[color=#ff0000]ALL THEM WITCHES[/color] +[color=#00f7ff] RICH RUTH[/color] à l’Epicerie Moderne, Feyzin.
Amis de mes amis !
Voici les minutes du procès en sorcellerie d’une secte de Nashville, Tennessee ( dans un tribunal sis près d’une raffinerie où l’on ne raffine plus que des revendications et des envies).
Bon. Moins de CGT, plus d’ATW.
Celle qui disparaît de la surface du monde, et ne réapparaît qu’à l’automne ?
Une sorcière.
Celle qui prétend être l’ennemi de mon ennemi ?
Une sorcière…
Celle qui ne jure que par les nombres impairs ?
Une sorcière !
Nous sommes entrés ici les mains vides.
Sur le parking, des plaques d’immatriculation du Gard, des Bouches-du-Rhône et de plus loin encore… Voilà longtemps que l’Epicerie Moderne n’avait pas eu ce visage-là !
Sur scène, la batterie et la basse sont dans l’axe. Sur les côtés, la guitare et les claviers. Saturnine & iron jaw, Enemy of my enemy pour commencer. Un public de fans : les paroles sont chantées. Je mets trois morceaux à entrer dedans. Tout est très sudiste, l’accent, un mélange de blues et de psyché. C’est beaucoup plus puissant que sur album. Un sourire d’enfant sur le visage de Charles Michael Parks Jr. Mais quand ils disent que Dieu arrive, c’est la vérité. La basse et la batterie déchaînent une armée de démons mais la guitare, là-bas, dans l’oreille gauche, nous fait des sorcelleries : Ben McLeod, avec dans les mains les doigts de Gilmour. Suis-je en train de perdre mon âme, ou suis-je en train de prier ? Les deux mon Révérend, et Dieu que c’est bon.
Celle qui ne parle que du retour de Dieu ?
Une sorcière.
Celle qui modèle des figurines d’albâtre (et Dieu sait ce qu’elle en fait) ?
Une sorcière…
Celle qui transforme l’argent en poussière ?
Une sorcière !
Le nom de Charles Williams est invoqué. Roulements de tonnerre. Dirt preachers est le 1er morceau où je m’abandonne. A genoux dans la poussière, à genoux nous sommes. Puis Diamond, sous d’autres facettes que celles que je connais. Une pause sur Everest, puis The children of coyote woman à la gratte et au violon. Est-ce le fantôme de Steve Earle qui vient traîner ses guêtres ? De passage par Galway.
Celle qui travaille le plomb, qui élabore des mâchoires de fer ?
Une sorcière.
Celle qui arrache le coeur et boit le sang d’élan ?
Une sorcière…
Et celle qui a son repaire dans l’antre du tigre ?
Une sorcière !
Ai-je bu à la fontaine divine ? J’ai vu des démons souriants et des anges concupiscents. Un moment d’anthologie est gravé dans une carrière d’albâtre (Alabaster, long, puissant). Puis Silver to rust et un Elk. Blood. Heart qui fend le coeur de l’homme et de l’élan dans un même élan. Un moment suspendu au violon (Allan Van Cleave) avant Workhorse, cheval de bat qui creuse son sillon comme on fourrage dans une mine de diamants.
L’hotel serein, enfin, long blues, et Tiger’s pit qui nous mâche et nous recrache un peu plus loin. Pour finir, Blood & sand. L’Épicerie est prise de folie. Tout est moite, a le goût de whisky - et sur scène, les rois ne sont-ils pas bourbons ?
Nous sommes entrés les mains vides et sommes sortis les mains pleines.
Toutes des sorcières !
(En 1ère partie, un type génial dont je ne connaissais pas le nom il y a deux jours.
Rich Ruth.
Problème de riche ?
Non monsieur.
Ça m’a plutôt mis en rut.
Mais calmement, hein.
De l’ambient atmosphérique avec un peu du Goodbye to language (l’album extraterrestre de Rocco deLuca et Daniel Lanois, 2016) et - et oui, Eno - peut-être).
Ecoutez. Ambient. Echappé du topic « Et toi tu écoutes quoi… Quand tu écoutes pas du metal ? »
https://open.spotify.com/album/1KErFGaU1RWUTJDeHKJoK2
https://open.spotify.com/album/3N2laGpXXnE29bfqpERjsR