujourd'hui, ce sont ces versions de 1 Step KlosR ou Crawling qui sont interprétées en live. L'album est plus rap et plus électronique que sa version originale mais les collaborations sont incroyables comme le featuring de Jonathan Davis de Korn sur 1 Step Klosr justement. Cet album ouvre la voie à ...

Collision Course (2004)

Collision Course est un improbable album de mash-ups avec Jay-Z. Né à l'origine pour une émission de MTV, le projet propose six "mashups" fusionnant de manière fluide les instruss et les paroles de leurs chansons respectives. Porté par l'immense tube Numb/Encore (qui a remporté un Grammy Award), l'EP a été un succès commercial planétaire ? Un mariage de saveurs sur le papier improbable (hip-hop et nu-metal), mais dont le mélange prend parfaitement. C'est un projet puissant, iconique des années 2000 et terriblement réconfortant, dont l'alchimie sur Numb/Encore c'est la soupe réconfortante un soir d'hiver. Un vrai régal !

Minutes to Midnight (2007)

Décrié à sa sortie car plus proche du rock alternatif que du metal, je continuerai à défendre cet album que j'aime profondément. Pour certains, Linkin Park est mort à ce moment-là. Mike Shinoda s’efface régulièrement dans les morceaux, délaissant le hip-hop, pour des chœurs. Mike et Chester chantent en harmonie et le groupe est accusé de renoncer à ce qu'ils sont pour avoir produit cet album considéré comme beaucoup plus tout public (ou, disons-le « commercial »). Ça n’empêche pas quelques morceaux bien pêchus comme Given Up ou Bleed it out de permettre aux fans de la première heure de pogotter en concert.

From Zero (2024)

7 ans après le décès de Chester Bennington, Linkin Park surprend tout le monde en revenant avec au chant Emily Armstrong. Que dire sur cet album que je n'auais pas déjà dit ? On retrouve les ingrédients des débuts de Linkin Park qui avaient fait leur succès, remis au goût du jour, la voix d'Emily Armstrong s'accord bien avec celle de Mike Shinoda. Le seul reproche qu'on pourrait faire à cet album est que parfois, on pourrait presque se dire que c'est de l'auto-plagiat. Mais après tout, si la recette est réussie, pourquoi ne pas la reproduire ?

Soupe à l'oignon gratinée (B)

Living Things (2012)

Un album inégal : Retour en partie aux source, le groupe puise ans le travail de leurs quatre premiers albums pour pondre un opus rock même si beaucoup moins teinté de nu-metal qu’à leurs débuts. Mais Linkin Park assume son tournant electro-rock avec des morceaux comme "Burn It Down", "Powerless" ou "I’ll be gone". Pour moi, la pépite de cet album est "Roads Untraveled" dans laquelle on sent toute la fragilité de Cehster dans sa voix.

The Hunting Party (2014)

Album tout autant inégal, varié, mais qui m'a un peu perdu. Stylistiquement, c’est la fin de ce style electronic rock et experimental venu du dernier album et un retour au nu-metal. Shinoda expliquera simplement que « c’est un album de rock ». Le guitariste Brad Delson dira même « c’est une préquelle à Hybrid Theory ». Linkin Park se permet même le plaisir d’inviter quelques potes comme Daron Malakian, de System of Down ou Tom Morello de Rage Against the Machine sur l’album.

Soupe aux vermicelles (C)

A Thousand Suns (2010)

Parce que Linkin Park a décidé de ne plus rester cantonné dans une seule case, "A Thousand suns" est proche du rock experimental et pourrait passer pour album concept. Les influences dans ce quatrième opus sont multiples. Pour les styles, on parle aussi bien de rock électronique, que de rock artistique ou de rock industriel. L’album se veut politique, anti-guerre, et sample même des discours d’Oppenheimer ou Martin Luther King. Cet album m'a complètement dérouté, restent les titres When They Come For Me et The Catalyst qui continuent de traverser les époques. Je ne peux pas dire que je n'aime pas cet album, juste que 16 ans plus tard, je n'ai toujours pas compris ce que le groupe avait cherché à montrer avec cet opus.

Recharged (2013)

Un album de remixes de l'album "Living Things", très aléatoire : certains titres sont réussis, d'autres des ratages complets. Linkin Park a tenté le même pari qu'avec Reanimation, mais la sauce ne prend pas.

Potage à la tomate (D)

One MoreLight (2017)

Virage à 180°, si deux ans plus tôt on pensait Linkin Park revenir à ses premiers amours, contre toute attente Linkin Park sort un album pop ou electropop. Le groupe se fait traiter de « vendus » et Chester Bennington répond avec violence dans les interviews à ceux qui critiquent l’album de la sorte (leur disant d’aller se « poignarder le visage » et en les menaçant de leur « casser la gueule »).

Quand l’album est sorti j’avais fait ce message à mon frère « Si j’avais eu envie d’écouter du Coldplay, j’aurais acheté un album de Coldplay ». La seule chose qu’on retiendra de cet album : One More Light, le titre éponyme, parce qu’aujourd’hui, il rend hommage à Chester Bennington quand on l’entend. « Who cares if One More Light goes out ? I do ».

20 « J'aime »

Pour commencer, merci du fond du coeur @Hrafnagud pour cette sublime idée, qui nous permettra de nous rappeler à tous pourquoi on est ici: par amour du metal et de certains artistes! Et non, le classement de KoRn et ses 14 galettes attendra, car je suis en débat avec moi-même sur tout le classement, sauf le premier et le dernier!

Dans la vie, il y a toujours des moments qu’on oublie pas. Le premier amour en fait généralement partie. Tout comme le premier coup de foudre musical qui vous retourne le cerveau. Il s’avère que dans mon cas, les deux sont profondément liés! Loin de moi à 15 ans l’idée d’écouter du metal. J’avais déjà bien fricoté avec le hard-rock de Papa, mais le metal, c’était du bruit et de la fureur, du bazar acoustique sans aucun sens, et des gars qui gueulent comme des putois des trucs inaudibles pour expliquer que la vie c’est une tannée, et qu’ils sont vraiment en colère!

Mais… dites-donc… ça tombe bien ça! Parce qu’à 15 ans, j’étais finalement bien d’accord avec tout ça! Me voilà donc à écouter Toxicity pour faire plaisir à mon amoureux qui me dit que « ça, ça devrait aller pour commencer » (et je le remercie, parce que Cannibal Corpse, j’avais pas autant adhéré à l’expérience plus tard…:sweat_smile: ). Et voilà donc le classement du groupe qui m’a foutu ma première claque, avec lequel j’ai une relation amour-haine qui fait que je les adule autant qu’ils m’insupportent, et qui resterons la cause initiale de ma présence ici.

Tout droits venus de Los Angeles (et accessoirement d’Arménie et du Proche-Orient, tous les membres étant d’origine arménienne, ce qui ne manquera pas de marquer leur musique), je vous propose d’aller avec moi creuser la courte mais efficace discographie de System of a Down!

En commençant par celui que j’aime (très fort quand même) le moins!

5- Steal This Album ! (2002)

Emergé des cendres de la perle absolue qu’est Toxicity, sortie l’année précédente, Steal This album! sera le dernier de la liste. La genèse de cette jolie petite galette, c’est le piratage et la diffusion d’enregistrements de titres non retenus pour l’opus Toxicity. Le groupe se désolant d’entendre ça circuler avec une qualité lamentable ne rendant pas justice à leur boulot, ils décident de repartir en studio, et de mettre tout ça au propre!

Les voilà donc à reconstruire tout un album sur la base de titres jugés pas assez bons ou s’intégrant moins bien au rendu final de Toxicity. Il est décidé, non sans humour mais aussi une petite critique mal camouflée, d’intituler ce nouveau travail « Steal This Album! » en référence au vol des enregistrements. La pochette sera d’ailleurs à l’image d’un CD gravé…

Cet album n’est de fait pas construit de la même façon que les précédents, et on sent que parfois la succession des titres ne se fait pas aussi naturellement. Il y a toutefois pas mal de riffs qualitatifs, et on se laisse entrainer dans les méandres d’un album dénonçant une fois de plus les dérives de la société américaines, entre les bas instincts guerriers (BOOM! , dont le clip tourné par Michael Moore montre des images des manifestations contre l’envoi de troupes au Moyen-Orient, manifestations auxquels les membres du groupe ont participé, Nüguns, ADD), la surconsommation et l’abrutissement qui en surgit ( Chic’n’Stu ), les violences policières ( Mr.Jack et son intro que j’adore). On a droit aussi à la petite balade acoustique « Roulette », qui offre un moment souvent bienvenu de petite pause dans leurs concerts.

Dernier album qui laisse la part belle au chant à Serj Tankian, que Daron Malakian ne faisait que « soutenir » sur une partie des titres. Dernier album avant l’opus en duo Mesmerize/Hypnotize, qui me brisera le coeur.

Mes titres favoris: Innervision, Mr.Jack, Highway song

4- Hypnotize (2005)

Deuxième partie d’un enregistrement studio fait en une fois, Hypnotize est la deuxième face de la pièce composée en premier lieu de Mesmerize. Deux mots différents mais similaires pour décrire l’hypnose, et la fascination. A cette époque, me voilà déjà au rang de leur plus grande fan depuis plus de 2 ans, et je les aime d’un amour qu’ils ne manqueront pas de décevoir en faisant la pause interminable dans laquelle ils sont encore (normalement, au bout de 21 ans, on appelle ça une rupture!).

Plus chaotique que la première partie, et un poil plus énervé, l’album est bon dans l’ensemble, et propose quelques titres bien inspirés et engagés.

Si la présence maintenant inévitable de Daron Malakian, le guitariste de la formation, comme deuxième chanteur est regrettée par certains, j’apprécie plutôt. La différence de timbre de voix entre Serj et Daron se marie bien à mon goût, entre la voix profonde et mélodique du premier, et celle aigüe et nasillarde du second.

Les racines arméniennes, et toute la douleur et la colère liée à l’incapacité pour l’Etat turc de reconnaitre le génocide arménien organisé pendant la première guerre mondiale, s’illustre dans un nouveau titre, « Holy Moutains », quelques années après « P.L.U.C.K ». Tantôt mélancolique, tantôt rageux (pour ne pas dire haineux), il fait partie pour moi des très bons titres de l’album. Mais les petits riffs d’inspiration orientale d’Hypnotize savent aussi rappeler ces origines.

Le groupe nous gratifie aussi de leurs délires sur plusieurs titres (She’s Like Heroin) dont notamment le désormais célèbre Banana Terracotta Pie (Vicinity of Obscenity), dont on peine encore à comprendre la signification. Mais comme dirait Daron en personne: « Once again, this song is about nothing! ».

Pour clore l’oeuvre, nous voilà accablés de la lourdeur émotionnelle de « Lonely Day », écrit par Daron Malakian un jour de grande forme mentale, et de « Soldier Side » qui offre un texte compatissant mais pesant sur la solitude des combattants, et sur l’absence d’espoir quand tout est déjà trop tard.

Le soldat System of a Down déposera les armes juste après, du fait des désaccords artistiques entre Serj et Daron, les deux moteurs, compositeurs et paroliers du groupe. Et moi, je n’ai plus qu’à me dire « Welcome to the Soldier Side, where there’s no one here but me ». Seule, esseulée et solitaire!

Mes titres favoris: Dreaming, Lonely Day, Soldier Side

3- Mesmerize (2005)

Premier album de SOAD que j’ai acheté le jour de sa sortie, dans un état d’excitation à peine soutenable, voici la première partie du duo d’album évoqué juste avant.

Les pochettes de Mesmerize/Hypnotize sont pour l’anecdote des oeuvres de Vartan Malakian, le père de Daron.

Le premier titre est une version tronquée et d’introduction acoustique de « Soldier Side », qui ferme donc l’album suivant (mais présenté juste au-dessus), faisant au final de ces deux albums une oeuvre complète, à apprécier dans son intégralité, mais je me dois de scinder en deux pour jouer le jeu du classement.

Après cette petite intro toute douce… prends toi bien « BYOB » dans la tronche, ça va te réveiller ma petite Mouette!

Et c’est parti pour 30 minutes (oui… c’est court pour autre chose que du HxC).

On est embarqué dans des titres à grand renfort d’emprunts à d’autres styles musicaux, notamment sur Radio/Video avec son air de polka, Violent Pornography, ou Old School Hollywood qui nous propose des tentatives d’électro bizarre. Ça part un peu dans tous les sens, c’est le dawa, mais j’aime! A nouveau, des paroles bien senties et profondes, évoquant les excès de la société américaine s’entremêlent à des choses qui n’ont ni queue ni tête (enfin… surtout pas de tête, parce que parfois, c’est pas très « tout public »). Parfois, on a droit aux deux dans un seul et même morceau, comme dans « Violent Pornography ».

Plusieurs titres sont pour moi parmi les meilleurs de leur discographie dans cet album (voir mes titres favoris après). Entre les morceaux efficaces comme BYOB, ou ceux un poil plus travaillés comme Lost in Hollywood, du haut de mes 17 ans, j’en ai pour mon argent, et je ponce cet album 7 fois le jour de l’achat (ouais… je suis pas d’une nature raisonnable, quand j’aime, c’est toujours « trop »).

Je ne savais pas encore l’ampleur du drame qui se préparait en coulisses. Entre procès fait par le groupe à Tankian qui voulait ne pas faire de tournée en 2006, mauvaise ambiance, à globalement 3 contre 1 (Tankian qui ne veut plus suivre la ligne artistique directrice du groupe, et qui veut ou introduire de la nouveauté, ou partir en solo, et Malakian derrière qui Shavo Odadjian et John Dolmayan vont se ranger, et ce malgré sa place qui devient écrasante, Odadjian n’ayant même pas enregistré ses parties de basse en studio), je ne sais pas encore que je vais être orpheline de mes parrains du metal. Je pleure, mais c’est encore de joie!

Mes titres favoris: BYOB, Radio/Video, Question!, Lost in Hollywood

2- System of a Down (1998)

Premier album du groupe, « System of a Down » sort en 1998, en pleine vague du Nu Metal, lancée par KoRn en 1994 (dont vous aurez EVIDEMMENT mon classement), et il est temps pour moi d’expliquer l’origine du nom du groupe. Tiré d’un poème écrit plus jeune par Daron Malakian, parlant du peuple arménien, System of a Down devait s’appeler à l’origine « Victims of a Down », titre dudit poème. Mais les autres membres n’aiment pas l’idée du terme de victime, notamment pour représenter leur peuple, et System vient le remplacer, ce qui selon la légende contentera grandement Shavo Odadjian, le bassiste, grand fan de Slayer, qui se dit que leurs albums seront donc tout à côté chez les disquaires!

Et voilà nos 4 arméniens bien énervés qui se lancent à la conquête du nu metal, à une époque où, disons le, c’est ce qui marche! Se côtoient dès lors ce qui fera la marque de fabrique de la formation: riffs simples mais efficaces (Daron Malakian reconnait bien volontiers ne pas être un guitariste très technique, mais chercher juste quelque chose « qui fonctionne »), messages politiques, gros bordel sans sens, duo Serj/Daron qui fera vivre le groupe, avant de le mettre en péril. Ça screame, ça growle, ça part dans les aigus, c’est de l’énergie, de la colère, de la revendication, pour la reconnaissance du génocide arménien (P.L.U.C.K), pour dénoncer les abus sexuels de l’Eglise (Suite-Pee), pour critiquer la guerre, et ses motifs religieux (War?).

La pochette choisie reprend la photo d’une main ouverte et faisant mine d’agripper quelque chose (ou plutôt quelqu’un), et est tiré d’une affiche du Parti communiste allemand.
A cette époque, les paroles sont encore toutes écrites uniquement par Tankian (sauf un titre, en collaboration avec Malakian), et toutes les musiques sont composées par Malakian, à l’exception de 4 sur lesquelles il collabore avec Tankian ou Odadjian. Les rôles sont encore très compartimentés et définis. Et, force est de constater que cela fonctionne bien!

Un album à conseiller à ceux qui veulent écouter System mais qui cherchent quelque chose de pas trop propre et de lourd.

C’est du très très bon System of a Down!

Mes titres favoris: Sugar, War? , P.L.U.C.K

1-Toxicity (2001)

Quand on pense à System of a Down, on pense à Toxicity.

Apogée du travail du groupe, cet album est, à mon sens, parfait. Je ne saurais même pas dire ce que je lui trouve de mauvais. On me répondrait « qu’il n’y ait pas encore un ou deux titres » que je dirais non. Rien ne doit venir compromettre l’équilibre impeccable entre mélodie, riffs lourds, chant clean, growl, scream, l’enchainement implacable des titres, l’émotion, l’énergie, le foutoir et l’organisation, le délire et la raison.

C’est un condensé incroyable de ce qu’ils savent faire, sans être les plus techniques, les plus justes, les plus innovants.

C’est une Bible à banger! De « Chop Suey » (initialement intitulé « Suicide » mais donc le titre a été changé pour pouvoir mieux passer en radio, la prononciation du « Suey » ressemblant au début de celle de «suicide » en anglais), à Aerials, en passant par Toxicity, il sera compliqué de trouver des metalleux ou quelque amateur de rock qui ne connaissent pas au moins quelques titres de cet album.

Mais System of a Down fait du System of a Down, c’est reconnaissable entre mille, et c’est ce qui me plait. Serj roule ses « r » comme jamais (faudrait pas qu’on oublie les origines de ces messieurs), ils invitent leur pote Arto Tuncboyacian, arménien lui aussi, et joueur de duduk, une flûte arménienne traditionnelle, pour une petite apparition sur le titre science, et pour une reprise en piste cachée (« Arto ») avec le groupe en fin d’album du « Der Vorghormia » (Seigneur, Prends-Pitié), une prière chantée de l’église apostolique arménienne. Je vous laisse la découvrir, mais ne vous attendez pas ici à du metal, on est dans le recueillement!

Un album propre, net, inspiré, brut et délicat en même temps, un petit bijou qui m’a fait tomber amoureuse du groupe, qui m’a fait regarder le metal autrement, que j’ai dû écouté plusieurs centaines de fois, avec le même plaisir, et les mêmes regrets!

Une oeuvre que je ne renierais pas pour tout l’or du monde, et que j’aime toujours avec la même émotion que la toute première fois.

Il parait donc que ça marque le premier amour.

C’est apparemment vrai…

Mes titres favoris: Deer Dance, Chop Suey, Forest, ATWA, Aerials (et le solo de guitare à la fin de Psycho)

Synthèse de mon classement :

1 - Toxicity (2001)

2 - System of a Down (1998)

3 - Mesmerize (2005)

4 - Hypnotize (2005)

5 - Steal This Album ! (2002)

Mentions spéciales: Genocidal Humanoidz / Protect the Land , sortis en 2021 pour soutenir les soldats arméniens et leurs familles, durant la guerre au Karabagh.

Mon coeur brisé et moi-même espérons que vous aurez envie d’y retourner un peu!

23 « J'aime »

Super idée, je valide le concept ! A mon tour de classer les albums d’un petit groupe inconnu qui débute… j’ai nommé Iron Maiden (MDRR) comme premier conquérant de ce jeu ! Bon, certes je ne m’attends pas à vous faire découvrir grand chose de ce monument du metal, mais c’est eux qui ont façonné ma passion pour le metal, alors allons-y !

D’ailleurs n’hésiter pas à aller écouter les perles cachées que j’ai cités pour chaque album, qui sont souvent bien moins connues, mais toutes aussi délicieuses !

J’ai donc classé les 17 albums studios du groupe (autant vous dire que ça n’a pas été mince affaire), en y ajoutant des explications, mais aussi des notes pour chaque opus, en me basant sur cette échelle :

  • 10 = chef-d’œuvre absolu
  • 9,5 = presque parfait
  • 9 = excellent
  • 8,5 = excellent avec quelques petits défauts
  • 8 = super album
  • 7,5 = bon à très bon, mais quelques fois irrégulier
  • 7 = sympa, mais défauts importants
  • 6,5 = très moyen
  • 6 = album assez pauvre
  • 5 et moins = nul, aux oubliettes

17. Virtual XI (1998) – 7/10

On commence cette liste avec Virtual XI, second opus avec Blaze Bayley au chant et sorti en 1998. Bien qu’il comporte le chef d’œuvre « The Clansman », qui est devenu un classique auprès des fans inconditionnels, cet album a du mal à se hisser au niveau des albums précédents et est souvent considéré comme le plus faible de la discographie d’Iron Maiden. Souvent critiqué pour ses sonorités trop éloignées de ce que le groupe a l’habitude de produire, il est aussi négligé par rapport au chant de Blaze Bayley, que certains fans ont trop tendances à le comparer à Bruce Dickinson. De mon côté, je ne comprends pas la haine envers Blaze, certes il n’a pas les mêmes capacités vocales de Bruce, mais aller, c’est un excellent chanteur très sous-estimé ! :fire:

Pour conclure, cet album, même s’il n’a pas le niveau d’un Number Of The Beast ou d’un Powerslave, est très loin d’être honteux.

  • Chansons conseillées : The Clansman, Futureal, When Two Worlds Collide, Lightning Strike Twice
  • La perle cachée : Como Estais Amigos

16. Dance Of Death (2003) – 7,5/10

Dance Of Death est souvent très apprécié des fans hardcore du groupe, je l’ai toujours trouvé un peu en dessous de ce que le groupe a pu produire dans les années 2000, notamment à cause de sa production et des trop nombreux titres de remplissage. Sans compter cette pochette horrible… Néanmoins, j’aime beaucoup la chanson-titre et « No More Lies », qui font typiquement-Maiden, ainsi que le sombre « Paschendale » (que beaucoup de fans considèrent comme l’une de leurs meilleures compositions).

Un autre point que j’admire par contre sur cet album : la prise de risque du groupe d’enregistrer une chanson entièrement acoustique, Journeyman qui est juste magnifique ! Réécoutez-la si vous ne vous en souvenez plus. :heart:

  • Chansons conseillées : Dance of Death, Journeyman, Paschendale, No More Lies
  • La perle cachée : Age of Innocence

15. A Matter Of Life And Death (2006) – 8/10

Tout comme celui d’avant, A Matter Of Life And Death a été acclamé à sa sortie par les fans, et bon nombre d’entre eux le classe parmi leurs meilleurs albums (y compris Nicko McBrain lui-même qui le place 1er dans sa liste !!!). De mon côté, je le trouve vraiment génial, et je l’écoute souvent, mais je ne pourrai pas le comparer à certains mastodons de leur discographie. Niveau points forts, c’est un album très sombre, presque progressif, et j’adore ça ! La qualité des compositions est très très bonne, en particulier sur des titres comme « For the Greater Good of God » et « The Reincarnation of Benjamin Breeg ». Et dernier point, j’aime particulièrement cette pochette, axée sur la guerre avec Eddie sur le tank, très stylé ! :skull:

  • Chansons conseillées : For the Greater Good of God, The Reincarnation of Benjamin Breeg, Brighter Than a Thousand Suns, Different World
  • La perle cachée : Out of the Shadows

14. No Prayer For The Dying (1990) – 8/10

On arrive ici à un des albums les plus controversés de l’histoire du groupe. Premier album avec Janick Gers qui a remplacé Adrian Smith parti plus tôt, le groupe avait voulu revenir à leurs racines plus direct avec un No Prayer For The Dying moins ambitieux et plus dépouillé. Même si j’aime beaucoup cet album, et comme Steve Harris je le défendrai toujours, je dois admettre que le niveau de composition est plus faible que ce que le groupe avait produit avant (plus de morceaux simples et moins de chefs-d’œuvre épiques).

Maintenant, comme j’ai dit que je défendrai toujours cet album, je peux dire qu’il y a d’excellentes chansons dessus, comme « Bring Your Daughter… to the Slaughter » qui est hyper lourde, presque malsaine et « Tailgunner » avec cette intro à la basse qui déchire tout ! Je pourrais aussi citer la chanson-titre, qui est super mélodique (celle-là est vraiment sous-estimée). J’espère vraiment qu’ils vont remettre une chanson de cet album dans les futures setlists…:folded_hands:t2:

  • Chansons conseillées : Bring Your Daughter… to the Slaughter, Tailgunner, No Prayer for the Dying, Holy Smoke
  • La perle cachée : Mother Russia

13. The Final Frontier (2010) – 8,5/10

Encore une fois, je vais parler d’un album souvent oublié par de nombreux fans, et qui a pourtant toujours été dans mon cœur depuis tout petit ! The Final Frontier, sorti en 2010, présente tout ce que j’aime dans Iron Maiden : des chansons hargneuses, comme « El Dorado » avec sa ligne de basse galopante, des chansons très progressives et mélodiques comme « When the Wild Wind Blows », mais aussi une magnifique power ballade, « Coming Home » avec un refrain juste sublime. :heart_eyes:

A noter cette pochette très originale avec Eddie en mode Predator, dans l’espace, j’aime beaucoup l’idée ! Et dernier détail, contrairement à la plupart des gens, je pense que l’intro « Satellite 15 » est vraiment réussie, avec une ambiance bien pesante, surtout en live ! :comet:

  • Chansons conseillées : Coming Home, When the Wild Wind Blows, El Dorado, Satellite 15… The Final Frontier
  • La perle cachée : Starblind

12. Senjutsu (2021) – 8,5/10

Un album extrêmement sous-coté ici, Senjutsu a été rejeté par beaucoup de fans de la première heure du groupe. Pourtant, je trouve qu’il est juste excellent, du début à la fin ! Rien que la chanson-titre en ouverture et son refrain hyper entraînant, et le chef-d’œuvre « Hell on Earth », avec une ligne de basse et des mélodies juste magiques. Aussi, je suis persuadé que le single « The Writing on the Wall » va devenir un gros classique du groupe, car il a tout d’un hit : riffs accrocheurs, refrains chantés en chœur etc.:sign_of_the_horns:

Je ne comprends pas ceux qui critiquent la production de l’album, perso je trouve qu’il sonne incroyablement bien, venant d’un groupe de plus de 50 ans de carrière !

J’ai oublié de parler aussi du fait que je valide totalement le fait que Maiden fasse maintenant des albums plus conceptuels (ici sur les samouraïs et le Japon), avec de vrais thèmes comme on peut le voir sur les 3 derniers opus. D’ailleurs, je me suis imaginé à quoi pourrait ressembler le nouvel album qui sortira en 2028, et j’adorerai vraiment sur le thème de la piraterie et des légendes des mers, ça collerait tellement bien ! :pirate_flag:

  • Chansons conseillées : The Writing on the Wall, Senjutsu, Hell on Earth, Days of Future Past
  • La perle cachée : Lost in a Lost World

11. The X Factor (1995) - 8,5/10

Je l’ai déjà dit plus haut, mais j’ai beaucoup d’admiration pour la période de Blaze Bayley, surtout cet album criminellement négligé… The X Factor est un album très sombre, du fait de nombreux problèmes du côté de Steve Harris, et franchement l’ambiance me parle énormément. Il commence avec « Sign of the Cross », un titre épique de 11 minutes qui pose tout de suite les bases, suivi de deux chansons très accrocheuses (je tiens à souligner la ligne de basse groovy dans « Lord of the Flies »).

Mais pour moi, le vrai petit chef d’œuvre de cet album est la quatrième piste, « Fortunes of War », dont la mélodie me rappelle « Afraid to Shoot Strangers » et qui monte progressivement jusqu’à un refrain galopant ! Je vous conseille vivement d’aller rejeter un coup d’œil sur cette période des années 90, vous pourriez être vraiment étonné de la qualité fournie par Steve et Blaze. :+1:

  • Chansons conseillées : Fortunes of War, Sign of the Cross, Man on the Edge, Lord of the Flies
  • La perle cachée : The Edge of Darkness

10. Iron Maiden (1980) - 8,5/10

Je sais que vous allez me demander pourquoi je mets leur premier album studio seulement 10e dans mon classement, car il contient certaines de leurs chansons les plus aimées. Tout simplement parce que même si absolument tous les titres sont très bons, la production n’y est pas encore (elle va nettement s’améliorer à partir de Killers).

A part ça, l’album est quasiment parfait : du chef d’œuvre « Phantom of the Opera », une de leurs chansons les plus techniques à jouer aux morceaux plus punk comme « Running Free » et « Iron Maiden » qui foutent une ambiance pas possible en live, en passant par le joyau caché « Strange World », cet album avait tout pour devenir un classique de Maiden ! Je dois avouer que la voix de Paul Di’Anno est vraiment bonne et colle super bien à l’esprit punk de l’opus.:oncoming_fist:

  • Chansons conseillées : Phantom of the Opera, Iron Maiden, Running Free, Remember Tomorrow
  • La perle cachée : Strange World

9. The Book Of Souls (2015) - 9/10

Honnêtement un des plus beaux disques du groupe jamais réalisé. A ce jour leur plus long album (c’est d’ailleurs un double-album). Faut dire que Bruce Dickinson, tout juste remis d’un cancer de la gorge, y livre certaines de ses lignes vocales les plus impressionnantes ! Rien que cette intro mystérieuse, avant que « If Eternity Should Fail » ne débarque et fracasse tout. Je crois que c’est l’album du groupe avec le plus de longues chansons progressives, avec « The Red and the Black » et « The Book of Souls » qui dure respectivement 13min30 et 10min30. :sweat_smile:

Le plus gros se trouve sur la deuxième partie : le majestueux « Empire of the Clouds », monument de plus de 18 minutes, et qui est sûrement une de leurs plus belles chansons jamais écrites (merci monsieur Dickinson) :heart_eyes:. Mention spéciale à « Tears of a Clown », qui rend un bel hommage au très regretté acteur Robin Williams.

Je dois aussi dire que c’est un des premiers albums du groupe que j’ai acheté, donc je l’ai énormément écouté depuis toutes ces années. La production est nickel dessus, rien à redire.:ok_hand:

  • Chansons conseillées : Empire of the Clouds, If Eternity Should Fail, Tears of a Clown, The Book of Souls
  • La perle cachée : The Man of Sorrows

8. Brave New World (2000) - 9/10

L’album de réunion par excellence ! Le groupe, qui vient juste de retrouver Bruce Dickinson et Adrian Smith nous a sorti une pépite en guise de réunion, pour fêter le nouveau millénaire ! Brave New World est un chef d’œuvre à part dans la discographie du groupe. Il commence fort avec le single « The Wicker Man », qui montre que le groupe est de retour, suivi de « Ghost of the Navigator », une chanson que j’aime particulièrement par rapport à ses paroles.

Arrive ensuite le super entraînant « Blood Brothers », une chanson qui rassemble, comme on peut le voir en live quand 50 000 fans chantent We’re blood brothers. Le reste de l’album est très varié, passant de chansons très rapides à des chansons plus progressives. Qui pouvait rêver mieux pour la réunion du groupe ? :zany_face:

  • Chansons conseillées : Blood Brothers, The Wicker Man, Ghost of the Navigator, Brave New World
  • La perle cachée : Dream of Mirrors

7. Piece Of Mind (1983) - 9/10

Premier maillon de l’âge d’or du groupe, Piece Of Mind, premier album avec le maître Nicko McBrain derrière les fûts, se veut être une putain de réussite ! Outre le hit absolu « The Trooper », que tout le monde connaît, l’album comporte beaucoup de grands moments, comme ce passage mélodique dans « Revelations », un Bruce au top de sa forme dans « Flight of Icarus » ou un Nicko qui se déchaîne sur l’intro de « Where Eagles Dare ». L’album se finit en beauté sur un long morceau inspiré du roman de Dune. Un groupe encore très prometteur à l’époque ! :flexed_biceps:

  • Chansons conseillées : Revelations, The Trooper, Flight of Icarus, Where Eagles Dare
  • La perle cachée : Still Life

6. Somewhere In Time (1986) - 9/10

Que dire de Somewhere In Time ? Un pur chef-d’œuvre, qui aurait pu être bien plus haut dans ce classement. Je pense que la piste d’ouverture, « Caught Somewhere In Time » est l’une des meilleures intros que le groupe ait jamais faites, c’est tellement puissant ! Il contient également « Wasted Years », dont le refrain a le pouvoir de te rentrer dans la tête pendant une semaine, ainsi que le très bon « Stranger in a Strange Land » et ses harmonies de guitares signées Adrian Smith.

Et puis, parlons de cette pochette… Par où commencer ?, tellement il y a de choses, d’indices, de clins d’œil à voir dessus. Je peux vous jurer que j’ai passé des heures à scruter la pochette grande taille dans mon livre du groupe mdr. J’imagine pas le nombre d’heures de travail qu’il y a dû y avoir dessus. :scream:

  • Chansons conseillées : Wasted Years, Caught Somewhere in Time, Stranger in a Strange Land, Alexander the Great
  • La perle cachée : The Loneliness of the Long Distant Runner

5. Killers (1981) - 9/10

Peu de fans positionnent cet album dans leur Top 5 du groupe, mais c’est vraiment dommage parce que c’est sûrement l’album le plus nerveux et sauvage de la bande à Steve. La production, notamment de la basse et de la batterie est excellente, comme on peut le voir dans « Wrathchild » et « Killers », et la voix de Di’Anno est à son apogée ici.

« Murders in the Rue Morgue » est sûrement ma préférée de l’album, cette montée est juste parfaite, jusqu’à ce que tout explose et devienne fou ! Je me souviens quand ils sont arrivés sur scène sur cette chanson quand j’étais allé les revoir à Lyon, c’était wow !

Je pense que c’est n’empêche l’un des albums de Maiden les plus techniques et durs à jouer, avec des titres super rapides et groovy, comme « Drifter » et « Purgatory ». :fire:

  • Chansons conseillées : Murders in the Rue Morgue, Wrathchild, Killers, Drifter
  • La perle cachée : Prodigal Son

4. Powerslave (1984) - 9,5/10

A partir de là on rentre dans les albums quasiment intouchables d’Iron Maiden. Powerslave est la plupart du temps considéré comme le plus grand album de tous les temps du groupe, aux côtés de Seventh Son of a Seventh Son, et je pourrais être d’accord, si je n’avais pas découvert Iron Maiden avec un autre album. L’ouverture avec « Aces High » est vraiment la plus épique que le groupe ait jamais faite, avec ce genre de refrain à t’en casser la voix : Runnnnnn, liiiiveee to flyyyyy, flyyyyy to liiiiveee, aceees highhhhh. :oncoming_fist:

Suit ensuite le classique absolu « 2 Minutes to Midnight », puis vers la fin « Powerslave », qui était une vraie réussite cette année en live, et enfin, le monstre, « Rime of the Ancient Mariner ». Ce titre de plus de 13min30, est, impossible à contredire THE chef d’œuvre d’Iron Maiden. C’est pour moi la définition du mot ‘épique’, entre ces paroles dignes d’un véritable poème maritime, ce pont avec une basse sinistre qui me fait froid dans le dos avant de reprendre sur un cri perçant de Bruce. Juste magique. :star_struck:

  • Chansons conseillées : Rime of the Ancient Mariner, Aces High, 2 Minutes to Midnight, Powerslave
  • La perle cachée : Flash of the Blade

3. Fear Of The Dark (1992) - 9,5/10

Alors là, je sais que la plupart des fans du groupe m’auraient tué pour avoir osé mettre Fear Of The Dark en Top 5 ET devant Powerslave, mais j’ai une explication. Déjà, je trouve cet album incroyablement sous-estimé, et je ne sais pas pourquoi (certains disent qu’il est trop mainstream mais je ne vois pas le rapport).

Il combine des titres agressifs comme « Be Quick or Be Dead » et « Fear Is the Key », des chefs-d’œuvre comme le magnifique « Afraid to Shoot Strangers », « Wasting Love » ou le bien connu « Fear of the Dark », ainsi que des morceaux plus simples et vraiment entraînantes comme « From Here to Eternity » et « Judas Be My Guide ».:fire:

Honnêtement, s’il n’y avait pas eu les chansons « Weekend Warrior » et « The Apparition », cet album aurait été un 10/10. Sans parler de sa pochette magnifique, avec Eddie métamorphosé en arbre sur un fond de nuit bleu foncé, j’adore !

  • Chansons conseillées : Fear of the Dark, Afraid to Shoot Strangers, Be Quick or Be Dead, Wasting Love
  • La perle cachée : Judas Be My Guide

2. Seventh Son Of A Seventh Son (1988) - 10/10

Perfect & Epic. Ce sont les 2 mots que j’utiliserais pour qualifier cet album majestueux de Maiden. C’est tout simplement le chef d’œuvre absolu d’Iron Maiden, rien à changer dessus. De l’intro au synthé ultra épique de « Moonchild » jusqu’aux refrains fédérateurs de « The Evil That Men Do » et « The Clairvoyant », cet album résume tout ce que le groupe sait faire. L’épique chanson-titre et notamment son pont au milieu montre vraiment le groupe à son apogée (notamment Bruce qui y tient une note aigüe pendant 27 secondes :exploding_head:)!

Je voudrais quand même revenir sur la chanson « Infinite Dreams ». Cette dernière est vraiment très spéciale pour moi, très personnelle car elle incarne ce que j’aime le plus dans la musique : un refrain épique posé sur une rythmique de basse planante et de solos de guitares qui te font quitter ton corps pour des horizons lointains. J’avoue avoir lâché une larme quand le groupe l’a jouée à Lyon cette année, c’était trop magnifique :heart_eyes:. Fin bref, l’album par excellence d’Iron Maiden.

  • Chansons conseillées : Infinite Dreams, The Evil that Men Do, Moonchild, The Clairvoyant
  • La perle cachée : Seventh Son of a Seventh Son

1. The Number Of The Beast (1982) - 10/10

Déjà, pour commencer, s’il y a bien une raison pour laquelle The Number Of The Beast a toujours été mon numéro 1 de tous les temps, c’est parce qu’il m’a ouvert la porte vers le monde du metal. Je me souviens encore lorsque j’avais 6 ans et que mon père m’a fait écouter « Run to the Hills » pour la première fois de ma vie, c’est à ce moment là que Maiden a fait de moi un métalleux. :crossed_swords:

Pour en revenir à l’album, c’est un peu ‘The Chosen One’ pour moi. Entre sa pochette monstrueuse, le nombre de hits présents dessus ou la qualité de la production, c’est l’album que je choisirai pour faire découvrir le metal à quelqu’un. Tout y est dedans, les riffs agressifs, les chansons mélodiques, les refrains à reprendre en cœur, la puissance produite par la voix de Bruce, tout juste arrivé… (le cri dans « The Number of the Beast » qui fait littéralement expulser ton âme de toi!). J’aime particulièrement « Children of the Damned », qui est très dramatique et hyper mélodique (donc tout ce que j’aime), et « 22 Acacia Avenue » qui contient pour moi peut-être le meilleur solo de guitare du groupe.

Et point d’apogée de l’album : Hallowed Be Thy Name est la définition du heavy metal pour moi. Cette intro sombre me donne des frissons, et vers la fin quand Bruce hurle hallooooweeed b’thy nameeeee, y’a pas de mots pour décrire ça :heart:.

  • Chansons conseillées : Run to the Hills, The Number of the Beast, Hallowed Be Thy Name, Children of the Damned
  • La perle cachée : 22 Acacia Avenue

Donc voila, ce classement n’a pas été facile a faire et va sûrement encore beaucoup changer d’ici là, mais c’est vraiment un réel plaisir de décortiquer la discographie entière d’un groupe aussi géant que la Vierge de Fer, au lieu de ce contenter des hits. N’hésitez pas à me parler de vos impressions personnels sur mon classement, et votre avis, j’adore parler de mon groupe favoris avec des passionnés de bonne musique !:sign_of_the_horns:

Ah et voici un petit synopsis de mon classement :

  1. The Number Of The Beast
  2. Seventh Son Of A Seventh Son
  3. Fear Of The Dark
  4. Powerslave
  5. Killers
  6. Somewhere In Time
  7. Piece Of Mind
  8. Brave New World
  9. The Book Of Souls
  10. Iron Maiden
  11. The X Factor
  12. Senjutsu
  13. The Final Frontier
  14. No Prayer For The Dying
  15. A Matter Of Life And Death
  16. Dance Of Death
  17. Virtual XI
24 « J'aime »

:sweden: In Flames

8 « J'aime »

Pour mon premier top (à voir s’il y en aura d’autres) j’ai bien sûr choisi mon groupe de cœur et, le hasard fait bien les choses, le meilleur groupe du monde : Pain of Salvation.

Moins populaires que pas mal de groupes de metal prog, ils sont pourtant dans le milieu une sacrée référence et Daniel Gildenlow, tête pensante du groupe est le meilleur chanteur du monde. Il chante, hurle, rappe, chuchote, il a une tessiture assez ahurissante en ne perdant jamais l’émotion, moteur premier de la musique du groupe. On a souvent tendance à dire que le prog c’est de la technique pour la technique, allez écouter POS et vous pourrez constater que là la technique est toalement au service des émotion et des chansons.
Autre point : la discographie du groupe est très variée. A part Remedy Lane/The Perfect Element Pt1 et les deux Road Salt, aucune album ne se ressemble. Et cette diversité se retrouve aussi au sein de chaque album, que ce soit en terme d’ambiance, de durée, de style, de tempo.

J’ai exclu les lives et aussi Falling Home qui est un album de morceaux acoustiques revisités.

La majorité des albums de POS étant des concepts album, je vous mets les thèmes et un résumé rapide pour chaque. Pour le coup je me suis fait aider par l’IA, car je n’accorde jamais beaucoup d’attention aux paroles dans le metal.

Aller c’est parti !

1 Remedy Lane (2002)

J’avais découvert le groupe avec The Perfect Element Pt.1, leur album précédent mais c’est celui-ci qui a définitivement ancré mon amour pour le groupe. Les deux sont assez proches pourtant mais Remedy Lane a une approche plus axée chanson tout en gardant le coté foisonnant d’idées.

A noter que sur cet album figure le meilleur morceau du monde : Beyond the Pale, dont les accords tzouing tzouing tzouang tzouang d’intro en décontenanceront certains

Thèmes : amour, perte, sexualité, culpabilité, reconstruction.
Concept : Daniel Gildenlow revisite des épisodes traumatiques et des relations marquantes de sa vie. L’album semi autobiographique explore la quête d’un “remède” à travers la mémoire et la douleur.
A écouter en priorité : Beyond The Pale, Chain Sling, Rope Ends, Undertow

2 The Perfect Element Pt.1 (2000)

Comme déjà évoqué, assez proche de Remedy Lane dans le style, c’est aussi un chef d’œuvre. Toutefois le milieu de l’album a un petit coté ventre mou. C’est l’album avec lequel j’ai découvert le groupe à la suite d’une chronique élogieuse dans Hard Rock Mag.

Thèmes : trauma, abus, adolescence brisée, identité.
Concept : Deux adolescents traumatisés tentent de survivre à leurs blessures psychologiques. L’album raconte leur chute et leur quête de sens.
A écouter en priorité : Used, Ashes, Her Voices, The Perfect Element

3 Entropia (1997)

Premier album du groupe, où sa personnalité n’est pas encore totalement affirmée. Vu sa position dans mon top, vous vous doutez que ce n’est absolument pas pour dire qu’il est moins bon, mais on est dans un metal prog un peu plus classique.

Thèmes : guerre, famille, perte, dérive politique.
Concept : Un père tente de sauver son fils dans un monde ravagé par la violence. L’album explore comment la guerre détruit les liens humains.
A écouter en priorité : !(foreword) , People Passing By, Nightmist

4 Be (2004)

Un album qui leur a fait gagner en popularité dans le monde du rock prog. Moins metal, avec un concept totalement metaphysique et des noms en latin, tout est prog là-dedans. A noter aussi un coté plus tribal sur plusieurs morceaux acoustiques.

L’album a d’abord été joué en live avec orchestre avant d’être enregistré en studio (subissant quelques petites modifications).

Thèmes : existence, divinité, conscience, création.
Concept : L’album met en scène un Dieu qui doute et observe l’humanité. C’est une réflexion métaphysique sur l’origine et le destin de l’univers.
A écouter en priorité : Iter Impius, Dea Pecuniae, Martius/Nauticus II

5 Road Salt 2 (2011)

Les deux albums Road Salt sont une parenthèse dans la disco du groupe, où le groupe s’écarte du metal et aussi du prog. On est beaucoup plus proche du rock 70ies et du blues. Les deux restent variés, avec leurs lots de morceaux acoustiques et calmes. Vraiment le genre d’album qui s’écoute très bien
Ce second volet fini devant le premier par une qualité plus homogène.

A écouter en priorité : Conditionned, 1979, Mortar Grind

6 Scarsick (2007)

Après le succès de Be, la marche était haute. Le groupe est parti dans une autre direction. Plus moderne, plus metal et plus sombre. Assez déstabilisant et encore plus varié que d’habitude, on passe du rap metal (Scarsick, Spitfall) au disco metal (Disco Queen) en passant par des morceaux plus intimistes et bouleversants (Cribcaged, Kingdom of Loss, Enter Rain) et un morceau pop (America).
Note : Il n’a pas été vendu ainsi mais c’est en fait The Perfect Element Pt.2 . C’est écrit sur l’intérieur de la tranche du CD, le truc que jamais perosnne ne regarde vu qu’il faut démonter le boitier. Et aussi bien musicalement que thématiquement on ne voit pas trop le lien avec le Pt1

Thèmes : société moderne, consumérisme, politique, médias.
Concept : L’album décrit un monde malade, obsédé par la richesse et la distraction. C’est une critique de la décadence occidentale.
A écouter en priorité : Disco Queen, Spitfall, Kingdom of Loss, Cribcaged (encore plus difficile que d’habitude de ne pas tout citer vu la diversité)

7 Road Sald 1 (2010)

Très proche du Road Salt 2 déjà abordé. Pas grand-chose à ajouter.
A noter qu’avec le morceau titre, le groupe a participé aux qualifications pour l’Eurovision.

A écouter en priorité : Sisters, Where it Hurts, Linoleum

8 One Hour by the Concrete Lake (1998)

D’autre fans vont me hurler dessus en le voyant si bas mais je n’ai jamais trop accroché à cet album, pourtant souvent cité dans les meilleurs. Plus sombre, plus lent, misant plus sur l’ambiance générale, il me met assez mal à l’aise.

Thèmes : militarisme, responsabilité morale, industrie du nucléaire.
Concept : Un soldat découvre que son travail dans l’industrie de l’armement contribue à un cycle mondial de destruction, notamment nucléaire. Il entreprend un voyage pour comprendre les conséquences humaines, écologiques et morales de ce système, et se confronte à la question de sa propre responsabilité.

A écouter en priorité : Inside, Water, Inside Out

9 Panther (2020)

Le dernier en date, qui a été pas mal boudé alors que je l’ai trouvé assez intéressant avec ses aspects futuristes. Encore une fois le groupe prend les fans à revers en proposant un truc qu’ils n’ont jamais fait.

Thèmes : neurodivergence, différence, frustration, identité.
Concept : L’album explore le sentiment d’être “autre”, de ne pas rentrer dans les cases. Il met en scène les “panthers” et les “dogs” pour questionner la normalité.
A écouter en priorité : Accelerator, Unfuture, Panther

10 In the Passing Light of Day (2017)

Présenté comme le grand retour du groupe, je n’ai pas du tout accroché à cet album. Très dépouillé, parfois même bruitiste, je n’ai absolument pas compris le parallèle que certains ont fait avec The Perfect Element ou Remedy Lane. Il reste quelques beaux morceaux mais en tant qu’album je ne le réécoute jamais.

Thèmes : mort, maladie, amour, fragilité humaine.
Concept : Écrit après l’hospitalisation de Daniel, l’album raconte son combat contre la mort et sa relation avec sa femme. C’est une méditation sur la survie et la renaissance.
A écouter en priorité : On a Tuesday, Meaningless, If This is the End

Récapitulatif du top :
1 Remedy Lane
2 The Perfect Element Pt.1
3 Entropia
4 Be
5 Road Salt 2
6 Scarsick
7 Road Salt One
8 One Hour By The Concret Lake
9 Panther
10 In The Passing Light Of Day

Voilà, j’aurais pu plus développer, mais je n’avais pas envie d’y passer trop de temps.

Et je vous ai fait une playlist YouTube avec les morceaux conseillés
Pain of Salvation - Morceaux à écouter

13 « J'aime »

À mon tour de m’y coller - mes excuses par avance à tous et à @Mick_Hammersmith666 - je me lance aussi sur un classement des Maiden. Il faut commencer par le commencement, et les Maiden c’est mon commencement dans le métal, c’est parce que Petit AsteR a acheté Iron Maiden (l’album) chez un disquaire un jour que Adulte AsteR grenouille en Temple. Donc Maiden pour le 1er classement.

PRÉAMBULE

S’attaquer à un classement des presque 1000 minutes de musique offertes par Iron Maiden sur 41 ans de production n’est pas une chose aisée et à prendre à la légère. En personne rigoureuse et ayant du temps à perdre, il convînt donc dès lors d’adapter l’analyse en y instaurant un cadre clair, quantifié et multi-critères dans la mesure du possible, en y mettant un niveau d’effort à la hauteur de l’immense discographie du groupe.

Il m’est aussi venu à l’esprit qu’un simple classement sans nuance eût pu présenter un risque clair pour l’auditeur viergedeferien néophyte qui se jetterait sur un album et une chanson au hasard. Quelle déception de se jeter au hasard sur Piece of Mind et de n’écouter que Sun & Steel par exemple! L’approche ci-dessous vise donc, en plus de simplement classer des albums, à souligner les risques potentiels et caractéristiques profondes de chacun de ces albums.

APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE

Le classement ci-dessous a été réalisé sur la base d’une note globale sur 10 par album - elle-même étant la moyenne simple d’une note sur 10 attribuée à chaque chanson (pondérée à 2/3) et une note générale sur 10 accordée à l’album dans son ensemble (pondérée à 1/3). Par souci de transparence, le biais induit par la note générale est précisé dans le tableau récapitulatif - et ne semble pas avoir eu d’impact majeur sur le classement.

En sus de cette simple note, le travail ci-dessous cherche à ajouter un éclairage pour chaque album sur:

  • L’efficacité notatoire par tranche de 10 minutes d’écoute (indicateur dit du « Maiden au kilo ») - afin de mettre en avant les albums les plus efficaces à la minute
  • La cohérence interne de chaque album (via l’écart type moyen de la note de chaque chanson rapporté à sa moyenne, ainsi que par l’expression pour chaque album d’un indicateur « moyenne moins écart type ») - visant à éviter un trop grand choc par surprise à l’auditeur néophyte imprudent qui aurait le mauvais goût de choisir une chanson au hasard dans un album et de tomber sur « la mauvaise chanson du bon album »
  • Enfin, la moyenne par chanson de chaque album

Limites méthodologiques: certains indicateur utilisés font usage de principes de base de l’analyse statistique sur l’hypothèse de l’application d’une dispersion de loi normale centrée réduite aux notes des chansons de chaque album de Maiden. Nous laisserons au lecteur avisé le soin de réfléchir au caractère adéquat d’appliquer une telle hypothèse à des échantillons aussi réduits; mais en même temps vous lisez un contenu sur le forum du Hellfest pas du CNRS :innocent:

A noter que d’autres critères ont été étudiés pour leur potentiel éclairant, certains concluants (évolution de la note moyenne dans le temps), certains moins concluants malgré la puissance de l’intuition originale nous y conduisant (tentative de corrélation de la note avec le nombre de caractères dans le titre de l’album, tentative de corrélation entre la note et le caractère pair ou impair du nombre de chansons, etc).

OBJECTIFS

En plus d’établir un classement général de la discographie, nous nous sommes proposés, fort de ces analyses, de guider l’auditeur néophyte vers une sélection des albums de Maiden à privilégier - étant entendu qu’un bon album doit combiner (1) bonne note globale, (2) faible dispersion de la qualité des chanson et (3) efficacité à la minute forte de l’album.

Enfin pour les plus aventureux, nous nous sommes permis d’établir une sélection des perles cachées (les blockbusters étant déjà archi connus par tout le monde…), reprenant ici l’idée de l’éminent spécialiste @Mick_Hammersmith666

PROPOS IMPORTANT

Le chercheur fait dans un tel exercice face au terrible constat qui s’impose à chaque être, qui est que choisir est avant tout renoncer - et que ce principe s’applique aussi aux indicateurs de performance. Ce principe simple démontre bien que l’auteur de ces lignes aurait tout aussi bien pu, quitte à utiliser des indicateurs arbitrairement choisis, juste classer les albums sans vous embêter avec cette logorrhée absurde.

L’auteur de ces lignes en ayant parfaitement conscience, vous comprendrez donc aisément que le choix d’une approche biscornue et alambiquée n’a donc d’autre objectif que de faire perdre du temps au lecteur pour un propos, somme toute, à faible valeur ajoutée (et aussi de faire rigoler comme une vache :cow_face: l’auteur de ces lignes en les écrivant)

À noter aussi que l’auteur de ces lignes n’a aucune compétence particulière en analyse statistique, et est donc au tireur d’élite ce qu’est un singe avec un bazooka dans ce contexte précis

HYPOTHÈSES D’ANALYSE IMPORTANTES

De manière absolument arbitraire et injustifiée, les limites préconisées pour juger d’un album sur les critères alternatifs d’analyse sont fixées comme suit:

  • Indice dit du “Maiden au kilo”: note minimale acquise de 1.1 par tranche de 10 minutes - pour une note minimale fixée à 6.5/10 sur un album d’1h pour une expérience agréable
  • Approche par la “moyenne moins écart type” (minimisation du risque idiosyncratique sur chanson aléatoire): note moyenne des chansons moins écart type >6 (5 commence à être une chanson très moyenne). En supposant une loi normale centrée réduite, cela revient à dire que 84% des chansons de l’album sont au dessus de cette note (sauf que bien sûr, cette hypothèse de loi normale est stupide :innocent:)
  • Note moyenne minimale préconisée par album sur 100: 6.8 par chanson. Cela correspond à une note d’album moyenne de 6.5/10 en tenant compte d’un nombre moyen de chanson de 9.5 par album sur les 17 albums de Maiden
CLASSEMENT GÉNÉRAL

STATISTIQUES DIVERSES ET OBSERVATIONS

Sur la base des éléments ci-dessous et du classement général, on peut remarquer que:

  • Maiden a jusqu’à aujourd’hui démontré d’une courbe en W au cours du temps: après une période qui a cimenté le statut du groupe dans les années 1980, les années 1990 furent très difficiles - que ce soit avec Bruce ou Blaze - avant que les années 2000 réinventent le son Maiden - sans pour autant atteindre de manière systématique l’excellence des années 1980
  • Les albums les mieux notés ont une cohérence interne forte et exhibent un niveau général élevé peu importe la chanson. L’inverse est vrai des mauvais albums
  • Maiden tend à allonger la durée de ses albums au cours du temps - ce qui a qualité équivalente (AMOLAD / Senjutsu), tend à diluer le sentiment d’écouter un très bon album. Cela s’exprime par un indice du “Maiden au kilo” en décroissance au fur et à mesure du temps

ALBUMS À PRIVILÉGIER SUITE À ANALYSE MULTI CRITÈRES

À l’exception de Senjutsu, dont la longueur dilue la qualité et aboutit à un “Maiden au kilo” en dessous du seuil fixé de 1.1 par tranche de 10 minutes, le top 10 du classement (7th Son, Somewhere in Time, Iron Maiden, NOTB, AMOLAD, Powerslave, PoM, Killers, Senjutsu, Dance of Death) est globalement au-dessus de tous les indicateurs de l’analyse multi-critères et sont donc recommandables sans limitations particulières. Senjutsu ayant un fort niveau de cohésion (indicateur de l’écart type), la faiblesse induite par sa longueur peut être ignorée. Donc sur le top 10 allez y les yeux fermés :smiling_face_with_three_hearts:

De manière plus intéressante, Fear of the Dark et Book of Souls, qui sont plutôt appréciés des fans performent significativement en-dessous des seuils préconisés (bah ouais c’est normal c’est moi qui fait les notes et je les aime pas :innocent:)

Voir éléments graphiques ci-dessous

REVUE EN DEUX MOTS PAR ALBUM ET PÉPITES CACHÉES
  • Iron Maiden: la base du son Maiden - riffs accrocheurs, longues instrumentales mélodiques - mais avec l’aboiement punk de Paul di Anno. Les pépites cachées: Transylvania et Strange World, à ecouter à la suite
  • Killers: le Maiden punk par excellence, mais qui a perdu de sa musicalité grandiose et du potentiel prog qui perçait dans le précédent. La pépite cachée: Prodigal Son qui va chercher chez Pink Floyd! (en supposant que Murders in the Rue Morgue et Killers sont déjà largement connues)
  • NOTB: une collection de morceaux immenses et quelques déceptions (Invaders, Gangland) - l’album de la consécration tout de même. La pépite cachée: The Prisoner - et sa montée explosive vers le refrain
  • Piece of Mind: et on a découvert Nicko Mcbrain derriere les fûts. L’intro de Where Eagles Dare pour dire bonjour c’est quand même fou. Grand album légèrement inégal. Les pépites cachées: Still Life et To Tame A Land
  • Powerslave: l’album du durcissement du son Maidenien avec une gratte plus agressive, et une basse volubile avec un Steve Harris déchaîné. On sent le thrash qui pousse derrière… La pepite cachée: Rime of the Ancient Mariner (pas forcément très confidentielle bien sûr, mais potentiellement dans le Top 5 des chansons de Maiden…)
  • Somewhere In Time et Seventh Son: je les mets ensemble parce que deux faces du même Maiden. L’apogée absolue du groupe pour moi, des fresques phénoménales partout, des lignes de basses dans tous les sens, Bruce en apensanteur… dingue. Les pépites cachées: Caught Somewhere In Time; The Loneliness of the Long Distance Runner, Infinite Dreams, Moonchild. Je ne mets pas The Evil That Men Do en supposant qu’elle fait partie des blockbusters.
  • NPFD: et Maiden perdit le mojo. Oscillant entre le mauvais hard rock et le hard heavy bas du front malgré quelques morceaux corrects. Hooks in You est la pire chanson du groupe je pense. La bonne chanson quand même (pas pepite): Fates Warning et sa basse galopante
  • Fear of the Dark: mieux mais peut mieux faire. Beaucoup de bons morceaux sans plus. La pepite cachée: Wasting Love et sa mélodie presque Opethienne à la basse / guitare
  • X Factor: continuer après Bruce. Pas le pire de Blaze Bayley, mais des paroles d’une pauvreté terrible et très répétitif. La chanson cachée (pas une pepite): Blood on the World’s Hands juste pour sa ligne de basse slappée phénoménale et unique dans l’histoire du groupe
  • Virtual XI: je ne commenterai pas
  • Brave New World: Maiden tente de se relancer - on essaie de faire comme SiT et 7So7S et ça ne marche pas trop. La pepite cachée: Brave New World (pas si bien cachée que ça) qui introduit la nouvelle voix de Bruce plus hurlée dans les aigus qu’on retrouve sur AMOLAD et les suivants
  • Dance of Death: Et Maiden retrouva un nouveau son - certes encore en gestation. Guitares puissantes, riffs lourds, voix screamées, rythmes implacables à la batterie. Les pépites moins connues: Rainmaker et No More Lies et son refrain incantatoire
  • AMOLAD: l’album de la renaissance, le digne successeur du début des années 1980. Que des très bonnes chansons, un rythme ravageur, mon album préféré en ce qui concerne Nicko, des morceaux mélodiques, des morceaux rageurs, des anthems de concert (The Pilgrim). Magique. Les pépites cachées: These Colours don’t Run et son intro phénoménale, For the Greater Good of God qui me met des frissons tout le temps
  • Final Frontier: bon album qui n’apporte rien de nouveau et assez long. Les pepites cachées: When the Wild Wind Blows et Starblind
  • BoS: rien de très intéressant, hormis la première et la derniere chanson. Tres long et vu / revu, sauf pour les tentatives de hard rock ratées (Speed of Light) et l’intro de chœurs agaçants (The Red and the Black). Les pepites cachées (il y en a 2 quand même): If Eternity Should Fail et Empire of the Clouds et son intro au piano!
  • Senjutsu: Maiden a encore des choses à dire! Atmosphérique, très martial, et le retour de la basse galopante de Steve comme pièce maîtresse! Album sans faux pas. Les pepites cachées: The Writing on the Wall (pas si cachée que ça), et surtout Hell on Earth
LES REGRESSIONS NON CONCLUANTES

Quelques conclusions finales en me réécoutant les 17 albums et 162 chansons de Maiden:

  • On entend souvent que Steve Harris est l’un des plus grands bassistes du métal, Nicko l’un des plus grands batteurs, et Bruce l’une des plus grandes voix. C’est vrai. Mais en revanche je n’ai jamais entendu personne souligner l’incroyable niveau de gratte du trio du groupe, et putain y’a des moments qui sont quand même du top top tier! Même chez les anciens albums, le riff a deux guitares et le solo de Transylvania ça me met les frissons…
  • La compo musicale de Steve c’est de la folie (mais on le savait déjà). Y’a des riffs de basse qui sont inoubliables…
  • Nicko a un groove irremplaçable (il porte tout l’album sur AMOLAD). Je ne sais pas comment ils vont le remplacer… et pas sûr que Maiden continuera longtemps sans lui vu son importance :sob:
  • 10 albums excellent sur 17 en 41 ans ça vous pose quand même un mastodonte

En tout cas je me suis bien marré à faire n’importe quoi avec les chiffres, désolé pour la lecture :innocent: et merci @Hrafnagud pour l’idée!

20 « J'aime »

Voici mon classement des albums de Cult Of Luna :star_struck:

9 : Eternal Kingdom ( 2008 )

Il faut bien un dernier à ce classement malheureusement, mais c’est sans trop de regrets que je place Eternal Kingdom à cette neuvième place. Don’t get me wrong, ce n’est pas un mauvais album, mais il a le malheur d’être le seul très bon album, au milieu d’une discographie monumentale.
Je trouve que c’est celui qui se rapproche le plus de Neurosis. Après deux albums plus proche du post rock, ils reviennent un peu vers la musique de leur début, plus post hardcore. Je le trouve un peu plus classique, moins recherché, et surtout moins marquant que les autres albums des suédois. Et pourtant, même dans cet album que je considère comme le moins bon du groupe, il y a de véritables bijoux comme Mire Deep, et surtout le majestueux Ghost Trail, un de mes titres favoris.

8 : The Beyond ( 2003 )

Avant de me réécouter toute la discographie pour ce classement, je m’étais dis que je mettrai The Beyond en dernier sans trop de problèmes car c’est l’album qui m’avais le moins marqué et je ne ne m’y étais pas plus attardé que ça. Quelle erreur…. Impossible de mettre ce bijou tout en bas après l’avoir réécouté plusieurs fois cette semaine.
L’entame avec l’enchaînement Receiver / Genesis c’est du grand art, ce qu’il y a de mieux dans le postcore très dur et agressif que pratiquait le groupe à ses débuts.
C’est leur album le plus sombre avec le premier, un son massif qui t’écrase, qui t’étouffe de la première à la dernière seconde. Je pense que c’est pour ça que j’ai toujours eu du mal à le réécouter en entier, c’est très très intense, long et dense. Je pense que c’est un album qui nécessite plusieurs écoutes pour être apprivoisé et apprécié à sa juste valeur, car les petits détails subtils qui font sa beauté ne ressortent pas immédiatement tant la puissance de la musique est dévastatrice et écrasante.
Les paroles c’est pas forcément ce sur quoi je me concentre quand j’écoute l’album, mais je pense qu’il est quand même intéressant de s’y attarder car elles sont totalement en phase avec cette musique de fin du monde. Inspiré par les écrits d’Orwell et de Noam Chomsky, le groupe choisi d’aborder le sujet du contrôle et de la surveillance totale des peuples par la technologie et les politiques, qui mènent à l’effondrement de la société.
Voila donc pour cet album qui respire la joie de vivre et que j’ai adoré redécouvrir !

7 : The Long Road North ( 2022 )

The Long Road North est l’album avec lequel j’ai découvert Cult Of Luna a sa sortie. C’est un des mes premiers contacts avec la musique plus sombre et moins mainstream, et je pense qu’il n’y avait pas de meilleure porte d’entrée que cet album. En effet, c’est celui que je considère comme le plus mélodique et accessible, dans le prolongement des albums qui ont suivi Vertikal. Ce son plus post rock est notamment dû à l’apport grandissant des nappes de claviers de Kristian Karlsson, qui contribuent fortement aux passages plus atmosphériques très nombreux et toujours sublimes sur cette galette.
L’album débute par le fantastique Cold Burn, synthèse parfaite de ce qu’est le groupe aujourd’hui et de ce qu’ils savent faire de mieux. Le sample avec un petit côté industriel, la batterie ultra percussive, le son puissant, et les hurlements de Johannes, l’atmosphère froide, les montées en tension instrumentales accentuées par les synthés : il y a tout dans ce titre. Ce n’est pas pour rien que c’est désormais avec celui ci que les suédois entament tous leurs concerts…
Le reste de l’album est du même acabit. C’est beau c’est prenant, et mis à part un Into The Night que je trouve peu convaincant à cause de la voix claire du guitariste Fredrik, c’est un sans faute complet. Et pour bien conclure le voyage, l’album s’achève sur l’incroyable Blood Upon Stone, 12 minutes épiques pour nous achever, puis Beyond II confié à l’artiste bruitiste Colin Stetson pour mettre fin à ce trip cosmique.

6 : Vertikal ( 2013 )

Vertikal c’est l’album qui marque le second tournant de la carrière de Cult Of Luna. Le groupe s’inspire une nouvelle fois d’une autre œuvre, cette fois ci cinématographique : Metropolis. C’est donc une plongée dans un univers futuriste qui va assez bien collé avec l’évolution de leur musique. L’histoire de Cult Of Luna s’écrira désormais sans Klas Rydberg, ce sera donc Johannes Personn, guitariste fondateur du groupe qui s’occupera des parties vocales. Je trouve sa voix plus dominante et puissante que celle du précédent vocaliste, et quand on voit la carrure du bonhomme sur scène c’est encore plus impressionnant.
Exit également Anders Teglund aux claviers, remplacé par Kristian Karlsson qui aura une grande importance au vu de la nouvelle direction musicale du groupe. Cet album est la preuve qu’ils savent se réinventer constamment, mais qu’ils restent les rois de la musique pesante atmosphérique. Vertikal est à l’image de sa pochette : d’un froid glacial. Mais aussi d’une puissance dévastatrice, avec des morceaux s’étirant jusqu’à la vingtaine de minutes comme Vicarious Redemption, et surtout un somment sur un magnifique In Awe Of.
Personn dira qu’ils ont voulu sonner comme des machines, et je trouve que c’est mission plus que réussie.

5 : Cult Of Luna ( 2001 )

Cult Of Luna, par Cult Of Luna, c’est les premiers pas d’un groupe qui va marquer un genre et tout écraser sur son passage. Et le terme écraser colle plutôt bien avec cet album tant il est puissant et dévastateur. Dès The Revelation Embodied, les gars d’Umeå m’envoient dans les cordes et c’est parti pour 1h de coups sans relâches. Ne cherchez pas les claviers et les moments atmosphériques des dernières sorties en vous attaquant à cet album, car vous tomberez uniquement sur 6 suédois en colère, et qui vous le font savoir !
Il y a certes quelques moments d’accalmie comme le violoncelle sur le magnifique Sleep, mais on est tout de même assez loin d’un Salvation par exemple.
Le son est cru, dense, violent. Les cris écorchés de Klas Rydberg ne sont peut être pas aussi puissants que ceux de Johannes dans le futur, mais ils font ressortir encore plus d’intensité et de colère.
Je trouve Beyond Fate et Hollow remarquables d’agressivité, mais le plus important c’est que le groupe arrive à maintenir une tension constante, même dans les respirations instrumentales.
Si vous avez survécu à cette expérience il y a de grandes chances qu’elle soit marquante !!

4 : Salvation ( 2004 )

Salvation, c’est l’album qui marque le premier véritable tournant de la discographie de Cult Of Luna. Au niveau du line up d’abord, avec les arrivées d’Andreas Johansson à la basse et Thomas Hedlund à la batterie, tous deux toujours en poste actuellement. Mais c’est surtout l’arrivée d’Anders Teglund qui est intéressante à mes yeux, car c’est le premier clavieriste a intégrer le groupe. Et cette recrue montre bien la volonté d’un son nouveau, plus aéré. Fini donc la furie constante de The Beyond et Cult Of Luna, les suédois pratiquent désormais une musique bien plus aérienne, mélancolique et douce par moment. Ça reste un album plein de contrastes, toujours entre la rage des passages alliants les cris de Rydberg et les grosses guitares, et la beauté des moments post rock qui prennent le temps de poser une atmosphère. La richesse de chaque titre est folle, et on le sent dès l’entame sur Echoes avec une formidable montée en puissance tout au long de ses 12 minutes. Un titre parfait à mes yeux, qui résume bien la nouvelle identité du groupe. Cette identité qu’ils vont clairement assumer morceau après morceau, avec des classiques comme Adrift, Waiting For You, Vague Illusions ou encore le formidable Leave Me Here.
La production est évidemment fantastique, car menée par Magnus Lindberg, l’homme qui a façonné le son des suédois album après album. Il est véritablement celui qui guide leur musique et c’est sans doute grâce à lui qu’ils ont pu se développer autant.

3 : Mariner ( 2016 )

Cult Of Luna et Julie Christmas, c’est vraiment le mariage le plus parfait qui soit. Mariner c’est un voyage dans le cosmos, avec toujours cette puissance instrumentale phénoménale et ces nouvelles textures de son similaires à Vertikal. Mais la capitaine de ce trajet est désormais Julie. Et c’est véritablement sa voix si riche par son timbre et tout ce qu’elle peut en faire qui fait de Mariner un album fantastique. Moins monolithique et prévisible que certains albums des gars d’Umeå, on se laisse guider par madame Noel dès A Greater Call et ce contraste entre sa voix claire tortueuse et celle du monstre Personn, c’est la claque. Le reste est aussi colossal, et ce final sur Cygnus est véritablement grandiose. C’est peut être pas leur album le plus inspiré, mais ils n’en ont pas besoin tant la voix de Julie permet de faire passer toutes sortes d’émotions.

2 : A Dawn To Fear ( 2019 )

A Dawn To Fear c’est un album ultra dense et massif mais c’est tellement bien fait que j’ai envie de le réécouter sans arrêt. C’est l’album d’un groupe qui a pris plusieurs directions différentes dans sa carrière, et elles semblent toutes se rejoindrent dans celui ci. Tantôt rageur et intense, tantôt beau et brumeux, c’est un enchaînement de titres plus incroyables les uns que les autres. Je pourrai tous les citer mais il faut quand même mettre l’accent sur l’énervé The Silent Man, le très long Lights Ont The Hill, et le final cosmique sur Inland Rain et The Fall. Après tant d’années de recherches, Cult Of Luna a trouvé la synthèse parfaite à toutes leurs évolutions. A Dawn To Fear

1 : Somewhere Along The Highway

Somewhere Along The Highway est clairement le prolongement logique d’un Salvation et il est extrêmement difficile de les départager. Je trouve tout de même que les contrastes entre passages post rock et moments énervés sont mieux amenés et moins brusques que dans leur album précédent. Il y a quelque chose de très mélancolique dans cet album qui lui donne sa beauté si particulière malgré une atmosphère vraiment pesante. Finland c’est le genre de morceaux qui me fout toujours les frissons, tout comme Dark City, Dead Man ou la montée folle de Dim. Les mélodies sont prenantes et très émouvantes. 2 ans après un chef d’œuvre qui montrait une maîtrise des ambiances et des contrastes impressionnante, ils arrivent bel et bien à corriger les tous petits défauts qu’il restait, et ça donne donc le numéro 1 de mon top.

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Vous l’attendiez (ou pas) mais dans tout les cas, vous ne serez pas surpris. Cette semaine, après Nightwish, voici mon classement de la discographie du plus grand des groupes de rock medieval allemand, In Extremo !
Ma passion pour ce groupe est largement connue dans le forum et classer leurs albums a été un exercice plus compliqué que je ne le pensais.
Ca a été aussi une formidable occasion pour moi de ressortir l’un des plus belles pièces de ma collection de CD, leur coffret anniversaire des 20 ans, sorti en 2015 :

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Si je parle de ce coffret, c’est qu’il a forcément une incidence sur ma perception des albums du groupe, principalement des premiers. En effet, quand j’ai commencé à vouloir écouter tout In Extremo, il était dur de se procurer physiquement les albums de 1997 à 1999 compris. De plus, In Extremo est resté, jusqu’à très très récemment, indisponible sur les plateformes de streaming en France. Ce n’est donc qu’en 2021 (!), que j’ai enfin pu mettre la main, en revente, sur ce magnifique coffret, en édition limité et donc introuvable depuis sa sortie en 2015. Ainsi, de ma découverte du groupe, et de mon coup de foudre instantané pour lui en 2014, à 2021, Sünder ohne Zügel a été le plus vieil album du groupe auquel j’ai eu accès. Cela a forcément eu une incidence quand j’ai découvert, sur le tard, leurs 4 premiers albums.

A noter que pour une meilleure compréhension, j’ai traduit, en italique et directement après leur mention, les titres des albums ou des chansons. N’étant pas vraiment bilingue, ma traduction peut être assez approximative…

13 - Die Goldene, 1997
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Premier album du groupe, avant même que ce dernier ne se lance dans le rock medieval. Il s’agit donc d’un album classique de musique médiéval avec des thèmes assez populaires dans le genre. On notera néanmoins, de temps à autres, des sonorités et des thèmes qui seront repris plus tard dans la discographie du groupe. On trouve également, ici, la première version du groupe de la ballade norvégienne Villeman Og Magnhild, titre quasi incontournable du groupe en live. A noter les premières expérimentations d’intégrer des guitares électriques dans le titre euh, expérimental dirons nous, Lulbap / Como Poden.
Globalement un album qui n’a pas grand chose à voir avec la discographie du groupe dès 1999. Reste néanmoins une belle curiosité pour les fans du groupe.

12 - Hameln, 1998
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Comme Die Goldene, on est encore dans un album purement médiévale, légèrement mieux produit que le précédent. Le titre de l’album fait directement référence au joueur de flûte de Hamelin, histoire plusieurs fois reprise par le groupe. Le titre homonyme, Hameln, sera d’ailleurs reconnaissable, pour les fans du groupe, comme ébauche du morceau Der Rattenfänger, de l’album Sünder ohne Zügel qui sortira en 2011. Quand je sui Mis au Retour contient également la mélodie principale du titre très connu du groupe, Rasend Herz, de l’album du même nom de 2005. Hormis ces moments à se dire « oh mais ce sont quelques secondes qu’on retrouve dans un autre morceau plus tard ça », cet album n’est pas objectivement celui comportement le plus d’intérêt du groupe.

11 - Weckt die Toten! (Réveillez les morts !), 1998
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Voilà. Enfin. Les vrais débuts de In Extremo et du Mittelalter-Rock (aka rock médiéval allemand). On ne peut pas se tromper avec Ai Vis Lo Lop (version occitane auvergnate de la chanson type J’ai vu le loup, le renard, le lièvre) d’entrée d’album qui reprend déjà tout les codes du groupe : la voix si reconnaissable de Micha Rhein (alors que les précédents albums ne contenaient quasiment aucun chant), une guitare électrique omniprésente, de la basse, une batterie qui s’éloigne des percussions médiévales pour devenir une vraie batterie de rock, et, bien évidemment, toujours de la cornemuse. Cette chanson demeure d’ailleurs, bientôt 30 ans plus tard, toujours une musique très populaire en live, sous des déluges de pyrotechnie. On trouve également, dans cet album, la version finale de Villeman Og Magnhild. Reste pourtant, encore, un mixage pas toujours parfait et un groupe qui ne fait que débuter dans un genre quasiment inexistant avant cela. C’est aussi cet album qui a valu à In Extremo d’être conspué dans le milieu des fêtes médiévales par les « puristes » car ils « batardisaient » la musique ancienne…
Qu’à cela ne tienne, In Extremo medieval est mort, vive In Extremo Mittelalter-Rock !

10 - Verehrt und Angespien, 1999
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L’album de la confirmation. Le côté rock est encore plus affirmé avec un son qui se durcit et une fusion avec les cornemuses et les mélodies « médievales » qui s’affine. Le titre de l’album, que l’on peut traduire par Vénéré et conspué, vient en réponse aux critiques citées précédemment, In Extremo ne voulant plus se soucier de toutes les critiques de cette scène médiévale allemande, alors vives et acerbes, concernant leur « dépravation » de la musique médiévale et leur côté « commercial ». C’est d’ailleurs une critique vieille comme le monde, quand on a du succès, on devient « commercial »…
Pour revenir à la musique, leur célèbre reprise de Herr Mannelig se trouve dans cet album, comme l’un de leur premier tube qui traversera les âges : Spielmannsfluch (La malédiction du ménestrel), reprise d’une ballade allemande du début du XIXe S (Des Sängers Fluch). Pour les amateurs de Kaamelott, je recommande également Pavane, adaptation de la pavane Belle qui tiens ma vie. Entendre Micha Rhein s’essayer au (vieux) français et ne rien comprendre est toujours une expérience amusante.
On notera tout de même encore une production restant perfectible dans cet album et peu de titres qui se démarquent véritablement. A noter qu’il s’agit du dernier album avec le guitariste Thomas Mund.

A partir d’ici, on entre dans les albums de très très haut niveau de In Extremo, avec une grande difficulté pour ma part à classer les albums de la 9e place à la 3e place (comprise). En effet, hormis leurs 2 premiers albums, Die Goldene et Hameln, qui sont d’un autre genre, et les deux d’après, Weckt die Toten! et Verehrt und Angespien, qui sont une phase d’appropriation d’un nouveau genre, le reste de la discographie de In Extremo ne comporte pas d’ères ou de phases très marquées. L’ensemble est extrêmement cohérent et qualitatif, et, pouvant personnellement écouter n’importe quel album de 2001 à 2014 sans jamais être déçu du voyage, et les connaissant tous par coeur, le travail de classement m’a été d’autant plus compliqué…

9 - Kunstraub (Le vol d’art), 2013
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10 ans après l’album « 7 », le groupe retente un album plus orienté rock avec Kunstraub, qui sera d’ailleurs le plus rock de toute leur discographie. On remarque rapidement ici une présence bien plus marquée de la guitare, pour des cornemuses plus cantonnées à un rôle de fond et aux accompagnements de refrain et pont. Le morceau Doof illustre d’ailleurs parfaitement ce changement, étant probablement le morceau le plus rock du groupe. Grande première aussi, là où In Extremo avait toujours pour habitude de reprendre beaucoup de textes de vieux poèmes ou de vieilles chansons traditionnelles, ici, la quasi totalité de l’album est composée de titres inédits et le tout intégralement chanté en allemand, ce qui reste encore, à ce jour, leur seul album dans ce cas. Alors l’ensemble sonne quand même sans problème comme du In Extremo, mais on gagne en fraicheur ce qu’on perd aussi, un peu, en originalité. Si on comprend l’envie de nouveauté, après l’enchainement de 2005 à 2011 des albums Mein Rasend Herz, Sângerkrieg et Sterneneisen, Kunstraub souffre un peu de la comparaison avec ces même prédécesseurs Pour autant, il s’agit d’un très bon album, avec d’excellents titres et il a la particularité de réussir à se démarquer un peu dans la massive discographie du groupe. On y trouve d’ailleurs Feuertaufe, l’un des meilleurs tubes du groupe, ainsi que Belladonna, l’une de mes chansons favorites et Meie Din, la chanson qui clôt l’album avec une omniprésence des percussions, donnant à cette chanson des airs de pipes and drums band. Et je ne peux pas parler de Kunstraub sans mentionner le titre Gaukler qui est une merveille de musique, l’un des titres les plus poétiques du groupe, sur le mal être que peut ressentir un artiste, sur la dépression et la différence entre la façade qu’on affiche et ce que l’on ressent au plus profond de soit.

8 - 7, 2003
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Premier album à entrer dans le podium des charts allemandes (3e place), il s’agit également d’un album dans lequel In Extremo tente un son plus rock, plus « indus », moins médiéval. 7 est aussi l’un des albums les plus variés du groupe, avec des titres très différents les uns des autres. Le titre phare de l’album, Küss Mich (Embrasse-moi) reste un tube incontournable du groupe, même si, pour moi, cette chanson est loin d’être leur meilleure. On lui préférera des morceaux comme Ave Maria, Sagrada Tobar (L’art sacré des troubadours) ou Davert-Tanz (incroyable titre instrumental) qui sont des pépites sous estimées de la discographie de In Extremo. Si il est souvent considéré comme l’un des moins bons albums du groupe, j’ai toujours défendu 7 comme étant un excellent album et une tentative, sur certains titres, d’offrir un son un peu différent. De surcroit, malgré un ensemble qui peu sembler un peu décousu, il est rempli de morceaux qui méritent plus de reconnaissance.

7 - Sünder ohne Zügel, (Pécheurs/sinners sans retenu), 2001
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Premier album à atteindre le top 10 des charts allemands, il a longtemps été pour moi le premier album du groupe, comme expliqué en préambule de ce classement.
Premier album avec le désormais guitariste historique Van Lange, c’est aussi le premier (décidemment) album à concevoir la balance parfaite rock / médiéval. Micha Rhein semble également enfin avoir trouvé sa voix, plus posée, moins « criante », pour notre plus grand plaisir. L’album est un sans faute absolu, offrant plus de titres posés que les précédents (et une belle pochette d’album, concept qui sera malheureusement valable que de 2001 à 2011…). La simple présence de Vollmond (Pleine lune), de Unter dem meer (Sous la mer, pas la version avec Sebastien qui chante pour Ariel…) et de Die Ger (L’avidité) suffit de faire de cet album un immanquable du genre.

6 - Wolkenschieber (Le chasseur de nuages), 2024
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Album sorti à l’aube de leurs 30 ans de carrière, Wolkenschieber est un excellent album comme In Extremo en a le secret. Si il ne révolutionne pas le genre, ni leur discographie, il alterne entre musiques donnant envie de danser, textes satyriques, bonne humeur et titres plus mélancoliques et complexes… C’est également un album qui est complétement dans son temps, avec l’incorporation de tonalités plus contemporaines et de textes engagés, aussi bien politiquement que écologiquement, le tout en gardant une véritable cohérence d’ensemble. L’album est également truffé de guest (Rauhbein, Björj Both, Joachim Witt…) comme si le groupe avait eu, plus que jamais, besoin de présence amicale lors de son enregistrement…
Cet album est aussi le premier à être sorti sans Boris Pfeiffer et avec seulement 6 membres. En effet, In Extremo a longtemps joué sur son image de 7 membres (l’album 7, les chansons Sieben Köche ou 7 Brüder…), mais en 2021 le groupe perd un de ces membres qui ne sera pas remplacé : Boris Pfeiffer, qui a joué de la cornemuse et de la nyckelharpa de 1997 à 2021. Il quitte le groupe en Mai 2021, de manière brutale, sans plus d’explication que « d’autres projets et un terrain d’entente qui n’a pas pu être trouvé ». A l’époque, les rumeurs évoquent son engagement contre les mesures sanitaires du Covid en Allemagne, en désaccord avec le reste du groupe.
Quelques mois plus tard, début 2022, Pfeiffer s’effondre dans une manifestation contre les mesures sanitaires liées au COVID-19 à Wandlitz. Il décède le même jour à l’hôpital d’un infarctus du myocarde consécutif à une myocardite. 53 ans. 24ans au sein de In Extremo.
Le plus bel hommage rendu pas le groupe est alors la chanson Feine Seele (Belle âme), dans laquelle Oliver Pade, le leader de Faun vient jouer de la nyckelharpa, comme Pfeiffer en son temps, qui était le seul au sein de In Extremo à savoir en jouer. Une chanson sur le deuil donc, alors que le groupe avait déjà magnifiquement exploré ce triste thème dans leur album précédent, Kompass zur Sonne, avec le titre Schenck Nochmal ein. Feine Seele est le point fort de l’album Wolkenschieber et l’une des plus belles compositions du groupe, qui a tiré des larmes à l’ensemble du public lorsqu’elle a été interprété pour leur concert des 30 ans en 2025, en hommage à Boris Pfeiffer, avec Oliver Pade sur scène. Parce qu’In Extremo est bien plus qu’un simple groupe de troubadours festifs. Ils l’ont prouvé à maintes reprises dans leur carrière et leur discographie, en explorant beaucoup, et souvent, des thèmes bien plus sombres. Et cela n’a jamais été aussi évident qu’ici, pour rendre hommage à leur ami disparu.

5 - Sängerkrieg (2008)
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Sängerkrieg fait référence à un recueil de poèmes datant du XIIIe Siècle, célèbre en Allemagne : le tournoi des troubadours de la Wartburg (der Sängerkrieg auf der Wartburg ou le Wartburgkrieg). Selon la légende, au début du XIIIe S, 6 troubadours / poètes se retrouvent, après une escalade imprévue, à s’affronter dans le concours de celui qui saura le mieux chanter les louanges de son seigneur, le perdant de cette joute devant être livré au bourreau pour y être pendu… Après moultes péripéties, et alors qu’il était seul contre tous, c’est le plus talentueux, Heinrich von Ofterdingen, celui qui attirait initialement la jalousie de tout les autres, qui remporte la victoire finale.
Là, vous espérez tous que j’ai une chute parce que l’intro est comac !
Attendez, laissez-moi finir, je vais perdre le fil !

Donc revenons en à nos In Extremoutons (@AsteR celle-là est pour toi).
Vers la fin des années 2000, la scène Mittelalter-Rock est en plein essor outre-Rhin avec pléthore de groupes qui explosent, dans le sillon tracé par le succès de In Extremo : Subway to sally, Saltatio Mortis, Corvus Corax / Tanzwut… Et tout le monde voulait renverser le roi de manière amicale, ou non. C’est notamment le cas de Corvus Corax / Tanzwut qui ne s’est jamais caché à l’époque de son aversion pour In Extremo, revendiquant la paternité du genre et allant même jusqu’à sortir en 1998 un titre Exkremento, se moquant ouvertement du groupe et de son leader Micha Rhein. Pour preuve, on trouve notamment dans ce titre les paroles suivantes :
« Alle Kraft dem Geld geweiht / Nur um damit Geld zu raffen » (Toute l’énergie vouée à l’argent / Rien que pour amasser du fric) : Référence direct à Micha Rhein et In Extremo qui venait alors de signer un gros contrat avec la maison de disque Universal et commencait à passer à la télévision.
Allez, dernier extrait classe : "Geistlos steht in meinem Schatten. Ein Extremo, lauert geil, Exkremento abzufassen" soit, dans notre langue, "Sans esprit se tient dans mon ombre / Un In Extremo, guettant avec avidité / Pour pondre un « Exkremento » . Une pure attaque frontale de la part de Tanzwut pour affirmer clairement qu’In Extremo n’a rien inventé, restera dans l’ombre de Tanzwut et… ben fait littéralement de la merde… La grande classe…
Nous voilà donc en 2008, In Extremo a écrasé toute la concurrence mais le contexte est plus que tendu, la jalousie plus que jamais présente et, juste à ce moment là, In Extremo décide, plutôt que de répondre par voie de presse, de sortir cet album, avec la chanson homonyme Sängerkrieg, où ils règlent poétiquement leurs comptes.
Florilège d’extraits de cette chanson :

  • « Damals wie heute zanken die Barden / Wie Walter und Neidhardt vor achthundert Jahren » (Hier comme aujourd’hui, les bardes se chamaillent / Comme Walter et Neidhardt il y a huit cents ans)
  • « Den Sängerkrieg der eine gewonnen meint / Vom Anderen als Verlierer beweint / Und wo man glaubt den Sieger zu sehen / Sieht man ihn gebläht ganz unten stehen » (L’un croit avoir remporté le concours de chant / Tandis que l’autre le pleure comme un perdant / Et là où l’on croit voir le vainqueur / On le voit, gonflé d’orgueil, tout en bas)
  • « Ich klau euch ne Leiter bis weite in den Himmel / Und küss für euch das Mondgestein / Der Platz ist eng auf jenen Sprossen / Nur einer kann gen Himmel fliehen / Verdammt wir haben dieses Glück genossen / Ein In Extremo, der wird niemals knien » (Je vous vole l’échelle qui monte loin dans le ciel Et j’embrasse pour vous la lune. La place est étroite sur ces échelons / Un seul peut s’enfuir vers le ciel / Bon sang, nous avons savouré cette chance / In Extremo, lui, ne s’agenouillera jamais)
  • Avec hauteur, In Extremo chantera même : « Die Welt ist endlos wie man sieht / Sie birgt nicht nur den einen Schatz / Ein Jeder singt sein eigen Lied / Auf der Wartburg hatten alle Platz » (Le monde est infini, comme on peut le voir / Il ne recèle pas qu’un seul trésor / Chacun chante sa propre chanson / À la Wartburg, il y avait de la place pour tout le monde) appelant ainsi à l’unité dans leur propre genre.

Le résultat ? le premier album du groupe et, du genre, numéro 1 des charts en Allemagne.
Drop the mic, game over.
En dehors de cette magnifique joute à inspirations historiques, cet album est une réussite. Bien que contenant beaucoup de titres beaucoup plus doux qu’à leur habitude, il constitue avec son successeur, Sterneneisen, une superbe continuité à Mein Rasend Herz et également une ouverture à un public plus large, sans renier ses fondamentaux. Il contient aussi Frein zu sein, qui est l’un des hymnes de In Extremo les plus efficaces en live, le très dynamique En Esta Noche, avec Mago de Oz en guest, et l’apaisante et surprenante Zauberspruch (Sortilège).

Beau joueur, In Extremo invitera tout de même Tanzwut à jouer pour leur 30ans de carrière. Tout en bas du Running order…

« Nur bescheiden ist ein Sieger edel / Dann strahlt er von der Sonne beschienen / Was soll’s so ist nun mal die Regel / Ein In Extremo, der wird niemals knien », conclut la chanson Sängerkrieg.
(Seul un vainqueur modeste est noble / Alors il rayonne, baigné par le soleil / Et puis quelle importance, c’est comme ça que ça marche / In Extremo, lui, ne s’agenouillera jamais).

4 - Sterneneisen (Le fer des étoiles), 2011
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Premier album pour le p’tit jeune et nouveau Specki TD à la batterie après le départ de Reiner Morgenroth (Der Morgenstern), batteur d’In Extremo depuis sa création, qui a quitté le groupe à l’amiable en 2010. Profitons en pour saluer la très faible rotation d’effectif du groupe avec 4 membres, encore présents aujourd’hui, qui font parti du groupe depuis 1996 : Micha Rhein bien sûr, Kay Lutter à la basse, Dr Pymonte à la cornemuse, harpe et un tas d’autres instruments et Maro Zorzytzky à la cornemuse. Lange à la guitare est présent depuis 99 et donc Specki à la batterie depuis 2010.
Cet album, comme le précédent Sängerkrieg, sera également numéro 1 des charts en Allemagne dès sa sortie. D’une production impeccable et bien plus percutant dans sa globalité que Sängerkrieg, c’est un album taillé pour être joué en live, qui commence très fort avec la claque d’entrée Zigeunerskat (Le Skat des Gitans). On sent dans Sterneneisen une volonté de se tourner vers un album avec beaucoup plus d’énergie et de rythme, tout en gardant un parfait équilibre rock / folk médiéval. In Extremo semble avoir pris la mesure de son propre phénomène, et de ses incroyables prestations live, en voulant sortir un album permettant de pousser encore plus loin les déluges de pyrotechnie et l’ambiance survoltée de leurs concerts. Si aucun titre n’est à jeter dans Sterneneisen, j’ai une attention tout particulières pour les chansons festives mais méconnues Gold et Unsichtbar (Invisible), et les plus touchantes Siehst du das Licht (Est-ce que tu vois la lumière ?) et Hol die Sterne (Décroche les étoiles).

3 - Quid Pro Quo (2016)
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Après un Kunstraub plus « Rock », et parfois jugé un peu trop accessible par certains fans, In Extremo revient en 2016 avec une intention claire : un retour aux sources sans rien renier de son parcours. Quid Pro Quo est un album dense, sombre par moments, mais incroyablement généreux. Le résultat est au rendez vous, avec un retour à la première position des charts allemands. C’est aussi l’album des retours aux langues étrangères et aux adaptations de textes anciens : de l’estonien ancien sur Pikse Palve (une prière païenne au dieu du tonnerre, titre qui rappelle les origines médiévales du groupe et qui clôture, depuis, tout les concerts du groupe), du vieux gallois avec Dacw Nghariad (Là-bas se trouve mon amour) et même du russe avec Черный ворон (Corbeau noire) et ses chœurs d’inspiration cosaque (rare pays non germanique où le groupe a toujours été très populaire). Autre preuve de ce retour aux origines, le titre Palästinalied 2 est une suite et un hommage au titre Palästinalied de l’album Weckt die Toten de 1998.
L’album Quid Pro Quo débute fort avec, Störtebeker, un hymne festif dédié au célèbre pirate allemand Klaus Störtebeker. Rythme soutenu, riffs incisifs, cornemuses, pré-refrain chanté où Micha Rhein s’énerve en accélérant le chant, refrain en chœur, pont intégralement à la cornemuse et la batterie : pas de toute, c’est du In Extremo pur jus qui coche absolument toute les cases. Derrière, suit le titre Quid Pro quo, fait pour être entonné en chœur avec le public, bien qu’il s’agisse d’une critique acerbe de notre société mercantile et dominée par le rapport à l’argent au détriment de tout le reste.
Dans un album d’une grande richesse, on notera 4 autres titres qui sortent particulièrement du lot :

  • Lieb Vaterland, Magst Ruhig Sein (Chère patrie, sois tranquille) : Si Rammstein avait fait du folk metal, ça aurait sûrement sonné comme ce titre avec un petit côté metal industriel et une morale anti-guerre.
  • Flaschenteufel (Le diable en bouteille) : Le titre le plus (folk) metal du groupe, avec le chanteur Marcus Bischoff de Heaven Shall Burn qui vient poser du chant guttural dans un titre de In Extremo !
  • Sternhagelvoll (Complètement bourré) : Véritable hymne de fin de soirée, et donc de fin de concert pour In Extremo, où tout le monde se prend par les épaules et chante sur ce rythme lancinant mais entrainant.
  • Moonshiner : Ballade qui prend un sens totalement différent lorsque l’on prend le temps de lire les paroles… Il n’est en effet pas question d’évoquer un amour perdu au clair de lune, mais plutôt de déclaration d’amour envers l’alcool de contrebande, le Moonshine !

Un excellent album donc, le premier que j’ai pu écouter à sa sortie, ayant découvert le groupe juste après Kunstraub. C’est également le premier dont j’ai impatiemment attendu ladite sortie, guettant alors la moindre nouvelle sur internet d’un groupe qui a une communication 100% en allemand et qui était très très diffuse, voir, inexistante à l’époque (aujourd’hui ils semblent maitriser bien mieux les réseaux sociaux, bien qu’étant très loin de leurs descendants plus adeptes de l’exercice comme Feuerschwanz…). A sa sortie, je n’avais même pas pu acheter l’album en physique en magasin car, qui vend du In Extremo en France ! Il reste donc paradoxalement l’un de mes albums préférés, d’un groupe dont je suis fan, mais aussi leur seul album que je ne possède pas encore en version physique !

2 - Kompass zur Sonne (Boussole vers le soleil), 2020
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J’ai déjà pu parler de cet album à plusieurs reprises et particulièrement du contexte de sa sortie, intrinsèquement lié avec sa position dans ce classement. En effet, Kompass zur Sonne est un album sorti en Avril 2020, en plein confinement. Commandé dès que possible, il m’a donc été livré au petit appart de ma femme, en banlieue parisienne, lieu que j’avais choisi pour le confinement. Il représente donc beaucoup de choses pour moi : le soleil déjà, les couleurs jaunes et bleus, que ça soit de part son titre mais aussi de par la magnifique météo du moment de sa sortie et du ciel que je pouvais regarder par la fenêtre en l’écoutant. Plus que cela, c’est aussi l’album du crash test avec ma femme, copine alors : notre première cohabitation ensemble et se retrouver « coincer » ensemble dans un petit appart alors que nous n’avions jamais vécu ensemble. Et bien que j’essaie de classer ces albums avec le plus d’objectivité possible, la musique est aussi, et avant tout, un vecteur d’émotions et un formidable moyen de transporter et de se remémorer des souvenirs. Et, quand c’est le cas, il est très dur, et même un peu futile, d’essayer de détacher un album de ce sentiment. Voilà pourquoi vous trouverez Kompass Zur Sonne, qui est un très bon album quand même, aussi haut dans mon classement et très rarement à ce niveau dans d’autres classement de fan de In Extremo (et oui, ça existe !).
Sinon, pour revenir quand même un peu à la musique, il s’agit d’un album sans faute, avec un parfait équilibre rock et folk. Le titre Kompass zur Sonne reste l’une de mes chansons favorites du groupe. On trouve, bien évidemment, des chansons assez festives comme Lügenpack (Tas de menteurs) ou Biersegen (La bénédiction de la bière) mais aussi des textes engagés (Saigon und Bagdad), des morceaux tirés de textes anciens en latin (Salva Nos), un très beau titre sur le deuil (Schenk nochmal ein, Ressers moi un verre) et aussi la très sous estimée Wer kann segeln ohne Wind (Qui peut voguer sans vent ?), reprise d’un chant traditionnel suédois sur laquelle Johan Hegg de Amon Amarth vient poser sa voix si particulière sur ce rythme si lancinant, se mariant parfaitement avec la voix, elle aussi si reconnaissable de Micha Rhein.

1 - Mein rasend Herz, (Mon cœur qui bat à toute vitesse), 2005
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DAS MAGNUM OPUS. Si je ne devais en garder qu’un, au final il ne resterait que Mein Rasend Herz. J’ai découvert In Extremo avec le titre Horizont, à une époque où j’essayais d’écouter tout les groupes d’une obscure liste de groupes de folk metal que j’avais du voir sur Wikipedia. Ce titre avait été une révélation. Je m’étais empressé d’écouter l’album en entier. Une claque absolue. Je venais de tomber dans un univers qui allait, alors, faire plus que me suivre : il allait faire partie intégrante de mon identité. Quand j’écoute cet album, j’ai encore un tas de souvenirs qui me reviennent : le début de la fac et de ma relation avec celle qui est maintenant ma femme, le froid de l’hiver Clermontois quand je me levais le matin pour aller au campus, avec cet album qui tournait en boucle dans mes oreilles. La liberté, l’insouciance, la joie de découvrir un pan de musique qui m’était inconnu et qui allait devenir mien. En dehors de cette nostalgie, que reste t-il de cet album ? In Extremo au sommet de son art. Un mélange parfait entre passé et présent. Un retour à un album beaucoup plus folk que 7 et que des merveilles dans ces 12 morceaux, avec notamment un trio de chef d’œuvre du groupe : Rasend Herz, Nur ihr allein (Rien que vous) et bien évidemment Liam, qui reste, encore aujourd’hui, ma chanson préférée de In Extremo. Le groupe a toujours coutume de commencer ses albums très fort mais Raue See frappe encore plus d’entrée que d’habitude. Sur cet album, Micha Rhein atteint le sommet de son art et le travail de Dr Pymonte est plus présent que jamais, nous sortant sans cesse des sonorités et des instruments venus d’ailleurs (parfois même construit par lui même pour l’occasion). In Extremo continue de nous faire voyager, entre Allemagne, Irlande avec même une (légère) excursion asiatique avec le titre Singapur. Comme à leur habitude la setlist est un savant mélange de travail d’écriture et un travail d’adaptation de textes historiques, le groupe chante en allemand, en haut allemand (Wessebronner Gebet), en vieil occitan (Poc Vecem), en gaélique irlandais (Liam) et même en vieux français (avec un Fontaine La Jolie au succès encore une fois relatif dans notre langue, du au très fort accent germanique de Micha Rhein et à sa méconnaissance totale de notre langue, chantant en phonétique…).
Cet album est une pierre angulaire du Mittelalter-Rock, du folk metal en général et même tout simplement du rock outre-Rhin, tant le groupe a dépassé les frontières de son propre genre depuis, au point de devenir une véritable institution dans son pays.
Respekt, Glückwunsch und einfach nur: Danke euch!

Das Ranking im Überblick :
1 - Mein Rasend Herz (2005)
2 - Kompass zur Sonne (2020)
3 - Qui Pro Quo (2016)
4 - Sterneneisen (2011)
5 - Sängerkrieg (2008)
6 - Wolkenschieber (2024)
7 - Sünder ohne Zügel (2001)
8 - 7 (2003)
9 - Kunstraub (2013)
10 - Verehrt und Angespien (1999)
11 - Weckt die Toten! (1998)
12 - Hameln (1998)
13 - Die Goldene (1997)

12 « J'aime »

Après un premier post, et la relecture du topic préconisant un top par semaine, j’ai longuement hésité. La maitrise et la connaissance de mes co-forumers est exemplaire, et leur niveau d’écriture et de passion bien trop élevé pour moi.

Dès lors, comment partager un nouveau groupe ? Eh bien en prenant le contre-pied de l’excellence et de la maitrise au long court : Voici le top d’un des plus grands groupes fondateurs d’un style à eux seuls : Les Sex Pistols (et leur unique album) !

- Top 1 – Never Mind The Bollocks, Here’s the Sex Pistols (1977)

Eh oui, avec le Punk, comme dans l’Evangile de Mathieu ou la chanson de Céline Dion, les derniers seront les premiers. Sorti en 1977, NVM the bollocks est donc l’unique album des pistols, leur seul, et l’album fondateur (du moins pour la presse et le grand public) d’un style entier.

Et pourquoi est-il le premier ?

  • Car il s’agit d’un album efficace, classique, énervé. Il cristallise une énergie et la révolte d’une jeunesse que l’on n’a pas retrouvée depuis, sauf dans la sphère électro ou, éventuellement, rap, avant leur récupération. Fondateur du Punk, il est aussi fondateur du No Future, et promeut ce sarcasme agaçant et ricanant qui énervent souvent ceux qui cherchent un sens au Punk.
  • L’album est souvent vendu comme un album de néophytes, qui ne savaient même pas tenir une basse ou une guitare, ce qui est assez faux. L’ensemble est, surtout pour l’époque, bien joué, bien enregistré, bien mixé. Il comporte en outre une dose de tubes que l’on ne retrouve que rarement (peut être chez Joy Division, qui sont assez proches au final). Il y a bien entendu Anarchy in the Uk, le God Save the Queen, mais aussi Problems, Pretty Vacant, Holidays in the Sun. Bref, peu de remplissage dans les 12 pistes de l’album.
  • La rébellion apparait aujourd’hui assez sage, mais le contexte en 1977 était différent. Les Beatles ou Elvis critiqués pour leur coupe de cheveux, c’était il y a, à peine 15 ans. Et les conséquences de l’opposition étaient réelles : Boycott, interdictions de jouer, concerts annulés, interdiction de radio. Dans une époque sans réseaux sociaux, sans maitrise et soutien la sanction pouvait être immédiate.
  • L’influence. Un album simple, unique, qui a crée un genre à lui seul, repris par des dizaines et des dizaines de groupes, cité comme influence du grunge, du hardcore, et de tant d’autres. La légende, largement amplifiée, rappelle qu’il n’y avait pas grand monde aux concerts, mais que chaque membre du public a créé un groupe.

Et pourquoi est-il le dernier ?

  • Un album unique est forcément le meilleur de la discographie. Par parallélisme, c’est aussi le pire. Et, en effet, si l’album est bien produit, il y a peu de remplissage, mais il y en a quand même.
  • La posture. Comme dit au-dessus, la conséquence d’un boycott étaient réelles. Sauf soutien (celui de Malcolm Mc Laren), sauf s’il ne s’agit que d’un plan com’ sacrément bien organisé autour de ce qui n’est qu’un boysband de rebelles. Et la reprise du groupe et de leur imagerie par tous les modeux et pubards des années 80, la pseudo rébellion du public qui souhaite plus que tout rester dans la norme de sa contre-culture rappelle la culture MTV et, aujourd’hui, celle des festivals.
  • La récupération, conséquence du point au-dessus, par tout et n’importe qui, jusqu’à l’écœurement (comme les reprises folk de NTM).
  • Les thèmes. L’opposition au système fonctionne, la critique caustique et moqueuse fonctionne et est intemporelle. Les blagues homophobes, les allusions sexuelles qui sentent bon le glam metal ont beaucoup moins bien vieillies.
  • Ils n’étaient pas réellement les premiers. D’autres, comme Sham69 ou d’autres ont pu démarrer plus tôt, mais sans soutien, ça a forcément moins bien marché. Mais ça dure également depuis plus longtemps.

Au final, malgré ces défauts et l’aspect produit marketting, j’en garde quand même beaucoup de positif et vous invite à remettre une oreille dessus, ça ne dure que 30min, et c’est bien plus agréable que ce qu’ils nous font en live aujourd’hui.

7 « J'aime »

Merci tout d’abord pour cette proposition qui m’amène à me replonger tête la première dans une discographie que je connais par cœur… et à me laisser retenter par les albums du groupe qui ne figurent pas en tête de mon classement !

Lofofurieuse je suis, Lofofurieuse je reste.

Lofofora, c’est le premier groupe que j’ai vu en concert (si l’on excepte Henri Dès). C’était le 12 avril 1997 (La Fabrique, Saint-Astier, Dordogne). Et je ne les ai jamais lâchés depuis : les tauliers, ou plutôt les pionniers de la fusion à la française, m’accompagnent depuis l’adolescence, soit une bonne trentaine d’années donc. Et je me débrouille à les retrouver sur scène tous les 2-3 ans.

Alors forcément, lorsqu’on propose de classer leurs albums, l’exercice m’oblige à faire des choix. Et choisir, avec Lofofora, pour moi c’est déjà renoncer à quelques madeleines.

Mais avant de classer : c’est quoi Lofo ? Pour les plus jeunes, les distraits et les allergiques à la chanson engagée, les parisiens de Lofo ont bâti leur réputation sur des sections rythmiques aussi explosives que tribales, des riffs lourds et incisifs, et des paroles au vitriol débitées par le crooner le plus écorché de la scène metal française. De Lofofora en 1995 à Cœur de cible en 2024, 11 albums jalonnent l’histoire du groupe, une histoire faite de changements de line-up, de tentatives de renouvellement et de retours aux sources, avec un sacré pas de côté au milieu du gué.

Surtout, c’est une histoire qui ne ressemble qu’à elle-même. Car ce n’est pas le manque d’identité que l’on peut reprocher à Lofo ! C’est presque l’inverse : quand le groupe reste fidèle à sa formule, les critiques leur reprochent de tourner en rond et lorsqu’il prend le risque d’en sortir, on leur en veut de s’éloigner de ce qui fait leur force. Bref, qu’on les aime ou pas, qu’on le veuille ou non, Lofofora se distingue par une cohérence artistique et un impact puissant dans la sphère du metal français : quoi qu’ils fassent, ils restent Lofofora.

Voici donc mon classement. Ce n’est pas celui de la critique, ni des historiens de la musique, encore moins celui qu’il faudrait graver dans le marbre – le podium n’a cessé de varier au cours de la rédaction – mais c’est le mien, avec mes obsessions, mes déceptions et quelques morceaux que je chanterai encore après la fin des temps, quand je boufferai des pissenlits par la racine.

:1st_place_medal: Catégorie OR : les chefs d’œuvre vers lesquels je reviens volontiers

  • Lofofora** (1995) : le coup de foudre fondateur**

C’est un carton plein : que de pépites sur cet album ! Qu’il s’agisse de « Holiday in France » que je ressors chaque été (vous souvenez-vous du clip diffusé la nuit sur la 6*e* chaîne?), de « No facho » ou « Justice pour tous » que j’ai toujours autant de plaisir à scander en concert, ou de « Elvis (Martyr et tortionnaire) » dont le texte continue de me frapper par sa justesse… Et puis il y a « Subliminable », injustement peu connu - il fallait passer après « L’œuf » - où se déploie l’influence d’Edgar Mireux, l’ancien batteur plutôt orienté jazz, ou encore « Nouveau monde » toujours furieusement actuelle, tout autant que « Irie Style » que je trouve particulièrement envoûtante…

C’est un album auquel je ne reviens pas forcément souvent, mais toujours avec beaucoup de plaisir. On y trouve cette alchimie assez improbable : c’est aussi lourd que groovy, brutal mais ouvert, cohérent dans la diversité, presque métissé. C’est probablement la raison du succès du groupe à ses débuts, tant l’album relève du coup d’éclat : Lofofora ne cherche pas sa formule, il nous la jette à la gueule. Plus rustre et naïf que les deux albums qui vont suivre, il est aussi plus viscéral : c’est l’album du corps, de l’énergie, du mouvement, celui qui contribue à installer Lofofora comme l’un des groupe fondateurs de la fusion française et qui annonce, de près ou de loin, une bonne partie de ce que la scène hexagonale va produire ensuite (je pense en particulier à Watcha et autre… Gojira). Un monument donc. Et un monument qui, avec le recul, me paraît encore plus important aujourd’hui qu’à l’époque.

  • Vanités** (2019) : le retour aux sources sans retour en arrière**

L’attente était d’autant plus forte que cet album paraît après la parenthèse acoustique (voir plus bas). On y retrouve la force mécanique du groupe, légèrement assagie par l’âge – mais heureusement pas par la sagesse - soulignée par une double pédale qui cogne, des lignes de basse bien présentes et cette capacité à faire groover la violence.

C’est une synthèse particulièrement réussie : un retour aux sources sans nostalgie, une recette de famille parfaitement maîtrisée, réalisée avec des ingrédients aussi rustiques que savoureux, une voix toujours plus efficace et une fusion qui laisse poindre quelques élans proches du stoner.

Mais c’est surtout l’album qui contient la meilleure minute de Lofofora. Entre 2’14 et 3’14, le titre « Le refus » fait écho à ce que j’ai de plus intime : une minute seulement, mais une minute qui, à elle seule, mérite que je revienne à cet album. Alors, même si vous n’aimez pas Lofofora et que mon classement ne vous donne pas envie de leur donner une chance, écoutez donc au moins ce passage ! Et puis… peut-être que… qui sait ?

  • L’Épreuve du contraire** (2014) : la cohésion affirmée**

Après deux albums où le groupe semble avoir été en quête d’un nouvel équilibre, on a l’impression que l’esprit, éparpillé façon puzzle, retrouve son ancrage. L’écriture est redoutable d’efficacité, la fusion qui fait l’ADN du groupe réapparaît sans tourner à la photocopie, avec des tempos variés, souvent groovy, et le chant de Reuno se promène avec une aisance impressionnante entre rage, phrasé et mélodie.

J’en retiens le titre « Pyromane » dont le rythme lent compense à peine la violence des paroles et nous oblige à jeter un œil dans un miroir déjà bien fissuré. Et puis il y a « Notre terre », qui clôt l’album sur une note presque lumineuse, un appel à l’espoir qui me laisse régulièrement avec cette petite larme au coin de l’œil. C’est un album équilibré. Et surtout un album qui scelle la cohésion d’un line-up stabilisé.

  • Le Fond et la Forme** (2003) : le changement sans reniement**

La puissance de l’intro tribale annonce immédiatement la couleur : la force rythmique est toujours là ! Elle porte des morceaux comme « Social Killer » ou « Ici ou ailleurs », tandis que le titre « Autopilote » rappelle que, chez Lofofora, le fond et la forme sont intrinsèquement liés. Le groupe a changé de line-up avec les départs de RidFa et Edgar, remplacés par Daniel et Pierre Belleville. Forcément, ça s’entend : une nécessaire adaptation traverse l’album, parfois peu perceptible, parfois davantage, mais elle n’en donne pas moins un résultat largement à la hauteur.

C’est probablement l’album qui a le plus divisé la critique : comment continuer à être Lofofora après avoir perdu une partie de ce qui constituait sont identité historique ? De mon point de vue, la réponse est plutôt convaincante : en changeant sans se réinventer artificiellement.

  • Peuh !** (1996) : la madeleine**

L’album de mon premier concert, ouvert sur « Jazz Trash Assassin » dont je réentends l’introduction dans toute sa tension. Une production colossale, un groove massif, des structures musicales qui flirtent avec le thrash progressif (c’est possible ça ?) et une énergie qui n’a rien perdu de son pouvoir de frappe. C’est un véritable chef-d’œuvre…

Mais ! Je l’ai tellement poncé cet album que certains morceaux sont désormais associés à mes excès de jeunesse, de l’écoute en boucle jusqu’à ce titre partagé avec Ekova, sorte d’ode – explosive – à la nature. L’excès a ses revers : je l’ai tellement écouté que j’en frôle l’overdose ! Et je le trouve peut-être un peu trop dur pour être tout en haut de mon classement : j’aime quand Lofofora me laisse une petite fenêtre ouverte sur l’espoir, ma naïveté ou ma légèreté… comme un antidote nécessaire à la violence du traitement. Peuh ! reste un album emblématique, mais trempée dans l’arsenic, la madeleine n’est pas du meilleur goût.

  • Dur comme fer** (1999) : le clair obscur**

Sombre, dur, tranchant. Astringent même !… Lofofora entre dans une autre lumière – ou plutôt une autre obscurité. L’album est abrasif, parfois franchement rugueux, mais il me paraît inégal aussi, comme l’annonce de la fin d’une époque : celle des années 1990, de l’insouciance relative, de la fusion qui cherche encore ses contours.

C’est aussi, me semble-t-il, la première polémique chez les fans avec le titre « P.M.G.B.O. » pour Partouze Musicale Gang Bang Oral ou Lofofora invite les copains de Oneyed Jack, La Calcine, Kabal, Mass Hysteria et LTNO : d’aucuns leur reprocheront ce clin d’œil au rap quand je trouve au contraire que le titre résume ce que Lofofora a apporté à la scène française : la possibilité de mixer les chapelles sans demander sa permission au curé.

:2nd_place_medal: Catégorie Argent : Les classiques que je défends

  • Mémoire de singes** (2007) : la matraque**

Avec « Tricolore » en point d’orgue, Lofofora tape fort. Très fort. Le morceau résume à lui seul une époque où l’on court sur place au point d’en avoir « les idées du fond qui baignent ». « Torture », avec King Ju de Stupeflip, rappelle aussi que la fusion n’a jamais été un simple exercice de style chez Lofofora : elle reste un terrain de jeu.

Mais quelque chose me gêne : l’identité sonore me paraît un peu trop propre, trop nettement inscrite dans le metal, et ne fait pas suffisamment ressortir ce métissage qui constitue pour moi l’une des grande force du groupe.

  • Cœur de cible (2024) : la dernière bouchée, pas totalement digérée

La prod est beaucoup plus propre que sur les albums précédents, jusque dans la voix qui me paraît parfois presque lisse. Cela n’empêche quelques clins d’œil bien sentis au bon vieux punk des familles et, surtout, Lofofora reste fidèle à ce qu’il sait faire : cogner sur son époque plutôt que détourner les yeux.

Les textes proposent une nouvelle photo socio-politique du monde contemporain. Toujours aussi actuels, toujours engragés (notez l’happax) mais peut-être un peu moins percutants à mes oreilles. L’album est solide mais pas incontournable dans ma discothèque.

Anecdote tout de même : je les ais vus, accompagnée de mon fils, le 19 avril 2025 (La Fabrique, Saint-Astier, Dordogne) et n’ai pas manqué de montrer à Phil et Reuno le magnifique logo que j’ai dessiné en hommage au groupe (mon avatar ici même) avec, au dos, la liste de tous les concerts auxquels j’ai assisté : séquence émotion !

:3rd_place_medal: Catégorie Bronze : ceux qui m’ont moins convaincue

  • Les choses qui nous dérangent** (2005) : la première déception**

L’album n’est pas mauvais. Justement : c’est peut-être pire ! Je n’arrivais pas à savoir si Lofo avait fait le tour de son discours ou s’il cherchait encore sa nouvelle voix. L’album est plus punk’n’roll, parfois presque festif – peut-être un peu trop pour moi. Les titres « Enfant du chaos » et « Le pire » restent des signatures mémorables, avec cet esprit punk qui atteint son apothéose dans l’hymne « Buvez du cul ».

Mais je leur préfère le « Mea Culpa » qui résonne presque comme un testament créatif de tournant de carrière, ou la tension latente et ascendante de « Quelqu’un de bien ». Il y a aussi plus de ballades dans cet album : quelque chose commence à se déplacer vers ce qui pourrait être le début de la maturité.

  • Monstre ordinaire** (2011) : la morsure bénigne**

Nouveau changement avec l’arrivée de Vincent derrière les fûts dans un line-up qui n’a plus changé depuis 2009, nouvelle transition. Le son est moins gras mais plus lourd. Sur le papier, tout devrait fonctionner. Et pourtant, c’est l’autre déception de ma discographie. A croire que c’est moi qui ai un problème avec le changement… Mais non.

J’ai l’impression de tourner en rond et d’avoir besoin de plus. Plus de relief, plus d’écarts, plus de ces petits grains qui font dérailler la machine. A croire que le monstre a manqué de folie.

J’en retiens malgré tout le titre« Elixir », concentré d’énergie qui réunit une bonne partie de ce que j’aime chez Lofofora : des paroles qui claquent comme une fessée, des changements de rythme comme lors d’ébats amoureux, de la tension comme celle causée par le manque ou le stress et surtout un potentiel de partage en live qui devrait être remboursé par la Sécurité sociale.

:trophy: Hors catégorie

  • Simple Appareil** (2018)** : le pari un peu fou

Quelle prise de risque !! Tandis que Vincent parcourait l’Asie à vélo avec son amoureuse, il était remplacé par Kevin Folley (Benighted mais pas que) pour l’album et la tournée associée. Le titre dit tout : mise à nue, dépouillement, disparition des grosses couches de metal dans un album qui nous amène bien loin des terrains habituels du groupe et rend un bel hommage, aussi inattendu que sincère, à la chanson française.

L’émotion est d’autant plus forte à l’écoute que cet album est lié pour moi à un souvenir très particulier. Je me souviens avoir dû quitter le petit théâtre où j’assistais - assise ! - à ce concert. J’avais laissé, pour la première fois, ma petite alors âgée de 4 mois et demi…. Elle venait pourtant d’être traumatisée avec nous par l’ambiance d’inondations meurtrières une dizaine de jours auparavant. Quelle quiche quand j’y pense ! Evidemment, ma mère n’a pas réussi à l’apaiser et j’ai dû rentrer en catastrophe… Pendant qu’elle s’apaisait contre mon sein, Môsieur retournait sur place, à ma demande, profiter de cette vague d’émotions non saturées. Forcément, après ça, difficile pour moi de considérer cet album comme un simple exercice acoustique.

  • Et puis il y a Reuno

Si vous m’avez suivie jusqu’ici : bravo !

Et même que si vous en voulez encore un peu, je ne saurais trop vous inciter à écouter et/ou lire les textes de Reuno. Aspirant troubadour, quelque part entre Brel et Bashung, il a fait de sa plume une véritable marque de fabrique, passant d’une harangue militante, rageuse et brute à une poésie noire, désabusée, puis une forme de sagesse… mais pas trop sage, hein ! La colère politique, elle, n’a jamais disparu.

Le phrasé, souvent haché et extrêmement rapide, entretient une parenté évidente avec le rap français old-school, tandis que le timbre du crooner - écorché vif – rappelle une autre tradition : celle de la chanson réaliste, des voix qui ont du vécu et qui n’ont pas besoin de chanter juste pour dire vrai. Chez Reuno, les slogans frontaux côtoient les rimes, les images et les jeux de mots percutants. Fascisme, crise démocratique, corruption, surconsommation, misère humaine : le décor est rarement réjouissant. Et l’exploration de l’intime vient régulièrement rappeler que, derrière le constat, il y a toujours quelqu’un qui prend les coups.

Les phrases les plus courtes sont scandées en concert comme autant de slogans : un comble pour ce groupe anti-système ! A moins que ce ne soit une ultime pirouette ? C’est ce qui me fascine chez Reuno : il a réussi à devenir une figure poélitique (notez l’hapax) sans cesser d’être punk, dans une trajectoire liant indignation frontale, provocation outrancière, critique radicale, portrait social, colère lucide et poésie militante. Au fil de Lofofora, l’écriture de Reuno est passée de la dénonciation vulgaire à quelque chose de littéraire, plus intime, une invitation au voyage cérébral et spirituel. C’est probablement là que se situe sa singularité : Reuno a vielli sans devenir sage. Et je l’en remercie.

16 « J'aime »

Nouvelle semaine nouveau classement/tier-list !

Aujourd’hui je m’attaque à la discographie de mon artiste récent préféré : Perturbator.

Perturbator à une discographie particulière ; dans chaque album on voit l’évolution de son style. Il a commencé avec de la synthwave plutôt sombre tout en passant par la darksynth (genre dont il est le maître), l’électro indus, la darkwave/gothique et même le métal indus ou le post métal dans son projet en collaboration avec le chanteur de Cult Of Luna.

Chaque album est différent du precedent tout en gardant cette nappe de synthé aérienne bien spécifique à Perturbator.

Sans plus attendre, voici la tier list :

Explications des tiers :

Perturbatop : Intouchable, le top de Perturbator

Perturba roi : Pas le meilleur, mais presque

Perturbatoré : Très solide, ça brille

Perturbas mal : Correct sans plus

Perturbàterre : Fallait bien commencer quelque part

Final Light : Inclassable

Classement :

1- Lustful Sacraments (2021)

Mon album préféré de Perturbator, c’est pourtant l’album le plus éloigné de la synthwave classique, on est plus sur un album darkwave, rock gothique, EBM… C’est ça qui me plait dans cet album, c’est un album résolument gothique. On sent toute la mélancolie dans l’album, avec les thèmes abordés ; la solitude, la depression, la religion, les addictions. Comme tous les albums de Perturbator il raconte une histoire, celui ci se passe dans la ville de Xanadu, une ville cyberpunk fictive ou règne la décadence. D’où l’ambiance de l’album.

Pépites de l’album : Excess, Messalina, Messalina, God Says.

2- Age of Aquarius (2025)

Ici nous avons un album plus hybride de Perturbator, mais probablement celui qui définie le mieux ce qu’est le son Perturbator, on passe de la darksynth au cyberpunk, en passant par l’électro le métal indus et l’ambiant. Ici ça parle de guerres, de spiritualité, de la violence, un album assez philosophique en soit. On a des musiques clairement plus lourde que dans Lustful Sacraments, des nappes qui rappellent beaucoup son EP New Model. Cet album c’est vraiment un condensé de ce que Perturbator fait de mieux.

Pépites de l’album : Venus (feat Author & Punisher), Mors Ultima Ratio, Age Of Aquarius (feat Alcest)

3- New Model (2017)

Cet album/EP marque un vrai tournant dans la discographie de Perturbator, c’est dans cet album qui abandonne les synthé typés nostalgie des années 80, et sort des synthés bien plus agressifs, et sombre. Cet album est clairement un album d’électro indus. Dans cet album Perturbator nous pose la question ; Que se passe t’il quand l’humain accepte de devenir une machine ? Cela donne un album sombre froid, déshumanisé, sans aucun chant.

Pépites de l’album : Tactical Precision Disarray, God Complex

4- The Uncanny Valley (2016)

Pour beaucoup l’un des meilleurs albums de darksynth qui existe. Car là on est en plein dedans, un bon exemple de ce qu’est la darksynth. Le titre de l’album fait référence à la vallée de l’étrange, concept psychologique lorsque qu’un robot ressemble presque parfaite à un humain, mais que ses légères imperfections donne une impression d’horreur. Dans cet album Perturbator nous parle justement de ça, quand est-ce que les machines vont finir par devenir « humaines ». C’est l’album à recommander pour rentrer dans l’univers de Perturbator.

Pépites de l’album : Neo Tokyo, Death Squad, Venger (feat Greta Link)

5- Dangerous Days (2014)

Le plus gros succès de Perturbator à ce jour, oeuvre centrale de son univers. Cet album est construit comme une OST d’un film cyberpunk imaginaire. Dans cet oeuvre, la technologie à dominé le monde, les machines et les technologies sont devenues tellement avancées qu’elles sont comparables à des humains. Une question se pose : Si les machines pouvaient ressentir comme nous, croiraient elles en un dieu ?

Pépites de l’album : Future Club, Humans Are Such Easy Prey, Complete Domination (feat Carpenter Brut)

6- Sexualizer (2013)

C’est l’EP qui a fait connaitre Perturbator d’une certaine manière, cet EP sort après le jeu Hotline Miami, chef d’oeuvre du shooter 2D avec une OST entièrement synthwave inspiré des années 80. OST dont Perturbator à participé avec notamment le titre Miami Disco. Cet EP sort donc pour donner du contexte à ce titre et le sortir de manière officielle dans sa discographie.

Pépites de l’EP : Miami Disco, Sexualizer

7- I Am the Night (2012)

Cet album est très important car c’est celui de la naissance de l’univers Cyberpunk de Perturbator, cet album montre ce que Perturbator va devenir, la darksynth commence à s’affirmer, l’album est plus sombre. On a des grosses basses synthéthiques, un rythme plus rapide, une atmosphère cyberpunk. Certains morceau de cet album ont aussi été utilisés dans l’OST de Hotline Miami et a donc participé à sa visibilité.

Pépites de l’album : I Am the Night, Technoir, Lilith

8- Nocturne City (2012)

Ici on a un EP particulièrement important pour comprendre son univers. Cet EP pose les bases de la darksynth, il développe davantage la ville nocturne et le cyberpunk. On y trouve notamment Welcome to Nocturne City, qui pose littéralement le décor.

Pépites de l’EP : Welcome to Nocturne City, Night Business

9- Terror 404 (2012)

Le tout premier album de Perturbator. Il représente parfaitement la période où Perturbator construit son identité musicale autour de la science-fiction rétro, de l’horreur et des films de série B. Ici on a plus une identité film d’horreur, inspirée notamment de John Carpenter. L’album sonne très retro très brut.

Pépites de l’album : Payback Pursuit, The Darkest Alleys

10- Night Driving Avenger (2012)

Pas grand chose à dire, c’est le premier EP de Perturbator, de la synthwave très classique. Clairement pas très marquant.

Pépite de l’EP : Electric Dreams

Inclassable : Final Light (2022)

Cet album est particulier, car ce n’est pas un album solo de Perturbator, mais une collab avec Johannes Persson, chanteur de Cult of Luna. Ici on a un album très lourd, c’est un beau mélange entre darksynth, electro indus et post metal. C’est l’album le plus lourd que Perturbator à signé. Si vous aimez Cult Of Luna foncez écouter cet album est une véritable pépite.

Pépites de l’album : TOUT l’album.

15 « J'aime »

Me voilà de retour pour un classement d’un groupe que j’aime d’un amour déraisonnable, mais finalement très récent.

Je ne garde pas plus longtemps la surprise, aujourd’hui, je vais parler de …KoRn! :ear_of_corn: Wow ! Je sais… vous ne vous y attendiez pas! Quelle dinguerie! :scream:

Pour la petite histoire, KoRn, j’en ai bouffé des kilos adolescente, car l’amoureux de l’époque adorait. Moi… j’étais sévèrement allergique. Cacophonie, voix de canard, musique bordélique et charabia incompréhensible, voilà ce que ça m’évoquait. A la limite, y avait bien 3 gars que je trouvais mignons sur les 5 (je sens votre jugement, c’est moche…) mais enfin, de là à me bousiller les oreilles, il fallait pas pousser!

Pendant 20 ans, j’ai fait du refus d’obstacle! Non, KoRn, ce n’était pas pour moi! Je faisais une moue exprimant un vague « Meh… » à l’évocation du groupe.

Bref… Plus de 20 après qu’on ait fait connaissance eux et moi et que je n’ai pas donné suite à la tentative de séduction, je me surprends à me dire qu’après tout, ça ne me coûte rien de donner une nouvelle chance, et que de l’eau a coulé sous les ponts.

Et c’est comme ça qu’après 15 ans à ne plus vraiment écouter de metal, traumatisée que j’étais par l’attente interminable d’un nouvel opus de SOAD, me revoilà à nouveau folle amoureuse, et enfin prête à les aimer en acceptant leurs défauts. KoRn a mis un pansement sur mon coeur de metalleuse contrariée…

Considérant le nombre d’albums, je ferai plus court en description que pour System, sauf pour le top 3!

C’est parti pour les 14 séances de thérapie de Jonathan Davis qui vous emmènera dans les méandres de son esprit torturé!

Un classement 0% objectif, et 100% à l’émotion!

14 - The Path of Totality (2011)

Jonathan Davis veut s’essayer au dubstep car c’est son kiff. Ça n’a pas été le mien. Cet album me refroidit pas mal, mais a le mérite de tenter quelque chose. (J’essaye d’être positive). C’est KoRn version electro. C’en est un ovni que je n’ai absolument pas compris. Pour moi… un grand non.

Mes titres favoris: … Ouille… Allez, Narcissistic Cannibal s’écoute

13 - KoRn: III - Remember Who You Are (2010)

Intitulé Korn III car 3ème album produit par Robinson, qui avait produit Korn (1994) et Life is Peachy (1996), cet album nous permet ce constat: ils ne se rappelaient pas tant que ça qui ils étaient finalement… J’ai du mal avec cet opus, qui m’ennuie profondément. Premier album dont l’enregistrement de batterie est assuré par Ray Luzier, qui avait été recruté pour assurer le rôle sur la tournée européenne en 2007, et qui est le batteur du groupe depuis. Ça ne sonne pas assez sincère à mon goût, le trait est forcé, la montagne a accouché d’une souris… On est tellement loin de Life is Peachy que c’en est insolent!

Mes titres favoris: Let the Guilt Go, Are quoi Ready to Live? (Mais pas tellement sur album… en live plutôt…)

12 - The Paradigm Shift (2013)

Après 8 ans d’absence dans le groupe, le guitariste Head revient, et ça, c’est déjà un motif de réjouissance à lui tout seul! Ça n’en fait pas un album incroyable. Encore trop d’influence électro à mon goût, et l’enregistrement est laborieux, notamment du fait d’interruptions de la part de Davis, qui doit gérer en parallèle la maladie de son fils, et sa propre désintoxication aux antidépresseurs. Ça s’écoute sans enthousiasme incroyable, mais ça repose des bases un peu plus solides qui permettront 3 ans plus tard l’opus « The Serenity of Suffering », qui sera largement meilleur! Le seul vrai point fort de l’album: il y a enfin de nouveau deux guitares!!! Ça « passe ».

Mes titres favoris: Love and Meth, Prey for Me

11 - Untitled (oui… l’album n’a pas de titre) (2007)

Je suis dans l’ensemble réservée sur les albums composés pendant la période de hiatus de Head avec le groupe. Premier album également sans le batteur d’origine, David Silvera, qui aurait été mis à la porte pour des raisons de comportement. Il y a quelques titres sympathiques, mais on sent que quelque chose n’est pas pareil… C’est moins inspiré. C’est la déprime, sans la colère. C’est du KoRn qui n’est pas du KoRn…

Mes titres favoris: Hold On, Kiss

10 - Requiem (2022)

Eh oui! Moi je ne le trouve pas si mauvais que ça le dernier album! Un peu plus solaire que les autres, ça manque un peu de lourdeur et de mélodies marquantes, ça ne révolutionne rien mais c’est globalement mélodique et pas désagréable. On est encore un peu loin du KoRn qui me fout la boule au ventre et les larmes aux yeux, mais ça s’écoute sans déplaisir. C’est mid…

Mes titres favoris: Start the Healing, My Confession, Worst is on its Way

9 - The Nothing (2019)

Dans le KoRn récent, cet album se défend plutôt bien, et j’assume l’apprécier et y revenir régulièrement. On retrouve encore ce côté électro parsemé par ci par là, mais l’ensemble est plus lourd qu’à l’accoutumé si on prend les 15 dernières années en comparaison. L’album, enregistré dans la foulée des décès de la mère et de la femme de Davis aborde à nouveaux des thèmes fort joyeux, et fait office de thérapie, encore et toujours.

Mes titres favoris: You’ll Never Find Me, The Darkness is Revealing, This Loss

8 - See You On The Other Side (2005)

Premier album où James « Munky » Shaffer officie sans son alter ego « Head », tout juste converti au christianisme et un poil excessif pendant quelques années, cet album ne manque pas de qualités, mais moi, je n’aime pas quand les groupes se séparent (le metal est un bonheur en général, mais une souffrance sans nom sur ce sujet…). Je suis trop sentimentale. Un album avec un virage plus pop, moins brut, assez commercial, mais avec d’excellents singles. Et même si j’aime mieux leur son à l’ancienne, il faut accepter que sur 30 ans, on ne peut pas sortir 14 fois le même album. Toutefois, il y a de bons titres qui savent me satisfaire! Un album sympathoche!

Mes titres favoris: Coming Undone, Politics, Twisted Transistor

7- The Serenity of Suffering (2016)

Parce que le KoRn récent a de bonnes choses à proposer, contrairement à ce qu’en pensent certains, et parce que le retour de Head en 2013 a fait du bien. Un album honnête, avec ses qualités et ses défauts, mais je voulais en faire figurer un pas trop vieux dans la bonne moitié du classement! C’est accessible et ça m’a fait headbangé dans mon salon, ça garde pas trop mal l’identité du groupe. Assez mélodique mais qui ne manque pas de sons lourds. Encore un peu de rage et de sale, et on y serait presque. Il y a des titres que j’affectionne beaucoup, et des riffs efficaces. Et Jonathan growle, et c’est certainement une des techniques de chant que je préfère chez lui.

Mes titres favoris: Rotting in Vain (le clip avec Tommy Flanagan est chouette), Insane, Everything Falls Apart, Die Yet Another Night

6 - Take a Look in The Mirror (2003)

Dernier album avec le lineup d’origine, Brian « Head » Welch quittant par la suite le groupe pendant 8 ans, avant de revenir en 2013, après sa conversion surprise pour fuir ses démons, il propose un son bien plus agressif que son prédécesseur. Les tensions entre les membres du groupe se font sentir jusque dans la compo, et leurs producteur les pressent de revenir à un son plus agressif. Donc ça gueule, ça tape fort sur les percus, point de mélodie dans tous ça . Pour ceux qui aiment qu’on leur gueule dessus sans ménagement, mais sans surprise.

C’est pas fin, ça se mange sans faim!

Mes titres favoris: Right Now, Break Some Off, Did My Time, Let’s Do This Now

Là, on rentre dans mon top 5, et donc les albums que j’écoute au moins plusieurs fois dans le mois chacun…

5 - Untouchables (2002)

9ème album le plus cher de l’histoire à produire, il est certainement le plus mélodique du groupe avec Issues, tout en étant bien ancré dans leur identité. J’ai une affection particulière pour cet opus. Je lui trouve beaucoup de bons titres, dont les excellents « Here to Stay », « No One’s There » ou « Hollow Life ». L’enregistrement permet aussi au groupe d’avoir le premier album de rock utilisant la technologie Euphonix R1 Digital Hard Disk Recorder, qui donne un finish son ultra clean. Un album qui me fait chialer à coup sûr! (Cherchez pas, je suis en sucre!), peut-être un poil trop propre et rigide à chercher la perfection sonore. Mais une jolie réalisation. C’est tout beau, c’est tout bon!

Mes titres favoris: Here To Stay, Hollow Life, Wake Up Hate, No One’s There

4 - Follow The Leader (1998)

Appelé ainsi car le groupe en avait ras-le-bol d’être copié par certains (ils disent aujourd’hui avoir compris que c’était flatteur et regretter de l’avoir pris comme ça), Il contient ce qui reste parmi les plus gros bangers de la discographie de KoRn, et du nu metal, avec notamment Freak on a Leash et Got the Life. A écouter absolument pour qui veut les connaître. Mon seul reproche: album trop inégal, avec des vraies perles, et des foirades (« All in the Family » pour ne citer que ça, ils ne manquent d’ailleurs pas de dire qu’ils ont honte d’avoir sorti cette fausse Battle de rap avec Fred Durst - Limp Bizkit- qui part d’un délire en studio). Ça reste du bonheur pour moi, et il contient un de mes titres préférés du groupe (« B.B.K. »). Un subtil mélange à mi-chemin entre Life is Peachy et Issues, entre lesquels il créé une passerelle. C’est KoRn à son apogée en terme d’influence, avec MTV à leurs basques et eux dans leurs frasques. Et c’est un indispensable!

Mes titres favoris: It’s On, Freak on a Leash, Got the Life (le clip est kitschissime, et a tellement été diffusé à la demande des spectateurs sur MTV qu’ils en ont créé une règle sur la limite de diffusion d’un même clip), B.B.K.

3 - Life is Peachy (1996)

Nos amis californiens trouvant que « la vie c’est super! » (nom de l’album, vous sentez le sarcasme?), les revoilà pour un second opus encore plus crade que le premier. A la drogue, la dépression, la colère, le désespoir, vient donc s’ajouter… le sexe! Parait-il que Jon en rêve toute la journée (« A.D.I.D.A.S. »). Cet album marquera l’introduction, puis l’utilisation plus régulière par JD du scat (« Twist »), style de chant issu du jazz, composé d’onomatopées sans aucun sens, et qu’on retrouvera sur plusieurs titres de leur discographie (« Freak on a Leash », « B.B.K. », « Rotting in Vain »…), qui sera adoré par certains, et jugé insupportable par d’autres, mais qui s’inscrira durablement dans l’identité musicale du groupe.

Plus cru que son grand frère « KoRn », il est encore plus foutraque, mais certains titres pèchent un poil à mon goût. Le manque d’inspiration que Davis peut ressentir est d’ailleurs le thème du titre « Ass Itch ». A cette période, les musiciens sont sous substances en permanence. Sexe, drogues et Rock’n’Roll! Sauf qu’ils se foutent sur la tronche parce qu’ils sont à l’ouest 90% du temps, sauf sur scène où ils s’efforcent d’arriver sobres (oui… on ne dirait pas, mais je vous assure que si!)

Et ça s’entend! Encore une belle séance de thérapie rentabilisée, à grand renfort de colère notamment sur « Good God », « Chi » (titre donné en l’honneur du bassiste de Deftones), « Lost », ou encore « Kill You », gentille chanson composée par Davis pour son ancienne belle-mère maltraitante. Jonathan crie, geint, couine, on ne sait plus tellement si c’est du plaisir ou de la souffrance par moment… mais les émotions brutes parlent. Les guitares sont saturées et ça grince, Silvera toujours impeccable à la batterie.

On note l’inspiration hip-hop à nouveau, et la participation de Chino Moreno de Deftones qui vient reprendre « Wicked » de Ice Cube.

Un excellent cru. J’adore cet album, certainement le plus agressif et sale de leur discographie. Il a longtemps été mon chouchou.

Mes titres favoris: No Place to Hide, Good God, Ass Itch, Kill You

2 - Issues (1999)

Introduit par un air de cornemuse, instrument fétiche de Jonathan Davis, multi-instrumentiste, cet album commence par un pur moment de joie de vivre, dans lequel son chanteur nous explique que plus il accomplit de choses, plus il se sent mort à l’intérieur. Cette séance là s’annonce donc encore bien compliquée, et va expurger un bon gros paquet de merde! En même temps, l’album ne s’appelle pas « Happiness ». On avait déjà donc un indice.

Le premier single de l’album, « Falling away from Me », dont la promo s’est fait de manière plutôt originale via un épisode de South Park (KoRn et le mystère mystérieux, avec les membres du groupe en séance d’autodérision qui doublent leurs représentations dans la série), nous narre à nouveau les joies de l’enfance de Davis, battu par son beau-père.

A cette époque, Davis a arrêté la consommation de stupéfiants, et l’alcool, mais c’est pas la forme olympique pour autant. Globalement, le groupe est un peu rincé, tourne beaucoup, tous les membres connaissent plus ou moins des problèmes de couple, comme l’illustrent « Trash », « Make me bad » ou « Somebody Someone », et certains sont encore dans l’enfer de la drogue (qui est remplacée par la dépression pour ceux qui n’y touchent plus).

L’album est plutôt mélodique, et sera accessible à ceux qui veulent tenter l’expérience sans trop de danger, mais en ayant un aperçu net de l’identité musicale du groupe. Le chant est très régulièrement plutôt clean, et les riffs entrainants, sans perdre en noirceur. C’est du sale à apparence propre. Ça parle toujours de sujets déprimants, lourds ou torturés, mais sur des riffs globalement plus propres sans tomber dans le classique.

Et pour info, la pochette a été réalisée par un fan, et retenue par le groupe suite à un concours.

Mes titres favoris: Falling away from Me, Trash, Make me bad, Hey Daddy

1 - KoRn (1994)

Are you Readyyyyyyy?

Quand Jonathan va mal, il fait de la musique, et il nous pond avec ses meilleurs copains un premier album de 65 minutes qui ne te laisse pas le temps de respirer. Difficile à décrire tellement c’est particulier. C’est un foutoir savamment organisé, c’est de la colère, de la folie et de la détresse, de la rage qui cherche un peu de pitié. Ce n’est pas très mélodique, ce n’est pas extrêmement technique non plus.

Certains diraient que c’est de la chouinerie d’ado qui refuse de grandir. Je les inviterai sobrement à écouter « Daddy » et à souffler un grand coup quand il viendra à leur connaissance que le titre parle des abus sexuels subis par Davis enfant (pas par son père contrairement à ce que le titre laisserait supposer). Si on ajoute à cela le harcèlement et les insultes répétés dont il a été victime pendant son adolescence, et qui ont inspiré le titre « Faget », on peut commencer à se dire raisonnablement que… oui, nous aussi on aurait sûrement bien besoin d’exorciser tout ça à sa place. Lui a juste la bonne idée d’en faire de la musique.

Pour moi, cet album est un doudou, un vrai perfect, je n’ai rien à jeter.

La basse claquée de Fieldy, la batterie bien maitrisée et solide de Silvera, les riffs bien lourds et parfois grinçants des deux guitaristes Head et Munky, la voix tantôt enragée, tantôt brisée mais inimitable de Jonathan Davis, tout me rend dingue dans cette pépite qui a une identité que je n’ai jamais trouvée ailleurs. Une ambiance un peu dérangeante et malsaine, menaçante même (à l’image de la pochette qui dégage un certains malaise), qui sait me plaire.

Et pour une première séance de thérapie, JD a vraiment tout donné. Si la douleur morale et l’enfance abusée avaient une BO, ce serait cet album. Pour preuve, le titre « Shoots and Ladders » (jeu de mot sur le jeu de société « Chutes and Ladders », mieux connu chez nous comme « Serpents et échelles »), et sa légendaire intro de cornemuse qui fait gueuler la foule en live à chaque fois, reprend les paroles de comptines chantées joyeusement aux enfants alors qu’elles racontent souvent des choses abominables. Un paradoxe que Davis trouve suffisamment dérangeant pour en faire une chanson.

J’ai personnellement terminé l’album en pleurs la première fois, à cause du dernier titre (« Daddy »), que je n’écoute plus que très très rarement, car je le trouve trop dur, et la crise de nerfs et de pleurs de JD n’est juste pas possible à entendre pour moi.

Une œuvre pas forcément super abordable, vraiment particulière, on aime ou on déteste.

Parce que la musique n’est pas que notre thérapie à nous, ses auditeurs, mais aussi celle de ceux qui la jouent… et parce que cet album lance à lui tout seul le genre du nu metal qui a su attirer à nouveau l’attention sur le metal en général, il sera mon top 1. Et je n’en débattrai avec personne, je vous préviens! C’est mon dernier mot!

Mes titres favoris: Clown, Need to, Faget, Shoots and Ladders, Helmet in the Bush

Dans tous les cas, j’encourage à lire les paroles des titres de cet album pour en tirer quelque chose (et de tout ce que vous écoutez en général…)

Synthèse de mon classement :

1 - KoRn (1994)

2 - Issues (1999)

3 - Life is Peachy (1996)

4 - Follow The Leader (1998)

5 - Untouchables (2002)

6 - Take a Look in The Mirror (2003)

7- The Serenity of Suffering (2016)

8 - See You On The Other Side (2005)

9 - The Nothing (2019)

10 - Requiem (2022)

11 - Untitled (2007)

12 - The Paradigm Shift (2013)

13 - KoRn: III - Remember Who You Are (2010)

14 - The Path of Totality (2011)

Mon péché mignon: leur reprise de « Kidnap The Sandy Claws » de l’Etrange Noël de Monsieur Jack, et celle de « Word Up! » souvent la seule jugée tolérable par ceux qui n’aiment pas le groupe.

KoRn, souvent on aime ou on déteste, mais l’entre-deux est rare.

J’ai détesté longtemps, très longtemps.

Je mourrai en les aimant de tout mon petit coeur, dans lequel il y a désormais une place rien que pour eux.

Alors, à ceux qui lisent ce post, je n’ai qu’une chose à dire : s’il vous plait, redonnez une chance à un groupe que vous n’étiez pas prêts à aimer.

Parfois c’est juste une question de circonstances. Vous êtes peut-être à un cheveux du bonheur! Si mon post pouvait au moins servir à ça… j’en serais la plus heureuse. Trouvez votre petit KoRn à vous!

Je vous laisse, je dois aller allumer un cierge devant l’autel que j’ai dressé en leur honneur! :heart_on_fire:

20 « J'aime »

You wanted the Best !

You got the Best !

The hottest band in the World…

Je me lance dans le classement des albums studios de KISS !

Ce groupe a marqué mon enfance, j’étais fasciné tout jeune (5/6 ans) par les pochettes du groupe en fouillant dans les vinyles de mon père.

La pochette de Alive II avec la photo de Gene Simmons la bouche en sang me faisait froid dans le dos (heureusement qu’il y avait le maquillage de Chat de Peter Criss pour me réconforter ! :smiling_cat_with_heart_eyes:)

Puis adolescent j’ai poncé, reponcé, re-reponcé toute leur discographie, regardé le plus de lives possible, le plus d’interviews et de documentaires.

J’ai aimé ce groupe avec toute la force et la passion que l’on peut avoir adolescent et j’en connais un parmis nous qui doit bien voir de quoi je parle

Puis je me suis petit à petit éloigné tout en gardant une immense tendresse pour eux.

Cet exercice me permet de me replonger dans leur musique, c’est comme revoir un amour de jeunesse.

Mon classement part dans tous les sens en terme de temporalité (c’est une construction à la Nolan) du coup pour les néophytes je vous propose un petit recap’ des membres du groupe !

Les originaux : Paul Stanley « StarChild » (guitare/chant); Gene Simmons « Demon » (basse/chant), Ace Frehley « Spaceman » (guitare/chant), Peter Criss « The Cat » (batterie/chant).

Autres guitaristes : Vinnie Vincent « Wizard » ; Mark St John ; Bruce Kulick ; Tommy Thayer

Autres batteurs : Eric Carr « Fox » ; Eric Singer

C’est bon ? Alors c’est partiiiiiii (comme dirait l’autre) :dizzy:

20 - Monster (2012)

L’album de la fin

Fin des riffs accrocheurs, fin des mélodies imparables, fin des refrains fédérateurs, fin des cordes vocales de Paul Stanley…

« Hell or Hallelujah » est quand même cool mais on sent clairement un groupe en bout de course…

Mais merci, merci du fond du cœur pour tout :heart:


19 - Music from the Elder (1981)

L’album incompris

1981 - Après Dynasty et Unmasked, on se demande bien où est passé le groupe de Rock’n’Roll/Hard Rock dangereux qui effrayait la ménagère quelques années au paravent ?!

Une réaction nerveuse est attendue de leur part, d’autant plus qu’en Angleterre, un nouveau courant musical commence à faire du bruit : la « New Wave of British Heavy Metal ».

KISS prendra d’ailleurs sous son aile un petit groupe de ce mouvement pour assurer la première partie des dates européennes du Unmasked Tour.

Un petit groupe répondant au nom d’Iron Maiden, qui sont à deux doigts de leur voler la vedette !

C’est dans ce contexte que le groupe sort son nouvel album : Music from the Elder

un album…

d’opéra rock ?!

WTF ?!

L’album devait être la BO d’un film qui ne verra jamais le jour.

Cela devait être le The Wall de KISS. Ce sera au final le plus grand OVNI de leur discographie, car quasiment rien dans cet album ne nous rappelle KISS.

Un rock théâtral, symphonique, vaguement progressif, avec un Paul Stanley qui chante de manière méconnaissable !

Les morceaux ne sont pas mauvais en soi, le « Dark Light » d’Ace Frehley et le « Only You » de Gene Simmons sont même plutôt bons, mais on ne retrouve clairement pas l’identité du groupe !

L’album à faire écouter à quelqu’un qui n’aime rien de KISS !


18 - Carnival of Souls (1997)

L’album grunge

L’album est enregistré entre 1995 et 1996 et doit potentiellement sortir dans la foulée, mais un événement va tout chambouler : le MTV Unplugged de 1996.

La formation du moment (Bruce Kulick, Eric Singer, Gene Simmons et Paul Stanley) est rejointe, le temps de quelques morceaux, par Ace Frehley et Peter Criss, ce qui fait naître l’idée d’une reformation des quatre super-héros originels !

Carnival of Souls est alors mis à la poubelle et Bruce Kulick et Eric Singer sont remerciés pour leurs loyaux services (ils sont virés, quoi…).

Le truc, c’est que les bandes ont fuité, les bootlegs se multiplient, ce qui pousse le groupe à sortir officiellement l’album (ça peut toujours rapporter du flouze, hein !). Mais aucune promotion n’est faite.

Du coup, ça vaut quoi, ce Carnival of Souls ?

Comme sur The Elder, on ne retrouve quasiment rien de l’identité de KISS. L’album est grunge, sombre, triste, voire morose. Ce n’est que le chant de Paul Stanley et de Gene Simmons qui nous raccroche à KISS, et c’est ça qui pêche.

Musicalement, le travail de Kulick et Singer est remarquable. Les riffs brisent des nuques et n’ont rien à envier à ceux de leurs contemporains de l’époque (Alice in Chains et Soundgarden en tête).

Les mélodies vocales sont plutôt bonnes aussi, mais autant Gene arrive à s’en sortir globalement (Hate est un morceau cool), autant Paul n’est vraiment pas un chanteur de grunge…

Quand j’écoute « Rain » ou « It Never Goes », je ne peux m’empêcher d’imaginer un Chris Cornell ou un Layne Staley derrière le micro… Le résultat aurait été tout autre !

Au final, c’est un album de grunge musicalement cool, mais chanté par des millionnaires habitués à faire des morceaux sur la fête et le rock’n’roll…


17 - Animalize (1984)

L’album de Mark St. John

1983, après le retrait du maquillage et le très bon Lick It Up, Vinnie Vincent est viré, remplacé par un nouveau soliste : Mark St. John.

Passage éphémère pour Mark, car, peu après l’enregistrement, il déclenche une maladie articulaire qui l’empêche de jouer.

Cela dit, son passage n’est pas mémorable : un jeu un peu brouillon, pas toujours bien construit, ça shredde parfois dans le vide…

Musicalement, l’album est dans la lignée de Lick It Up (à voir plus haut) : hard/heavy légèrement FM avec du très bon (Under the Gun et Thrills in the Night) et du juste « OK » (le reste).

Gene commence à être de moins en moins intéressé par la musique (business, cinéma, télévision, briser les noix…) et nous offre cet affreux « Burn Bitch Burn » au refrain catastrophique…

Un sous-Lick It Up écoutable, mais pas transcendant !


16 - Psycho Circus (1998)

L’album de la reformation

1996, suite au MTV Unplugged : le groupe d’origine se reforme !

Le Catman Peter Criss et le Spaceman Ace Frehley sont bel et bien de retour et, avec eux, les costumes, les maquillages, les crachats de sang, les guitares qui prennent feu et les tyroliennes !

Pour marquer cette reformation, le groupe retourne en studio et enregistre Psycho Circus !

Et ça vaut quoi ?

Bah, c’est mitigé…

Dans les points positifs, on appréciera le retour des voix du Catman et du Spaceman ! Après plus de dix ans centrés sur le duo Stanley/Simmons, ça fait du bien d’avoir de nouveau de la nuance ! « You Wanted the Best », où chaque membre pousse la chansonnette, est vraiment chouette.

Space Ace signe le meilleur morceau de l’album avec « Into the Void » et Paul Stanley chante encore magistralement bien !

Mais des points négatifs, il y en a…

Déjà, bien que crédités sur l’album, on apprendra plus tard que Criss et Frehley ne jouent pas sur tous les titres à cause de sombres histoires juridiques.

Gene Simmons est inexistant : son morceau « Within » n’est vraiment pas ouf…

La ballade mielleuse chantée par Peter Criss est beaucoup trop cucul…

Bref, le soufflé retombe un peu.


15 - Sonic Boom (2009)

L’album « revival KISS 70’s »

Début 2000, Peter Criss est RE-viré, Ace est RE-parti…

Mais les deux loustics, beaucoup plus friands de rock’n’roll que de business, n’ont jamais protégé leurs costumes et leurs maquillages.

Le duo Stanley/Simmons décide alors de rappeler Eric Singer pour reprendre le poste de batteur et endosser le costume du Catman, et propose à Tommy Thayer, qui gravite autour du groupe depuis plusieurs années, de devenir le nouveau Spaceman.

En 2009 sort Sonic Boom avec ce line-up !

Musicalement, on retrouve le style rock’n’roll des années 70 et c’est globalement bon ! « Modern Day Delilah » et « Danger Us » sont même très bons !

Mais pourquoi si bas dans le classement ?

Un ressenti…

Je trouve que les morceaux ressemblent trop à des cases à cocher dans un cahier des charges pour coller à l’esprit des albums 70’s.

Surtout le morceau du nouveau Spaceman (« When Lightning Strikes »), avec un Thayer qui imite la voix d’Ace…

Bref, ça ne transpire pas l’authenticité, mais l’album reste agréable à écouter !


14 - Unmasked (1980)

L’album de la trahison

Bien que Dynasty (1979) ait été un énorme succès commercial, une partie des fans de la première heure espère un retour au hard’n’roll du groupe parce que bon… les escapades disco-pop, ça va cinq minutes, oh !

Paul Stanley, lui, il s’en tape : il veut encore faire du disco-pop ! :star_struck:

L’album est dans la même lignée que son prédécesseur.

On retrouve la même hétérogénéité au niveau des compositions, avec Ace qui fait office de « garantie rock ».

Paul se complaît dans la pop et le disco.

Gene, qui était peu inspiré sur Dynasty, propose un « Naked City » qui s’avère être le meilleur morceau de cet opus.

Et Peter Criss… Bah, Peter Criss, il est crédité sur l’album, mais n’a en réalité absolument pas participé à quoi que ce soit… ILS ONT VIRÉ LE CHAT ! :pouting_cat:

Trop accro aux petites croquettes récréatives, selon Stanley/Simmons.

De manière générale, l’album s’écoute bien !

Seul « Shandi » vadrouille entre le drôle et le clairement gênant…

Pour le reste, on oscille entre le bon et le très bon (« Naked City »).

Un album hétérogène mais finalement plutôt bon d’un groupe au bord de l’implosion…


13 - Hot in the Shade (1989)

L’album des HITS

Hot in the Shade, dont l’acronyme est HITS, porte très bien son nom.

Le groupe (Stanley, Simmons, Kulick et Carr) a lâché les claviers de Crazy Nights pour se lancer dans les gros hits ROCK US faits pour être chantés en stade, avec une tonne de « Ohohohoh », « Tutututu », « Nanananana » et autres « Yeah Yeah Yeah » !

C’est rempli de refrains accrocheurs à faire pâlir Bon Jovi (« Rise to It », « Betrayed », « Hide Your Heart », « Silver Spoon »).

Le seul point noir, c’est sa longueur. Avec quelques titres en moins, ce serait devenu un pur classique de KISS.

En tout cas, ça reste un bon album qui ne mérite pas toutes les critiques qu’il a pu recevoir.


12 - Asylum (1985)

L’album des froufrous fluos

Exit Mark St. John et bonjour Bruce Kulick !

Une bête de technique et de feeling (très inspiré par Eddie Van Halen), qui a réussi, tout comme Eric Carr d’ailleurs, à trouver sa place au milieu de l’ego démesuré des deux leaders et ça… ça force le respect !

Que vaut ce premier album avec Bruce Kulick ?

Bah, il est très bon !

Musicalement, c’est l’album GLAM METAL de KISS et, même si on est loin du rock’n’roll du début, bah… ça marche !

Beaucoup de tubes et de mélodies imparables (« King of the Mountain », « Who Wants to Be Lonely », "Anyway you Slice It ", « Tears Are Falling », « I’m Alive »…),

Et du vraiment pas subtil…

Comme…

« Uh! All Night! »

Vraiment, les gars ?!..« Uh! All Night ?! » :sweat_smile:

Je vous recommande chaudement d’aller voir les clips de « Who Wants to Be Lonely » et « Tears Are Falling », mais je vous préviens, ça pique les yeux !!


11 - Crazy Nights (1987)

L’album FM

Si KISS survit aux années 80, c’est essentiellement dû à Paul Stanley !

Donc si Paul veut ramener des claviers et faire du Hard FM… bah…il ramène des claviers et il fait du Hard FM ! Et il fait ça bien, le bougre !

Refrains calibrés pour la radio (« Turn On the Night », « Crazy Crazy Nights », « Bang Bang You »), prestation vocale de haute volée (« I’ll Fight Hell to Hold You », « My Way », « Reason to Live ») ; même Gene Simmons, entre deux passages au cinéma, compose de bons titres (« No No No », « Thief in the Night »).

KISS évolue avec son temps et, même si l’on n’adhère pas au style, ça reste un album de grande volée dans le genre FM !


10 - Dynasty (1979)

« I Was Made for Lovin’ You » et le virage Disco-Pop

En 1977, après la sortie de Love Gun, le groupe est au sommet du monde.

Mais des tensions internes se font de plus en plus ressentir.

Ace Frehley et Peter Criss ont des envies d’émancipation et notre Spaceman commence même à voler la vedette au Starchild et au Demon !

Et Gene Simmons, il n’est pas content, tout rouge ! :goblin:

Non mais regardez cette interview de 1979 : Ace est hilarant « actually I’m a plumber » et Gene fait la gueule…

Pour essayer de calmer les ardeurs de chacun, ils décident en 1978 de faire une pause d’un an, pendant laquelle chacun sortira un album solo.

Le résultat est que l’album d’Ace éclate les trois autres à plates coutures.

Vient alors la sortie de Dynasty, qui voit un groupe fracturé, où chaque membre propose ses compositions, son univers, dans son coin et sans réelle concertation.

Et du coup ?

Bah, c’est vachement bien !

Les compositions sont variées, on passe d’un univers à l’autre et la qualité globale est très bonne !

Paul Stanley plonge dans le disco-pop très en vogue à la radio en ces temps-là et va proposer deux titres excellents aux refrains imparables, « Magic Touch » et « Sure Know Something », ainsi que le tube mondialement connu et intemporel « I Was Made for Lovin’ You ».

Ace Frehley, la garantie rock, propose trois titres ultra-efficaces et sans concessions, dans la lignée de son album solo : « Hard Times », « Save Your Love » et la reprise des Stones, « 2,000 Man ».

Gene Simmons est peu inspiré et se demande bien comment un démon peut s’en sortir dans cet univers pailleté. Il compose un « Charisma » très moyen et un « X-Ray Eyes » qui sauve les meubles…

Et notre chat Peter Criss ? Il compose, chante et joue sur le très groovy « Dirty Livin’ », qui sera sa seule contribution sur l’album (le reste des pistes de batterie est joué par un musicien de studio) et sa dernière composition dans KISS…

Car oui… ILS ONT VIRÉ LE CHAT, CES ENFOIRÉS !!! :pouting_cat:

Au final, malgré les tensions internes, l’album est très bon et sera un énorme succès commercial.

Le revers de la médaille, c’est que les aspects disco-pop seront vécus comme une trahison de la part des fans de la première heure…


9 - Dressed to Kill (1975)

L’album rock’n’roll préféré de ton école de danse

1975, le groupe s’est déjà fait un nom par le bouche-à-oreille grâce à ses prestations scéniques spectaculaires, mais les chiffres de vente d’albums ne suivent pas.

Il faut un tube, il faut que ça explose !

C’est dans ce contexte que sort Dressed to Kill, avec une des pochettes les plus iconiques du groupe.

L’album est très rock’n’roll, très dansant, avec un petit côté boogie à la Status Quo…

Tous les titres sont bons, voire très bons (« Room Service », « Two Timer », « Rock Bottom », « C’mon and Love Me », « She ») et l’album se clôture par le premier gros tube de KISS, « Rock and Roll All Nite ».

L’album est excellent, mais pour moi, un petit peu trop homogène. Il reste sur cette ambiance rock’n’roll/boogie et manque un peu de diversité (cela dit, l’intro acoustique de « Rock Bottom » apporte un vrai souffle d’air frais pendant l’écoute).

Les ventes sont un poil meilleures, mais toujours pas au niveau attendu.

La maison de disques est au bord du gouffre…

Le groupe va lancer une ultime tentative pour tenter de percer…

Un pari risqué…

Un double album live : ALIVE!


8 - Revenge (1992)

L’album le plus sombre

24 novembre 1991, Eric Carr décède des suites d’un rare cancer du cœur à l’âge de 41 ans.

C’est à la fin de la tournée de Hot in the Shade que le batteur commence à avoir des symptômes. Il bénéficiera d’une opération à cœur ouvert et suivra plusieurs cures de chimiothérapie.

Pendant ce temps, le groupe entre en studio pour commencer le travail sur le nouvel album avec un batteur de session : Eric Singer.

Eric Carr, entre deux cures, viendra sur le tournage du clip de « God Gave Rock ’n’ Roll to You », prévu pour être le single qui promouvra l’album, et participera, bien qu’affaibli, aux chœurs de cette même chanson.

Suite aux complications de la maladie, notre « renard » de batteur s’éteindra le même jour que Freddie Mercury. Triste journée.

C’est Eric Singer qui prendra officiellement sa place.

C’est dans ce contexte de maladie et de deuil que sort Revenge, qui sera l’album le plus sombre de KISS.

Terminé le fluo et les paillettes, retour au cuir et aux gros riffs. Gene Simmons a fini ses escapades cinématographiques et revient sérieusement à la composition et à l’investissement musical dans le groupe.

Chose rare depuis les années 70, Stanley et Simmons composent ensemble deux titres (« Spit » et « God Gave Rock ’n’ Roll to You ») qui sont parmi les meilleurs de l’album.

Comme quoi, c’est bien de partager ses idées dans un groupe !

À noter que Vinnie Vincent, viré comme un malpropre après Lick It Up, vient filer un coup de main aussi sur les compositions.

Bref, il faut un événement tragique pour que tout le monde se recentre et décide de sortir un album avec une vraie identité de groupe !

Rien à jeter sur cet opus, de l’inquiétant « Unholy » de Simmons, suite indirecte au « God of Thunder » (1976), au plus enjoué et peu subtil « I Just Wanna » de Paul, en passant par le ZZ Topesque « Domino » et les deux pépites précédemment citées…

Je pourrais clairement tous les nommer (« Heart of Chrome », « Take It Off », « Tough Love », « Thou Shalt Not »…). Même la ballade « Every Time I Look at You » est sublime.

L’album se termine par un morceau instrumental avec un solo de batterie d’Eric Carr enregistré en 1981, à son arrivée dans le groupe, comme un dernier hommage.

Clairement l’un des meilleurs albums de la période démaquillée, et le dernier grand album de KISS en date, tout simplement.


7 - Lick It Up (1983)

L’album le plus nerveux et « bas les masques »

Le groupe est revenu des profondeurs du bizarre après la trilogie Dynasty/Unmasked/The Elder avec le superbe Creatures of the Night.

Mais place au plus grand coup de com’ : la révélation de leurs vrais visages !

Fini les Starchild, Demon, Fox et Wizard place à Paul, Gene, Eric et Vinnie.

Et, comme pour prouver que sans maquillage, ils ont des choses à dire, le groupe propose le KISS le plus nerveux, dans un genre hard/heavy hargneux, avec quelques speederies (« Exciter », « Gimme More », « Fits Like a Glove ») et des mid-tempos très accrocheurs (« All Hell’s Breakin’ Loose », « Not for the Innocent »).

Gene et Paul s’arrachent vocalement sur chaque morceau, l’énergie est folle !

Un KISS démaquillé, mais un CLASSIC KISS !


6 - Destroyer (1976)

L’album culte

1975, Alive! a été un succès énorme ! Si vous voulez un best of des trois premiers albums avec une énergie live qui transcende les morceaux, il faut impérativement se jeter dessus !

KISS rentre enfin dans la cour des grands !

L’album qui suit se doit d’être aussi grand, et il le sera !

Destroyer, album culte, pochette culte, morceaux cultes.

Alors pourquoi que 6e ?

L’album est rempli de tubes intemporels (Detroit Rock City, King of the Nighttime World, God of Thunder, Shout It Out Loud, Flaming Youth) : rien à redire, ils sont tous excellents.

Mais malheureusement, il y a aussi :

  • Great Expectations, qui ne ressemble à rien à part à un délire érotomane gênant de Gene Simmons ;

  • Beth, beaucoup trop cul-cul la praline (mais j’ai adoré ce morceau plus jeune… notre Catman a vraiment une belle voix !) ;

  • Sweet Pain, peu inspiré ;

  • Do You Love Me, qui, bien que fun (« Tu aimes beaucoup ma limousine, mais est-ce que tu m’aimes, moi ? »), manque de substance.

Rajoutez à ça l’intro à rallonge et inutile de Detroit Rock City. Franchement, 1 min 30 d’un mec qui allume sa bagnole pour aller bosser ?! Ça fait perdre des places !

En plus, Bob Ezrin, le producteur de l’album, s’est pris la tête avec Ace et ON NE TOUCHE PAS AU SPACEMAN, OKAY !!!


5 - Rock and Roll Over (1976)

L’album qui assure !

Après le succès d’Alive! et de Destroyer, est-ce que KISS va continuer sa folle ascension ? Tout à fait !

Rock and Roll Over revient aux bases rock’n’roll du groupe, (c’est dans le nom), et s’éloigne des expérimentations de Destroyer.

« I Want You », « Makin’ Love », « Calling Dr. Love » ne sont pas les tubes les plus connus du groupe, mais font clairement partie de mes préférés !

Un album que je trouve plus cohérent que Destroyer et sans mauvais « filler », c’est pourquoi il passe juste devant !


4 - Creatures of the Night (1982)

L’album de la renaissance

On n’y croyait plus, mais KISS est bien de retour dans le monde du hard rock et frappe très fort avec ce Creatures of the Night.

Eric Carr, « The Fox », a officiellement pris la place du « Cat », Peter Criss, lors de la tournée d’Unmasked, mais n’a pas pu montrer toute l’étendue de son jeu avec The Elder.

Là où notre chat avait une approche plus boogie/rock’n’roll, notre renard officie dans un registre plus hard rock/heavy metal qui colle parfaitement avec ce retour bruyant de KISS.

L’album est lourd, puissant, incisif, avec des refrains percutants et un Paul Stanley qui commence à explorer le haut registre de sa voix.

Il n’y a aucun mauvais titre, mais mes préférences vont à « Creatures of the Night », « Keep Me Coming », « Danger », « War Machine » et « I Still Love You ».

Le seul bémol, c’est l’absence de solo de guitare vraiment mémorable… Bah alors, Ace ? Un coup de mou ?

Pas vraiment…

Ça en devient une habitude chez KISS, mais, bien qu’il soit crédité sur l’album et apparaisse sur la pochette, notre Spaceman a pris ses valises et a quitté le groupe. Il n’y a donc aucune piste jouée par Ace sur l’album et c’est Vinnie Vincent qui le remplacera sur la tournée sous les traits du « Wizard ».

Le dernier line-up maquillé de cette époque est donc composé du Starchild, du Demon, du Fox et du Wizard !

Malgré l’absence d’Ace, ce Creatures of the Night reste l’un des meilleurs albums de toute leur discographie.


3 - Love Gun (1977)

L’album du Spaceman

Tout roule pour le groupe après Rock and Roll Over qui assure : voici Love Gun qui enfonce le clou !

L’album le plus hard rock 70’s et surtout le premier album où Space Ace a assez confiance en lui pour se lancer derrière le micro et chanter l’une de ses compositions : « SHOCK ME ».

C’est un carton plein ! Sa voix nonchalante apporte une nouvelle dimension à l’ensemble. C’est comme si le groupe avait atteint sa forme ultime !

À côté de « Shock Me », l’album est rempli de hits : « I Stole Your Love », « Love Gun » (ce solo d’Ace tellement iconique), « Christine Sixteen » (fais chier les paroles de vieux pervers sexuel de Gene ! Parce que le morceau est cool !)…

Même les « fillers » comme « Tomorrow and Tonight » (très rock’n’roll) et « Hooligan » de Peter Criss sont très bons !

Dommage de clôturer sur un « Then She Kissed Me » en dessous du reste…

Mais QUEL ALBUM !!


2 - Hotter Than Hell (1974)

L’album crade

Seulement quelques mois après la sortie de leur premier album, le jeune groupe sort son successeur : Hotter Than Hell.

Souvent critiqué pour une production et un son jugés médiocres, je trouve au contraire que c’est l’album avec le plus de personnalité.

Ce son étouffé, presque claustrophobique, apporte une atmosphère inquiétante sur tout l’album.

Et les morceaux ?!!… Et les morceaux sont dingues !

Ils sont tous très différents, mais fonctionnent superbement ensemble.

On passe du riff destructeur d’Ace Frehley avec « Parasite » à la ballade glauquissime de Gene Simmons avec « Goin’ Blind », au hard rock dansant « Hotter Than Hell » de Paul, pour finir sur ce « Strange Ways » lourd et psychédélique signé Space Ace avec le Cat au chant !

Bref, un album très, très, trèèèèèèèèèès sous-coté selon moi !


1 - KISS (1974)

L’album de la naissance d’une légende

1973, quatre jeunes New-Yorkais fans des Beatles et de Led Zeppelin montent un groupe de rock : KISS, dont le logo sera créé par Ace Frehley.

Ils décident de se maquiller et de se créer des personnages pour pouvoir vaincre leur timidité.

Paul Stanley devient le Starchild, Gene Simmons devient le Demon, Ace Frehley le Spaceman et Peter Criss… le Chat !

Cracher du feu (quitte à se cramer les cheveux… hein, Gene ! Concert fin 1973 à New York, tu t’en souviens ?), utiliser des monte-charges pour surélever le Chat…

Tous les moyens sont bons pour proposer aux dix personnes présentes dans les petits clubs new-yorkais la plus belle expérience live.

C’est ce jeune groupe qui sort son premier album en 1974, sobrement appelé : KISS.

Et quel premier album ! C’est simple… que des tubes rock’n’roll/hard rock dont certains ont squatté les setlists pendant les 50 ans d’existence du groupe : « Strutter », « Firehouse », « Cold Gin », « Deuce », « Black Diamond », « 100,000 Years ».

Quel plaisir d’entendre les voix du Starchild, du Demon et du Cat, si différentes et en même temps si complémentaires.

« Kissin’ Time », où chacun d’entre eux chante un couplet… c’est si cool !

Même le titre instrumental « Love Theme from KISS » est génial !

Comment ils disent les jeunes ? Une Masterclass ?

Voila, c’est ça !

Petit Recap’ :

Bisous !

23 « J'aime »

Ouf, ça y est j’ai fini ! Permettez-moi donc de vous présenter un de mes groupes préférés récents : LORD OF THE LOST

Asseyez-vous, ça va être long. :winking_face_with_tongue:

Lord of the Lost est un groupe allemand fondé en 2007 (leur premier album sort en 2010), dont la carrière est forte d’une discographie mine de rien assez conséquente : 15 albums studio, en comptant les trois Swan Songs, oeuvres acoustiques mêlant reprises de titres précédemment parus sur les albums « classiques » et compositions originales.
Le noyau dur est constitué du chanteur Chris Harms, de Gared Dirge (claviers et percussions supplémentaires) et Class Grenayde (oui, ils ont eu la brillante idée de se trouver des pseudos à la noix à leurs débuts) à la basse. Les autres postes sont relativement mouvants jusqu’en 2017 et l’arrivée de Pi Stoffers à la guitare et Niklas Khal à la batterie. 2026 marque une rupture, avec le départ pour raison de santé de Class Grenayde (qui souffre de dépression chronique) pendant la dernière tournée, puis de Pi en juillet. Son remplaçant, ancien technicien guitare du groupe depuis de longues années, et également secondes guitare en live, formait pourtant avec lui une très solide paire sur scène pendant la dernière tournée, dommage.
En Allemagne, ils sont, tant par leur personnalité immédiatement reconnaissable que par la qualité de leurs prestations scéniques, une grosse référence sur la scène gothique/indus et possèdent leur propre festival, le LordFest, qui a lieu en décembre à Hambourg, leur ville d’origine. Chez nous par contre, leur popularité semble somme toute assez récente et a décollé essentiellement à partir de 2021, suite à leur prestation remarquée en première partie d’Iron Maiden sur le Legacy of the Beast Tour. Pour l’anecdote, c’est Steve Harris lui-même qui a demandé la présence du groupe qu’il avait découvert l’année précédente, complètement séduit par leur musique. La première fois que je les ai vus, c’était juste après, au Petit Bain à Paris, pour la tournée en promotion de Judas, salle complète (500 personnes) comme les deux autres dates françaises : la moitié environ du public les avait en effet vus avec Maiden.
La suite, c’est un passage à l’Eurovision en 2023, qui certes les a vus finir derniers, mais leur a permis de gagner encore de nouveaux fans. Temple blindée au HF de la même année (et une prestation absolument remarquable, un de mes meilleurs concerts de l’édition, si ce n’est le meilleur), deux tournées en France depuis (à l’Elysée-Montmartre pour les dates parisiennes, soit 1400 personnes environ, une belle évolution par rapport à leur deux précédents passages), un passage au Motoc cette année (au vu des reports publiés, j’ai l’impression que tout le monde a fait l’impasse, tant pis pour vous)… On ne les arrête plus et c’est tant mieux !

Place maintenant au classement des albums, qui a été assez laborieux à établir, ça se tient parfois dans un mouchoir de poche (surtout pour les 6 premières places). Car pas de vrai raté, juste diverses périodes qu’on apprécie, subjectivement, plus ou moins, certains albums tirant plus sur le gothique, d’autres sur l’indus, d’autres encore mêlant leur metal d’électro-pop 80’s / 90’s sautillante… Et au milieu de tout ça, trois albums acoustiques dans une veine romantico-gothique. Ah oui, il vaut mieux avoir l’esprit relativement ouvert pour apprécier leur musique.

Afin de s’y retrouver un petit peu plus facilement, commençons par l’ordre chronologique des sorties :
1 Fears (2010)
2 Antagony (2011)
3 Die Tomorrow (2012)
4 From the Flame into the Fire (2014)
5 Swan Songs (2015)
6 Empyrean (2016)
7 Swan Songs II (2017)
8 Thornstar (2018)
9 Swan Songs III (2020)
10 Judas (2021)
11 Blood & Glitter (2022)
12 Weapons of Mass Seduction (2023)
13 OPVS NOIR vol. 1 (2025)
14 OPVS NOIR vol. 2 (2025)
15 OPVS NOIR vol. 3 (2026)

Par ordre de préférence, nous obtenons ceci :
15è Antagony
14è Fears
13è Die Tomorrow
12è From the Flame into the Fire
11è Swan Songs I
10è Swan Songs II
9è Weapons of Mass Seduction
8è Empyrean
7è Swan Songs III
6è OPVS NOIR vol. 3
5è Thornstar
4è Blood & Glitter
3è OPVS NOIR vol. 1
2è OPVS NOIR vol. 2
1er Judas

Antagony** (2011)**

Le second album du groupe, qui propose assez peu d’évolution par rapport à son prédécesseur (dont on parlera un peu plus bas). La formule reste la même sur ces deux disques : beaucoup de gothique, un petit zeste d’indus, le tout porté par la superbe voix de baryton de Chris Harms. C’est clairement pour lui qu’on écoute cet album. L’alternance du chant clair et des passages criés fonctionne (les cris restent cependant plus anecdotiques, scolaires, que sur les albums plus récents - ils sont aussi plus rares), chaque élément tombe à propos. Mais l’ensemble peine à se renouveler sur la longueur et globalement peu de choses viennent réellement accrocher l’oreille. Trop scolaire pour emporter l’émotion, peut-être. De plus, l’ouverture de l’album semble singer celle de Fears, l’album précédent, et le son de batterie sonne inexplicablement artificiel.
Il y a pourtant un vrai talent de composition, quelques passages à tiroirs, des riffs qui savent rester variés, des passages qui réservent quelques surprises… Mais non, on reste sur sa faim et on commence un peu à trouver le temps long sur la fin. Le dernier titre, la ballade désespérée sober, est excellent, mais arrive trop tard, après un Revelation 13:18 qui s’est trop étalé avec ses 10mn, partant sans doute trop dans tous les sens (on a même droit à un riff bien thrash à un moment) au détriment de la pertinence globale.

Fears (2010)

La pochette originale, toute en belle-gueule-attitude :

La pochette de la réédition :

L’album des débuts donc. Le ton est résolument gothique, porté par des musiciens amenant leurs fêlures et non un simple gimmick, entre désespoir et révolte d’une manière tout baudelairienne. Sont déjà présentes les bases de ce qui fera et fait encore la personnalité du groupe. La voix de Chris Harms, donc, mais aussi un son, une manière d’alterner gros riffs et touches pop (qu’on ne remarque parfois pas au premier abord, c’est lors des écoutes successives qu’on les découvre, avec un petit sourire), quelques grammes d’electro-indus (encore fort discrets ici), noirceur et envolée lyrique, qui rendent le tout immédiatement reconnaissable.
Cet album reste dans l’ensemble fort classique dans son approche et ses compositions, mais sait se faire accrocheur régulièrement, varier son propos, et amène déjà un ou deux futurs classique du groupe (Dry the Rain, Till Death do us part). Malgré quelques passages encore un poil « naïfs » et une ou deux longueurs, la sauce prend. Pas indispensable, mais une agréable manière de faire connaissance.

Die Tomorrow (2012)

Pochette originale :

Réédition (pourquoi le reste du groupe n’est-il plus présent ? Aucune idée) :

Commençons par ce qui fâche : cet album contient un passage détestable, le premier couplet de la chanson titre, où Chris utilise de l’autotune ! Et il remet ça quelques instants un peu plus tard. Quelle horreur (je hais ces sonorités, désolé, c’est incurable) !
Et le reste, alors, c’est comment ? Toujours la même formule que sur les deux premiers ? Hé non, raté ! Pour cette troisième galette, le gothique passe au second plan, l’indus le bouscule et vient s’installer en avant-scène. L’ouverture de l’album, Live today, met tout de suite les choses au clair : le riff est gras, puissant, il est vraiment fâché et tient la comparaison avec l’attaque d’un Rammstein des grandes heures. La prod a gagné en puissance, mais sait rester aérée. Alors on reste dans du relativement gentil par rapport à ce qui pourra se faire plus tard, mais au moment de sa sortie, c’est déjà un changement de ton conséquent.
On retrouve le talent de Chris pour pondre des petits refrains qui restent en tête, des lignes de chant de toute beauté et ces textes délicieusement dépressifs. Les gimmicks au clavier de l’ami Gared Dirge sont également plus présents que sur les deux premiers albums (l’intro de Blood for Blood assez imparable dans son minimalisme). Le groupe évolue, fait varier sa formule sans se renier et on sent une meilleure maîtrise générale. Les ballades gagnent également en maturité mélodique (See you Soon notamment).
Au final, pas de vraie faute de goût passé le passage mentionné en intro (même l’ambiance « Seigneur des Anneaux » de l’intro au clavier de My Heart is Black passe finalement parfaitement bien), pas de longueur inutile, peu de moments faibles (Black Lolita à la limite). Un dernier titre, Credo, en forme d’hymne qui vous fait chanter dès la première écoute, du tout bon.
Le disque qui fait passer au groupe un premier palier en affinant et affirmant sa personnalité.

From the Flame into the Fire (2014)

Le troisième album avait mis en lumière la part la plus indus du groupe, ce sera encore le cas de son successeur, mais avec une approche assez différente, mettant d’abord en avant le clavier et la part électro de cet indus à l’allemande. Le groupe capitalise sur l’évolution entamée sur Die Tomorrow et se sent suffisamment aguerri pour tenter de surprendre un peu plus son public. Après une entrée en matière des plus efficaces (le bien nommé Fists up in the Air suivi de Kingdom Come), voici que débarque La Bomba, délire metalo-pop pas forcément des plus raffiné, mais diablement efficace, qui vous donnera la banane, et vous entrainera vite dans son univers décalé. Les musiciens se targuent d’être « gender-fluid », et ils le prouvent. Plus loin, ce sera Bitch qui poursuivra cette veine, plus sombre mais non moins efficace.
L’efficacité, c’est le leitmotiv de cet album qui enchaîne les bons titres (écoutez donc Six Feet Underground), prend des libertés de ton, de style, qui renouvellent constamment le plaisir d’écoute, sans pour autant se perdre. La variété n’empêche pas la cohérence d’ensemble, et les mélanges a priori étonnants s’avèrent vite d’une évidence absolue. L’équilibre est trouvé.

Swan Songs II (2017)

Ce second Swan Songs succèdera très vite à son grand-frère, puisqu’un seul album saturé les sépare (j’en parle un peu plus bas, un peu après Swan Song I, faites un effort, suivez, c’est pourtant pas compliqué, c’est complètement dans le désordre). Il faut croire que l’expérience a été concluante autant que plaisante pour les musiciens.
Un seul disque cette fois, et uniquement des compositions originales. La qualité est au rendez-vous, et on sent les musiciens plus sûrs d’eux dans l’excercice. Mais si l’ensemble est fort beau, cela reste aussi fort classique et sans réelle fulgurance. On retiendra surtout la belle ballade Lighthouse, la décadente et dérangeante We were Divine et dans une moindre mesure From the Brink of the Other World et The Devil you know.

Swan Songs I (2015)

Quatre albums au compteur, et Lord of the Lost prend tout le monde par surprise (sauf vous, parce que je viens de vous spoiler) : leur nouvel album sera double et acoustique, avec l’apport d’instruments et musiciens classiques en plus des membres du groupe. Pas d’orchestre, mais des accompagnements judicieusement choisis, violon, violoncelle, harpe, en plus des guitares, piano et percussions. Sachez d’ailleurs de notre ami Chris est également violoncelliste.
Le premier disque est composé de reprises arrangées de titres issus des quatre premiers albums, le second de compositions inédites spécialement conçues pour ce projet (qui connaîtra deux suites).
Autant le dire, c’est beau, très beau ! Les arrangements, la clarté du son acoustique, l’épure relative donnent une nouvelle dimension aux chansons déjà connues, font ressortir l’émotion. La version de Six Feet Underground qui ouvre l’album a la capacité de vous arracher quelques larmes et parvient à se hisser au dessus de la version originale, pourtant déjà superbe d’émotion. Chris n’a jamais aussi bien chanté, à ce moment de leur carrière, que sur cet album. Seule Sober m’apparait un ton en dessous de sa version originale, car moins désespérée au niveau des lignes de chant.
Les compositions du deuxième disque par contre peinent encore parfois un peu à pleinement convaincre. Malgré de belles fulgurances, il y a encore un peu de naïveté ici et là qui desservent l’ensemble. À retenir toutefois parmi ces titres, la belle So good it Hurts, où Chris Harms me fait énormément penser à Alexander Veljanov (chanteur de Deine Lakaien, immense groupe de dark wave, et une des plus belles voix qu’il m’ait été donné d’entendre), et If Johnny Cash was here, toute en retenue.

Weapons of Mass Seduction (2023)

11 albums au compteur, 15 ans de carrière, il est temps de concrétiser une envie qui trotte dans la tête de Harms et sa bande : faire un album de reprises. Et d’aller piocher non dans le monde du metal (à quelques exceptions près), mais dans celui de la pop. Le succès du récent Blood & Glitter rend le moment encore plus propice (lisez plus loin le paragraphe consacré à cet album pour comprendre pourquoi).
Alors ça donne quoi ? C’est variable selon la version de l’album choisie, la simple, la double ou la triple. Car si la simple est plaisante, la double apporte son lot de belles surprises. La triple, par contre, est sans doute un peu trop longue pour être pleinement digeste. Le classement actuel est celui de la double, vous pouvez descendre d’un cran pour la simple ou la triple, pour des raisons opposées : pas assez dans l’une, trop dans l’autre. L’avantage, c’est qu’avec ce genre de proposition, il est facile de piocher un peu par-ci par-là, de picorer des extraits plutôt que la totalité.
Les artistes sélectionnés pour les reprises sont variés : Billy Idol, Sia, Roxette, Michael Jackson, The Pretty Reckless, Roxette, Lady Gaga (deux fois), Hedwig and the Angry Inch, Duran Duran, Judas Priest, Iron Maiden, Cutting Crew, Bronski Beat, käärijä (un des concurrents de l’Eurovision 2023, avec qui ils ont sympathisé au point de reprendre ici le titre avec lequel il concourait**) mais aussi David Bowie, The Everly Breothers ou Lou Reed. Ai-je déjà mentionné que l’ouverture d’esprit était recommandée pour aborder Lord of the Lost ?
Dans l’ensemble, les versions proposées ici sont fort plaisantes, et si elles restent fondamentalement fidèles aux originales (je m’étais fait une playlist de ces dernières, dans le même ordre que sur l’album, pour comparer : Playlist LOTL - Weapons of Mass Seduction - les originales | À écouter sur Deezer ), le groupe se les réapproprie juste ce qu’il faut pour en faire de vraies reprises et non de simples covers.
Au chapitre des ratés, malheureusement, Turbo Lover qui n’atteint pas la qualité de la version du Priest, il lui manque cette intensité, la montée de pression progressive jusqu’à l’explosion finale.
A contrario, une excellente surprise avec la relecture du Children of the Damned de Maiden, magistralement transfigurée en mode semi-acoustique, violon et piano s’ajoutant aux guitares. Méconnaissable, surprenante, et finalement géniale, peut-être même meilleure que l’originale à sa manière (et c’est un grand fan de Maiden qui le dit). La mise à jour du solo, le remplacement des « ohohoh » finaux par le violon pendant que Chris passe au saturé… Un travail de reprise admirable, qui à lui seul justifie l’acquisition de la version double de l’album.
Sur le troisième disque, rien de raté, mais on commence à saturer, la collection devient très longue. Notons néanmoins Starman qui parvient à faire presque autant frissonner que la version de Bowie, sans l’égaler (mais c’est normal, on ne peut pas égaler le maître), et Girl, you’ll be a Woman, Soon, troublante d’émotion (on la croirait écrite pour l’organe de Chris Harms).

** Pour l’anecdote, le groupe a repris la chanson également sur scène lors de sa dernière tournée : chanter une chanson en finnois sans parler la langue, bravo (par contre, quand il est fait mention de pina colada dans les paroles, je crois que ce n’est pas du finnois).

Empyrean (2016) - version double CD

Vous êtes prêts ? Bien attachés ? Parce que ça va secouer ! Après l’interlude Swan Songs I, les hambourgeois reviennent plus énervés que jamais, avec un album qui n’est pas à écouter au coin du feu, mais en fosse, en hurlant à gorge déployée, en pogotant, en dansant, en se donnant à fond ! Efficacité maximale, à l’allemande, taillée pour la scène, et qui ne laisse aucun répit à l’auditeur.
Le mix elctro-indus-pop est désormais total : Album-concept autour d’une dystopie futuriste, l’album déboule à 100 à l’heure, déroulant hymnes imparables forgés pour le live (Drag me to Hell), chansons pour disco-punks destroy noyées de cris (quelle maîtrise désormais !) et de claviers décadents (Doomsday Disco), quelques ballades (ou presque) pour respirer avant de remonter sur le ring (Black Oxide, avec la participation de Scarlet Dorn au chant féminin, Interplay of Life and Death). Des cris, du chant saturé, torturé et des refrains à choeurs parfois volontairement à la limite du sirupeux (Where is all the Love). Un joyeux foutoir ? Non, une grande cohérence stylistique et artistique. Un travail sur le fil du rasoir, qui parvient à rester en équilibre tout du long.
Un bel exemple avec l’enchainement Where is all the Love / Adonai, où le refrain emphatique, pop et naïf, de la première, débouche sur le violoncelle au bord de la rupture qui ouvre ce qui s’avère un long instrumental de 8mn, habité, puissant, dont l’intensité va crescendo. L’apparente facilité dans laquelle était plongé l’auditeur n’était qu’illusion, un piège pour mieux le prendre à la gorge et l’emmener dans cette quête d’absolu, lui faire partager les fêlures de celui qui tente de se libérer de l’oppression du monde, de s’en élever. Lament for the Condemned le plaque à nouveau au sol, mais ne parviendra pas à tuer sa révolte. On se rappelle soudain que c’est bien un album concept qui nous est offert ici, pas une simple collection de chansons. Cet enchaînement ressort plus particulièrement en streaming, puisqu’il n’y a pas le changement de CD à effectuer avant Adonai pour interrompre momentanément l’écoute. Certes c’est une petite pause justifiée par l’articulation entre les deux chapitres du concept album, mais tout écouter sans souffler à cet endroit est une expérience qui se révèle assez enrichissante.
Tout le monde n’aimera sans doute pas le tournant opéré ici, le son énorme, massif, à la fois froid, électronique et organique, mais on ne peut nier l’excellence de l’ensemble ni son efficacité, le soin apporté à la progression de l’album. Si vous aimez Shaârghot et SUN, ça devrait le faire. Sinon, avalez la mandale et revenez plus tard, on aura quelque chose pour vous.

Swan Songs III (2020)

Ça devient presque habituel, un album saturé suivi d’un album acoustique (qui permet de retrouver la veine la plus gothique du groupe). Ce troisième « chant du cygne » sera cependant le dernier de la série. On revient au format double CD, avec un disque de compositions originales et un disque de reprises. Mais contrairement au premier opus, le premier disque est ici celui des chansons originales, les reprises arrivant ensuite, un peu comme un bonus de luxe, un supplément de gourmandise pour le plaisir, un dessert qui réhausse tout le repas. Et quel dessert ! Elles font beaucoup pour relever le niveau de l’ensemble. Ne me faites pas dire que ce je n’ai pas dit cependant, les compos du premier disque restent très bonnes, et marquent encore un palier dans l’affermissement du talent du groupe pour proposer des arrangements classiques et acoustiques de toute beauté et d’une grande richesse. Ce qui évolue également par rapport aux précédents, c’est l’ambiance : on tutoie régulièrement les ambiances de la dark wave allemande ici (particulièrement flagrant sur un titre comme Unfeel, qui évoque fortement Deine Lakaien).
Pourquoi par contre avoir intégré la reprise du 4’33’’ de John Cage ? Cette œuvre, pour ceux qui ne la connaissent pas, est constituée de 4mn et 33s de… silence (ou plus exactement de jeu en silence afin de permettre à l’auditeur de se concentrer sur l’écoute des bruits de l’environnement). Cela n’apporte rien au disque…
Quant aux reprises qui composent le deuxième disque : les arrangements ici apportent souvent un aspect cinématographique et une tension qui réhaussent et embellissent des chansons déjà excellentes à la base. Lorelei est le seul bémol de cette sélection, la seule version que je trouve inférieure à sa version originale parue sur Thornstar. Pour les autres, c’est un sans-faute, avec mention spéciale à Burn me alive.

OPVS NOIR vol. 3 (2026)

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Après la profusion de couleurs, l’aspect récréatif de la doublette Blood & Glitter / Weapons of Mass Seduction, Lord of the Lost a exprimé l’envie de revenir au noir. Et de proposer non pas un album, mais trois, conçus ensemble, comme une progression du plus sombre vers le plus lumineux, chacun composé de 11 titres et sortis à 6 mois d’intervalle. Un seul album vendu à la découpe, alors ? Oui, on pourrait aussi le voir comme ça, mais justement, le fait que chaque volume soit disponible indépendamment permet de les assimiler comme trois œuvres différentes partageant simplement une thématique commune. Le groupe lui-même considère que tout livrer en une fois aurait été trop dense.
Autre particularité : une profusion d’invités sur chacun des trois OPVS NOIR.
Commençons donc par le volume 3, qui est comme vous l’aurez deviné le plus faible. C’est tout relatif, certes, mais c’est en effet ici que se trouvent les quelques titres les plus faibles, à commencer par le très consensuel et plat I’m a Diamond en compagnie de Saltation Mortis. Je cherche encore l’intérêt de les faire participer à ce truc, déceptif de bout en bout. L’ambiance de ce volume est supposée être la plus « lumineuse » des trois, mais qu’on se rassure, la touche de couleur se limite à du violet au milieu de nuances de gris.
Dans l’ensemble, les chansons présentes ici sont dans une veine gothique franchement heavy, bien rythmée et catchy, mais classique, un petit peu moins inspirées que celles des deux précédents volumes.
On a tout de même droit à quelques belles fulgurances, Kill the Lights rentre-dedans en ouverture, I Hate people (avec Wednesday 13) récréative et fun, et bien sûr La Vie est Hell, en collaboration avec Hannes Braun (de Kinni Dynamite) et Charles Baudelaire. Hein, quoi ? Kékidi ? L’a fumé son absinthe avant d’écrire, là ? Pas du tout : les paroles sont en effet moitié en anglais, moitié en français, cette partie étant extraite du poème « Quand le ciel bas et lourd ». L’occasion pour Chris de réviser le français (qu’il a appris à l’école). Certes le résultat sonne parfois un peu kitsch, mais c’est un beau kitcsh je trouve, touchant et juste.
La clôture de l’album, et donc de la trilogie, se fait sur une ballade, The Days of our Lives, lumineuse, ouverture vers un nouveau départ, à l’image de la pochette : après avoir récupéré la clé et déverouillé le cadenas, la porte s’ouvre. Et qui répond au titre d’ouverture du premier album, bouclant la boucle, comme on dit.

Thornstar (2018)

Quelle claque que cet album ! Le virage indus entamé depuis quelques albums est pleinement consommé, le groupe intègre donc d’autres éléments à sa musique.
Dès l’ouverture On this rock I will build my Church, entre indus et metalcore (et ça n’est pas un gros mot), la bande lâche les chevaux. La prod est claire tout en restant puissante, les compos variées, et surtout de grande qualité. Le chant fait la part belles aux parties saturées, réservant la voix claire à des refrains et respirations bien placées. Difficile de mettre en avant un titre plutôt qu’un autre, le niveau reste élevé tout du long. Bien sûr, la superbe Lorelei ressortira toujours du lot, elle reste une de mes chansons préférées du groupe et elle n’est pas pour rien un de leurs grands classiques incontournables. Mais toutes les chansons ont des allures d’incontournables ici, un vrai sans faute (mentions tout de même pour Naxxar, inquiétante à souhait, et In Darkness, In Light). Plutôt que m’étendre inutilement, je vous invite donc à écouter l’album et vous laisser emporter. Petite spécificité : c’est le premier album qui ne se clôt pas avec une ballade (ou du moins une chanson lente), rompant avec une habitude bien installée et qui permettait de faire redescendre la tension en fin de parcours.

Blood & Glitter (2022)

Bel exemple de grand écart stylistique, l’album qui suit Thornstar et Judas, complètement tournés vers l’indus et le gothique est… carrément metal-pop ! Des mélodies sautillantes, des claviers qui rappellent les grandes heures des années 80-90, ça se danse, c’est coloré à l’image de la pochette glam et carnavalesque, drag en diable. C’est joyeux alors ? ah ben non, pas du tout ! Grand écart, on vous dit ! D’ailleurs, regardez mieux la pochette. En bas, là. Vous le voyez, le petit doigt qui dépasse, avec un cœur tatoué ? ? Oui, c’est un majeur. Parce que le monsieur, il est colère.
Le groupe, à ce moment de sa carrière, fait face à quelques déferlantes de haine sur les fameux réseaux sociaux (le truc fermé qui a remplacé le web et parfois la vraie vie semble-t-il pour beaucoup de gens). Ils n’auraient pas le bon look, la bonne attitude pour être des trves metalleux, seraient trop LGBT friendly également sans doute. La réponse à ces torrents de haine est cet album, qui sous des dehors acidulés et légers renvoie les irrespectueux dans les cordes. Un high-kick dans les gencives assené avec des platform-boots pailletées. Car comme ils le disent, No Respect for Disrespect, faut pas pousser non plus.
Le résultat s’écoute très bien, c’est plaisant, les paroles comme les refrains restent en tête, les claviers sont mis en avant et sont doucement régressifs, la new wave fait fusion avec le chant saturé et les grosses guitares sur fond de batterie parfois électronique. On ne s’ennuie pas une seconde. Titres les plus marquants pour moi : The Future of a Past Life, No Respect for Disrespect, Reset the Preset qui lorgne clairement sur la dance (avec Andy Laplegua de Combichrist en guest), Leaving the Planet Earth et la belle et mélancolique quoique classique (pour du LOTL) One Last Song. La chanson titre est celle avec laquelle ils ont participé à l’Eurovision.
Un petite mention pour Leave your hate in the Comments, dont il faut obligatoirement voir le clip, où les membres du groupe se mettent en scène dans le rôle de leurs contempteurs : https://www.youtube.com/watch?v=BHlkhzJEy8I (les commentaires qu’on voit défiler pendant la chanson sont des commentaires qu’ils ont réellement reçus).

OPVS NOIR vol. 1 (2025)

Et voici que débarque le volume 1 de la trilogie OPVS NOIR. A ce moment de votre lecture, vous aurez deviné que le meilleur des trois est donc le deuxième. En réalité, les deux sont plutôt ex-aequo.
Alors, qu’est-ce qu’il y a de bien sur ce disque ? Des chansons toujours aussi dans une veine gothique autant qu’heavy, avec des touches d’indus, parfois de power, et des invités de grande classe qui réhaussent l’ensemble. Car autant l’avouer, c’est souvent dans ces collaborations que le groupe se trouve le plus inspiré sur l’ensemble des trois volets.
L’ouverture sur l’intriguant Bazaar Bizarre pose l’ambiance, ce sera sombre, volontiers désespéré, mais avec une volonté de relever la tête. Parmi les beaux moments, le superbe duo avec Sharon Den Adel sur Light can only shine in the Darkness, le puissant Lords of Fyre en compagnie de Feuerschwanz, qu’on imagine fort bien joué sur scène, Damage, sans doute l’une des plus violentes de la trilogie, toute de rage tour à tour contenue et explosive, qui semble presque former un dyptique avec l’indus The Sadness in Everything.

OPVS NOIR Vol. 2 (2025)

Ce volume 2 s’ouvre sur l’excellente The Fall from Grace, qui fait suite de manière très naturelle à Dreams are never Alone qui clôt le précédent volume (si vous prend l’envie d’enchainer les deux, c’est particulièrement flagrant).
La suite conserve le très haut niveau de qualité qu’on a pu découvrir sur le premier opus et culmine sur des titres comme le poignant One of us will be next, le duo Please break the Silence avec Anna Brunner de League of Distortion. Mais chaque chanson ou presque dispose de son morceau de bravoure, que ce soit une partie de clavier, un riff, un break ou une ligne de chant.
Un petit mot également sur le titre le plus surprenant du disque, Raveyard, invitation à danser jusqu’à la mort, avec les morts, qui voit intervenir le finlandais Käärijä dans un passage rappé en finlandais inattendu mais finalement fort bien trouvé.

Judas (2021)

Chef-d’oeuvre ! Pas la peine d’ergoter, je sais que j’ai raison.
Double album concept consacré à Judas, le fameux traître, mais qui n’était pas peut-être si traître qu’on veut bien le dire, l’œuvre présente les deux faces de la pièce (oui, je sais, elle est facile). Un disque pour présenter Judas le traître, un disque pour présenter Judas le sacrifié, celui à qui on a demandé d’endosser le rôle qu’il devait endosser pour permettre au petit gars Jésus de faire parler de lui sur la croix (et chanter *Look at the Bright Side of Life… Ah non, celui-là c’est Brian). Et libre à l’auditeur de commencer par le disque qu’il veut. Le plus simple reste de commencer par le disque « Damnation », qui s’ouvre sur Priest et ses percussions, mais rien n’est figé. La meilleure manière d’aborder cet album reste d’écouter chaque disque tranquillement, peu importe l’ordre, et de se laisser imprégner avant de passer à l’autre. Deux lectures de la même histoire, avec des ambiances radicalement différentes, Damnation d’un côté, Salvation de l’autre. Vouloir tout écouter en une fois, c’est risquer de passer à côté de l’essentiel, de l’aborder comme un tronc unique alors que ce sont deux arbres jumeaux s’observant l’un l’autre, un dans la lumière, l’autre dans l’obscurité, entrelaçant ici et là leurs branches et échangeant leurs parts d’ombre.
Musicalement, si le metal gothique est remis en avant, c’est transfiguré par son sujet et par le traitement appliqué. L’ambition est grande, et magnifiquement atteinte. Typiquement l’album qu’on lance après avoir demandé à tout le monde de faire silence et qu’on écoute religieusement jusqu’au bout, lançant les anathèmes contre quiconque aura l’audace de nous déranger. Un disque original, puissant, intelligent. Le découpage en deux parties permet de développer des ambiances radicalement différentes, sombres et tribales d’un côté, globalement plus éthérées et apaisées de l’autre (ce qui n’empêche pas certains passages poignants, on parle quand-même d’un gars qui accepte de passer pour le salaud de l’histoire pour les deux millénaires à venir). Pour vous en convaincre, voyagez, au hasard, entre les dernières notes de piano poignantes de For they know not what they do, les percussions de Priest, le chant oriental et le piano ouvrant Argent, la mélodie presque légère de And it was Night, l’envolée lyrique de My Constellation.
Un voyage entre un Ciel et un Enfer aussi inaccessibles l’un que l’autre. Magistral !

13 « J'aime »

A mon tour de me lancer dans le classement d’une discographie. Initialement, je souhaitais faire celle de Sick of it All, histoire de rendre un petit hommage à Lou Koller, récemment décédé. Mais étant encore indécis sur le placement de certains albums (leur discographie étant d’une qualité assez homogène !), je commence par un autre groupe de la scène Hardcore New Yorkaise : Madball. Un groupe que j’ai déjà vu plusieurs fois sur scènes, que j’ai écouté à de nombreuses reprises, notamment lorsque j’ai commencé à écouter du Hardcore et sur lequel je reviens régulièrement.

Voici le classement, évidemment subjectif, que je vous propose pour cette légende du Hardcore New-Yorkais.

A noter que je n’ai pas inclus Ball of Destruction (1989) qui est considéré comme un EP et non un album.

  1. For the Cause (2018)

On commence avec l’avant-dernier album du groupe datant de 2018. Le seul album de Madball que je trouve vraiment vraiment moyen. 4 ans après un Hardcore Lives de très bonne facture, je ne comprends pas ce qu’a voulu faire Madball ici. Certes, on reconnait directement la patte du groupe mais que c’est fade : les riffs ne sont pas inspirés, ça manque totalement de punch et certains titres frisent le ridicule (désolé hein mais Rev Up, c’est clairement pas possible !). Avant même de me réécouter la discographie du groupe, je savais que cet album finirait dernier

  1. Legacy (2005)

Je sais, je sais, je vais faire grincer quelques dents. Alors, calmons-nous de suite : je ne considère pas Legacy comme un mauvais album. En réalité, le vrai problème que j’ai avec cet opus de 2005, c’est que je ne retiens strictement aucun morceau. Peut-être aussi car l’album fait suite à une masterclass du groupe (Hold it Down - 2000) et que le suivant est un poil plus percutant et marquant (Infiltrate The System - 2007), ce qui n’aide pas cet album à se démarquer.

  1. Not Your Kingdom (2026)

Je pensais vraiment que cet album allait finir avant dernier mais suite à plusieurs écoutes, je l’ai un peu réévalué. Il s’agit du tout dernier album sorti cette année (avec une pochette dans les mêmes tons que les deux premiers albums du groupe) et dire que je n’en attendais strictement rien est un doux euphémisme. Mais force est de reconnaitre que l’album possède quelques highlights bien marquants (Rebel Kids, Family First) et, d’une manière générale, il est très très efficace. Madball y retrouve une certaine fougue (que le groupe avait donc bien perdue sur For the Cause) et le featuring avec Killing Time sur Clockwork fait extrêmement plaisir (en plus d’être un super titre). Si on peut reprocher à Madball d’avoir quelques titres un peu « remplissages » sur cet album, il en sort une offrande tout à faire honorable pour ce dixième album du groupe.

  1. Look My Way (1998)

3eme et dernier album pondu pendant les années 90, Look My Way est une bonne sortie mais a le malheur de faire suite, d’une part, à deux albums légendaires (Set If Off - 1994 et Demonstrating My Style - 1996) et de précéder un autre album tout aussi important dans la discographie du groupe (Hold It Down - 2000). En réalité, c’est à mon sens l’album qui fait la transition entre le Madball des '90 et celui des années 2000. On retient surtout la triplette assez incroyable qui ouvre l’album sur les chapeaux de roue : Look My Way / Moment of Truth / Cut Off. Rien que pour cette ouverture assez dingue, l’album vaut le détour.

  1. Empire (2010)

On est clairement sur un album qui ne mérite pas une place aussi haute mais que voulez-vous, j’ai un attachement très personnel à ce skeud. En fait, quand j’ai commencé à écouter Madball, cet album a beaucoup tourné. Pourtant, il reste objectivement moins marquant qu’un Look My Way (même si des morceaux comme Invigorate, R.A.H.C ou All or Nothing sont quand même des gros bangers Hardcore) et la production, bien que puissante, manque un peu de saveur. Mais je l’aime cet album et difficile de le mettre plus bas de mon côté.

  1. Infiltrate the System (2007)

Un album souvent oublié dans la discographie du groupe alors qu’il est excellent en tout point. Il bénéficie déjà d’une production assez puissante, permettant au groupe d’être très pertinent en cette année 2007. Mais aussi, il fait partie, selon moi, des albums les plus agressifs de Madball. L’album est un ensemble de titres rageurs, ça sent la révolte dans tous les coins, que ce soit sur We The People qui ouvre l’album, Liberty or Death et son riff un peu saccadé sur les couplets, la bien nommée Revolt ou encore le final sur l’excellente Stand Up NY. L’album le plus tough guy des New Yorkais mais pas le moins intéressant !

  1. Demonstrating My Style (1996)

On arrive dans le top 4 des albums de Madball et tout se passe dans un mouchoir de poche. Honnêtement, on pourrait inverser les 4 premiers dans l’ordre que l’on veut tant ils sont tous pertinents. Mais j’ai dû faire des choix et j’ai donc mis le second album de Madball à la 4ème place. Peut-être car il reste un poil moins marquant (mais un poil) qu’un Set It Off. On reste néanmoins sur un album légendaire (avec cette pochette incroyable), des morceaux cultes (Pride (Times Are Changing), Demonstrating My Style, Live or Die), des riffs marquants et du groove, en veux-tu, en voilà. Cultissime.

  1. Hardcore Lives (2014)

Peut-être que je le surévalue un peu mais vu que j’ai commencé le Hardcore vers 2016, cet album était le dernier en date sorti à l’époque. Et donc j’ai vu pas mal de fois Madball sur scène à cette période avec beaucoup de morceaux issus de ce skeud dans les set-lists. Et vous savez quoi ? Après réécoute de la discographie, je persiste et je signe : Madball a sorti une pépite en 2014. Peut-être plus mélodique et moins agressif que les albums des années 2000, ce Hardcore Lives propose un sacré lot de titres marquants, à commencer par l’enchainement Hardcore Lives / The Balance / Doc Marten Stomp / DNA. Egalement, les featurings font sacrément plaisir (H2O, Terror) mais c’est surtout l’apparition de Candace de Walls of Jericho sur Born Strong, devenu un classique du groupe désormais, qui marque les esprits.

  1. Set If Off (1994)

Evidemment que cet album est très haut dans le classement mais pouvait-il vraiment en être autrement ? Un condensé de ce qui se fait de mieux en NYHC dans les années 90. Des pépites incroyables (Set if Off, New York City, Down by Law, Spit on your Grave, Lockdown), une production très pertinente pour l’époque (et qui vieillit très bien au passage), une pochette inoubliable. A ceux qui estimeraient que Madball n’aurait pas sa place dans le panthéon du Hardcore, je ne peux que les inviter à écouter cet album. Légendaire !

  1. Hold It Down (2000)

Mon album favori de Madball, ni plus ni moins. Le condensé, selon moi, de ce qu’ils font de mieux. Aucun titre n’est à jeter, la production est parfaite et a superbement bien vieilli (ce qui n’est pas le cas de tous les albums des années 2000). C’est agressif, efficace, groovy, y’a même des influences hip-hop un poil plus marqué et que dire de la prestation de Freddy au chant qui est exemplaire. Ce n’est pas l’album le plus cité lorsque l’on souhaite recommander Madball à un néophyte mais, de mon côté, je ne peux que vous encourager à jeter une oreille dessus. Cet album n’est pas un album de New York Hardcore, c’est le New York Hardcore.

14 « J'aime »

Nouvelle semaine signifie nouveau classement de discographie ! Et cette fois ci l’heureux élu n’est nul autre que les incontestables rois du thrash metal… MEGADETH. La discographie immense de la bande à Dave méritait vraiment d’être repassé à la loupe, tant elle est intéressante et variée :sign_of_the_horns:

Encore une fois, n’hésiter pas à aller écouter les perles rares que j’ai cités pour chaque album (bon vous n’êtes pas obligé d’écouter celles des #17 et #16), vous pourriez tomber sur de belles pépites.

J’ai classé les 17 albums studios du groupe, toujours en y ajoutant des explications, mais aussi des notes pour chaque album, en me basant sur cette échelle :

  • 10 = chef-d’œuvre absolu
  • 9,5 = presque parfait
  • 9 = excellent
  • 8,5 = excellent avec quelques petits défauts
  • 8 = super album
  • 7,5 = très bon, mais quelques fois irrégulier
  • 7 = bon, mais irrégulier
  • 6,5 = sympa, mais défauts importants
  • 6 = très moyen
  • 5 = album assez pauvre
  • Moins de 5 = nul, aux oubliettes

17. Risk (1999) – 3/10

Que dire de Risk ? Je pense que la bande à Dave Mustaine n’aurait pas dû prendre de ‘’risques’’ pour cet album, parce qu’il est vraiment merdique… Le groupe a complètement changé de direction, s’éloignant vraiment du thrash metal, pour nous pondre un album avec une production très bâclée, et pas un seul moment fort. Les rares chansons encore écoutables dessus sont « Crush ‘Em » et « Prince of Darkness », mais à part ça rien d’autres à ajouter… :face_vomiting:

  • Chansons conseillées (pas vraiment conseillées mais bon) : Crush ‘Em, Prince of Darkness, Time: The Beginning

16. Super Collider (2013) – 5/10

Encore un album qui s’éloigne du style de Megadeth. Super Collider ressemble d’avantage à un album de hard rock que de thrash metal. J’ai l’impression qu’il y avait un gros manque d’inspiration pour celui-là (heureusement le groupe nous a sorti un chef d’œuvre 3 ans après). On peut quand même prendre les chansons « Kingmaker » et « Super Collider », qui ont un bon côté agressifs, ou encore « The Blackest Crow » pour ses influences bluesy, mais le reste de l’album est tout à fait oubliable. De plus, le groupe a eu l’excellente idée (non) d’inviter le chanteur de Disturbed sur 2 chansons, que je n’aime pas du tout, mais alors vraiment pas… :face_with_spiral_eyes:

  • Chansons conseillées : Kingmaker, Super Collider, Don’t Turn You Back
  • La perle cachée (ou pas) : The Blackest Crow

15. United Abominations (2007) – 6,5/10

United Abominations est déjà un album bien plus intéressant que les deux albums au dessus. Avec une production moderne et son massif, cet album contient quelques très bonnes chansons, comme « Washington Is Next! », « Sleepwalker » ainsi que l’excellent « Gears of War », qui figure sur le jeu vidéo du même nom ! A noter qu’il comporte également une nouvelle version du classique « A Tout le Monde » en duo avec la chanteuse de Lacuna Coil, Cristina Sabbia. Les seuls défauts que je lui donnerai seraient son manque de régularité et de morceaux plus mémorables, ainsi que les paroles trop axées sur la politique, ce qui me déplait un peu.:neutral_face:

  • Chansons conseillées : Washington Is Next!, Sleepwalker, A Tout le Monde (Set Me Free)
  • La perle cachée : Gears of War

14. The System Has Failed (2004) – 7,5/10

The System Has Failed est l’album de la renaissance de Megadeth, avec un retour aux sonorités plus proches du son classique du groupe. L’album entier est très bon, avec des morceaux qui envoient bien comme « Kick the Chair » et « Die Dead Enough », ainsi que des chansons plus sombres comme « The Scorpion » et « Tears in a Vial ». Autre très bon point pour l’album : le retour de leur ex-guitariste Chris Poland pour les solos de guitares des chansons ! En plus de ça, le son de l’album est super bon, et sa pochette fait énormément penser aux premiers albums comme Peace Sells… But Who’s Buying et Rust In Peace.

  • Chansons conseillées : Kick the Chair, Die Dead Enough, Of Mice and Man
  • La perle cachée : Tears in a Vial

13. Th1rt3en (2011) – 8/10

Je pense que Th1rt3en, alias 13 (nombre fétiche de Dave Mustaine) est vraiment sous-côté. Les premières chansons « Sudden Death » et « Public Enemy No. 1 » sont du pur thrash à la Megadeth, tandis que des morceaux plus complexes comme « Endgame » et « Black Swan » montre un groupe au top de leur forme ! J’aime particulièrement la dernière chanson-titre, qui me paraît très personnelle, un peu comme « In My Darkest Hour » comme l’avait fait remarqué David Ellefson (c’est d’ailleurs le premier album avec ce dernier depuis son retour en 2010). Je vous conseille de le réécouter si vous l’avez oublié, il en vaut largement le coup !:sign_of_the_horns:

  • Chansons conseillées : Sudden Death, Public Enemy No. 1, Black Swan
  • La perle cachée : 13

12. Endgame (2009) – 8/10

Un autre excellent opus tout comme Th1rt3en, qui se présente un peu comme la suite d’Endgame. Ce dernier s’ouvre sur le rageux « This Day We Fight! », qui te fait headbanger à ton arracher la tête ! Citons également l’agressif single « Head Crusher » et « The Right to Go Insane » avec sa ligne de basse d’une lourdeur ! La réalisation est soignée, les guitares sont percutantes et sujettes à des compositions mêlant frénésie, minutie et virtuosité. L’album comporte tout de même un petit moment émotionnel avec la chanson « The Hardest Part of Letting Go… Sealed with a Kiss », très belle composition de Dave Mustaine. Endgame est un bon compris entre les derniers albums de Megadeth et des chefs d’œuvre comme Rust In Peace.

  • Chansons conseillées : Head Crusher, This Day We Fight!, The Right to Go Insane
  • La perle cachée : The Hardest Part of Letting Go… Sealed with a Kiss

11. The World Needs A Hero (2001) – 8/10

Alors là, voici un album criminellement sous-estimé à cause de sa production plus lourde et moins technique. La plupart des fans placent The World Needs A Hero parmis les albums les plus faibles du groupe, mais de mon côté je le trouve très intéressant. Outre le classique « Dread and the Fugitive Mind », on y retrouve d’excellentes chansons comme « Return to Hangar » (qui fait suite à « Hangar 18 ») ou « 1000 Times Goodbye » et sa ligne de basse ténébreuse. Mais le plus beau moment de l’album est de loin la perle cachée « Promises ». Cette chanson me touche personnellement plus que n’importe quelle autre chanson du groupe, et est sûrement l’une des plus belles compositions du groupe tout court ! J’aimerai tellement qu’ils l’a rejouent pour la dernière tournée, ça serait un moment magique.:heart:

  • Chansons conseillées : Dread and the Fugitive Mind, Return to Hangar, 1000 Times Goodbye
  • La perle cachée : Promises

10. Cryptic Writings (1997) – 8,5/10

Cryptic Writings est un album très efficace malgré son orientation moins extrême. Il comporte beaucoup d’excellentes chanson, comme le chef d’œuvre « Trust » ou l’agressif « She Wolf », sans compter d’autres très bonne composition comme « Almost Honest » et cette basse dans « Mastermind ». La chanson « A Secret Place » est absolument géniale, j’aime beaucoup la voix de Dave dessus, ainsi que le son des guitares. D’ailleurs, le mix de l’album est juste excellent ! Comme quoi des albums plus accessibles comme celui-ci peuvent être autant bon que certains albums de l’âge d’or du groupe.:+1:

  • Chansons conseillées : Trust, She Wolf, Almost Honest
  • La perle cachée : A Secret Place

9. The Sick, The Dying… And The Dead! (2021) – 8,5/10

Album criminellement sous-estimé ici. The Sick, The Dying… And The Dead! est juste génial du début à la fin. Avec une production puissante et des compositions très recherchées et variées (on peut aller du morceau thrash très agressif au morceau plus mélodique, en passant par des titres plus simples). L’intro de l’album sur la chanson-titre, avec ces arpèges de guitare au début me donnent des frissons à chaque écoute, tandis que le sombre et lourd « Night Stalkers » et le rapide « We’ll Be Back » me font me défouler à chaque fois ! En plus de ça, je trouve la pochette très réussie, qui montre la thématique de l’opus, très axé sur la guerre. De toute façon, je trouve que les 3 derniers albums sortis par le groupe font partis des meilleurs de leur carrière !:flexed_biceps:

  • Chansons conseillées : We’ll Be Back, The Sick, the Dying… and the Dead!, Night Stalkers
  • La perle cachée : Dogs of Chernobyl

8. Youthanasia (1994) – 9/10

Youthanasia est le fruit d’un travail plus recherché et poussé vers le heavy metal, succédant à Countdown To Extinction qui fût incroyablement bien accueilli. C’est d’ailleurs l’un des plus gros succès du groupe. L’album commence avec « Reckoning Day » et son riff tranchant, avant de laisser la place à des chansons comme « Train of Consequences » et « Addicted to Chaos », qui traitent de problèmes d’addiction et de perte d’être cher, ainsi qu’à « Victory » qui vient conclure l’album. Mais le point culminant est bien sûr cette ballade « A Tout le Monde » et ses refrains chantés en français par Dave me touchent beaucoup émotionnellement. Je pense que je vais lâcher ma petite larme quand le groupe la jouera lors de leur concert d’adieu à Lyon l’année prochaine. :heart_eyes:

  • Chansons conseillées : A Tout le Monde, Reckoning Day, Train of Consequences
  • La perle cachée : Victory

7. So Far… So Good… So What? (1988) – 9/10

So Far… So Good… So What? est sorti à une période très mouvementée et chaotique du groupe, notamment au sein du line-up, et est donc bien plus nerveux et violent. N’empêche, il est d’une efficacité incroyable ! Entre le chef d’œuvre « In My Darkest Hours », qui fait facilement parti des 5 plus grandes compositions de Megadeth, le rugueux « Set the World Afire » ou encore des pépites comme « Mary Jane » et « Hook in Mouth », SFSGSW?! est une véritable réussite. Je pense que malgré son statut iconique, il reste un album assez sous-estimé.

  • Chansons conseillées : In My Darkest Hour, Set the World Afire, Hook in Mouth
  • La perle cachée : Mary Jane

6. Killing Is My Business… And Business Is Good! (1985) – 9/10

Pour un premier album, ça envoie du lourd ! Nan mais sérieux, une putain de tuerie cet album, rien que cette intro glaçante avec « Last Rites/Loved to Deth » et ces les riffs ultra rapides signés Mustaine et Poland, ça promettait du lourd pour l’avenir du groupe. Dès le début ils ont posés les bases, et cette chanson « Mechanix », qui est enfaite une autre version de « The Four Horsemen » de Metallica en plus thrash est toujours aussi efficace en live ! Sûrement l’album le plus sauvage de Megadeth, et même du thrash metal old school tout court !:fire:

  • Chansons conseillées : Mechanix, Killing Is My Business… and Business Is Good!, Rattlehead
  • La perle cachée : Last Rites/Loved to Deth

5. Megadeth (2026) – 9,5/10

En août 2025, quand Megadeth a annoncé la fin du groupe et un album en final, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’ils nous sortent l’un de leur meilleur album de toute leur carrière ! Rien que les singles en disent long : « Tipping Point », qui ouvre le disque est d’une efficacité frappante ! Elle est devenue l’une de mes chansons préférées du groupe, et j’adore particulièrement ce passage bien lourd après le solo où Dave prend une voix de growl. Arrive ensuite le morceau teinté punk « I Don’t Care » et ses 18 solos de guitare (car oui, Dave ‹ ‹ s’en fout › ›), puis le très énergique et technique « Let There Be Shred » (sûrement un hommage à la chanson d’AC/DC). Toutes les chansons de l’album sont très différentes, et il chaque quelques pépites comme « Another Bad Day » et « Puppet Parade », mais pour moi le moment le plus émotionnel de l’album est sous aucun doute c’est magnifique fin avec « The Last Note ». Ces arpèges sombre à la fin me donnent toujours des frissons, et comme dirait Dave, ‘‘La dernière note ne mourra jamais’’.:candle:

On ne pouvait pas rêver mieux comme chanson finale pour un groupe de plus de 40 ans de carrière ! En plus de ça, il faut souligner cette pochette absolument superbe, avec Vic qui prend feu, ça fait très symbolique !:heart:

  • Chansons conseillées : Tipping Point, The Last Note, Let There Be Shred, I Don’t Care
  • La perle cachée : Another Bad Day

4. Dystopia (2016) – 9,5/10

J’ai toujours porté Dystopia très haut dans mon cœur car c’est l’album qui m’a fait découvrir Megadeth, lorsqu’il était sorti en 2016. Je l’avais acheté direct, et putain une pure tuerie de la première à la dernière chanson. Cet album est particulièrement sombre, et c’est ce que j’aime beaucoup, comme on peut le voir sur des chansons comme « Poisonous Shadows », « Conquer or Die » ou la perle cachée « Bullet to the Brain ». Bien sur la chanson-titre avait tout pour devenir un grand classique du groupe, et ce solo de basse dans « Fatal Illusion » me fait toujours autant halluciné :star_struck:! Kiko Loureiro de Angra brille particulièrement sur ce disque. J’aime particulièrement la pochette, qui est bien en thème avec les paroles sombres sur la dystopie et l’apocalypse. Vraiment un album que je ne peux que vous conseiller si vous ne le connaissez pas !

  • Chansons conseillées : Dystopia, Fatal Illusion, Poisonous Shadows, The Threat Is Real
  • La perle cachée : Bullet to the Brain

3. Countdown To Extinction (1992) – 9,5/10

Que dire de Countdown To Extinction ? Sûrement l’album le plus commercial du groupe avec Rust In Peace, avec des chansons tout de même un peu plus accessible, mais toujours aussi techniques ! Je ne pourrais pas citer tous les bangers qu’il y a sur ce disque, mais on retrouve entre autre le hit absolu « Symphony of Destruction », le très fun « Sweating Bullets », l’énergique « Skin O’ My Teeth », mais ma préférée de l’album reste tout de même la chanson-titre, qui est extrêmement sous-estimée ! Son côté mid-tempo un peu sombre et mélodique à la fois m’a toujours captivé, et je suis fan de cette intro avec la basse ! La production de l’album est impeccable, rien à redire la dessus.:ok_hand:

  • Chansons conseillées : Symphony of Destruction, Sweating Bullets, Skin O’ My Teeth, This Was My Life
  • La perle cachée : Countdown to Extinction

2. Peace Sells… But Who’s Buying? (1986) – 10/10

Un putain de chef d’œuvre, OK? C’est tous simplement impossible de trouver un point négatif à cet album tellement tant il est bon ! Pour moi c’était ça les débuts du thrash : un son old school, des riffs techniques et une voix pas forcément très puissante, mais qui marche super bien. Cette ligne de basse dans « Peace Sells », ce groove c’est impression comme ce groupe a la capacité à te faire bouger la tête ! Entre des chansons bien thrash comme « Wake Up Dead » et « The Conjuring », et des chansons plus techniques et progressives comme « My Last Words » (le chef d’œuvre de l’album pour moi) et « Good Morning/Black Friday », cet album est quasiment parfait ! Enfaite il l’ait, et il démontre pourquoi Megadeth est le plus grand groupe de thrash, pour moi en tout cas !:flexed_biceps:

  • Chansons conseillées : Peace Sells, Wake Up Dead, My Last Words, The Conjuring
  • La perle cachée : Good Morning/Black Friday

1. Rust In Peace (1990) – 10/10

Le plus grand album de thrash metal de tous les temps, qui comporte la plus grande chanson de thrash metal de tous les temps !!! Rust In Peace est tout simplement le sommet du groupe, je veux dire, trouver moi un meilleur album du groupe que celui-là, il est évidemment premier dans ce classement ! C’est leur #1, incontestable pour moi. Rien que ces premières notes dans « Holy Wars… the Punishment Due », c’est wow, quelle virtuosité exceptionnelle ! Cet album regorge tellement d’excellentes chansons, comme les classiques « Tornado of Souls » et son solo de guitare tout simplement ouf signé Mustaine et Friedman, ou « Hangar 18 » avec son côté un peu épique ! J’adore absolument le mix de l’album, notamment au niveau des basses, que l’on peut particulièrement entendre dans « Dawn Patrol » et « Poison Was the Cure ». D’ailleurs, qu’on l’aime ou pas, David Ellefson est l’un des plus grands bassistes de metal ! Ca vaut pareil pour Dave Mustaine, se sont des dieux du metal à mes yeux !!:sign_of_the_horns:

La première fois que j’ai entendu « Holy Wars », j’étais choqué de la technicité qui en ressortait, ça n’a strictement rien à voir avec le niveau des gars de Metallica, loin de là ! En plus ça, cette pochette d’album est vraiment super je trouve, j’aime beaucoup les couleurs, notamment ce mélange bleu/vert. En résumé, Rust In Peace est la définition du thrash metal lui-même pour moi, ce n’est pas discutable !:fire:

  • Chansons conseillées : Holy Wars… the Punishment Due, Hangar 18, Tornado of Souls, Dawn Patrol
  • La perle cachée : Poison Was the Cure

Pour conclure ce classement, je peux dire que la discographie de Megadeth est extrêmement variée, car elle comporte des putains de chefs-d’œuvre, des albums vraiment sous-cotés, mais aussi quelques bas, comme on a pu le voir avec Risk et Super Collider… En tout cas, j’ai vraiment trop hâte d’aller les revoir une dernière à Lyon en avril prochain avec Testament et BLS, ça va être un concert de dingue !!! :heart_eyes:

Voici le résumé de mon classement :

  1. Rust In Peace
  2. Peace Sells… But Who’s Buying?
  3. Countdown To Extinction
  4. Dystopia
  5. Megadeth
  6. Killing Is My Business… And Business Is Good!
  7. So Far… So Good… So What?
  8. Youthanasia
  9. The Sick, The Dying… And The Dead!
  10. Cryptic Writings
  11. The World Needs A Hero
  12. Endgame
  13. Th1rt3en
  14. The System Has Failed
  15. United Abominations
  16. Super Collider
  17. Risk
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