Hellfest Battle 2026

1. GRIDIRON : deux excellents titres pour deux excellents groupes. À la question : il y a un clash, sur la base de ces deux morceaux, quel groupe je vais voir ? Gridiron. La différence s’est faite sur le petit solo et le coup de gong.
2. SILHOUETTE : ce qu’on aime dans les battle ce sont ces moments où une proposition arrive à nous dessiller les yeux sur un groupe qu’on avait vaguement coché sur le RO faute de mieux. Entre la Neige et la Silhouette j’avais de prime abord envie de moquer le groupe sous ses allures de ligne de yaourts minceur et en tant que fan de Napalm, l’affaire semblait pliée avant l’écoute. Que nenni. Excellent morceau de ce groupe jusqu’alors inconnu, un air de Black Bile à la mode Temple et en face un choix assez déconcertant. J’apprécie la prise de risque qui consiste à mettre en avant des morceaux récents de Napalm et, comme souvent, un morceau engagé, mais musicalement parlant sans être mauvais, ça n’a pas l’impact rugueux et désespéré de leurs anciens albums.
3. ESCUELA GRIND : j’adore cette école, l’équipe enseignante est super investie et contrairement à Montessori et Freinet, ici on apprend aux enfants à porter un atemi aux boomers en cravate qui veulent des wagons no kids. De l’autre côté on a un groupe d’hommage à Suicidal Tendencies mais Mike Muir n’a jamais porté le make up eye liner de JD Vance. Out.
4. BUZZCOCK : Story of my life est un classique mais ça m’a semblé interminable là où Buzzcock avait cette petite touche à la Devo pétillante. Donc je les ai préférés à l’anorgasmie de Social Distortion.
5. GOD IS AN ASTRONAUT : Duel très décevant pour ma part, j’ai choisi un peu en mode « en espérant mieux la prochaine fois ». Chacun dans son style ces groupes sont à mon sens très scolaires. God is an Astronaut nous sort la fabrique des émotions un peu factices avec un début dont on imagine qu’il doit nous plonger dans nos souvenirs et un emballement final qui doit nous écraser de chagrin puis nous tirer vers la lumière. Bon tout ça pour nous dire que vous avez souffert quand Karen vous a largué mais que maintenant ça va mieux depuis que vous avez rencontré Gwendola…Ni la force évocative d’un This will destroy you, ni la géniale virtuosité de My Sleeping Karma. De l’autre c’est pas mieux, un morceau dont la longueur est imposée par le code metal sur le Black épique, c’est une épopée, une sorte de chevauchée, avec ses galops et ses respirations, rien de neuf sous la Lune malheureusement.
6. PONTE DEL DIAVOLO : excellent groupe que j’ai raté au Roadburn et que je crains de manquer encore au Hellfest s’ils sont en face de Die Spitz. Par contre sortir d’entrée de jeu un de leurs meilleurs morceaux si ce n’est le meilleur, ça va être compliqué pour la suite. Mais face à un Rotting Christ pas inspiré mais qui aura sa base, c’est finalement bien joué.
7. ACID BATH : Le problème avec le Heavy français c’est qu’on a souvent l’impression d’écouter le générique de Jayce et les conquérants de la lumière. Du coup si on est un fan inconditionnel des monstroplantes, c’est carton assuré et puis faut pas se mentir après on passe une heure à se flinguer la gorge en criant « Sor-Ti-Lèèèèèèèèèège » avec une joie non dissimulée. Acid Bath, de toute façon, tout le monde dit que c’est bien, moi je veux pas me faire remarquer, alors officiellement je déclare qu’Acid Bath c’est le groupe que je rêvais de voir même si j’en avais jamais entendu parler avant que tout le monde me dise que leur reformation était l’événement du millénaire. (en vrai c’est bien maintenant que je les écoute pour de vrai)
8. SHELTER : je salue le courage du candidat ou candidate qui a choisi Deep Purple, avec un seul album à leur actif on court le risque de se retrouver avec des morceaux un peu faibles. Malgré tout on a ce morceau, intitulé « Child in Time » assez long mais qui n’est pas sans intérêt, voilà, je comprends que le candidat ait fait avec le peu de matériau qu’il avait. Certainement dans d’autres circonstances, avec un vieux groupe connu aurait-il choisi de piocher une pépite cachée dans un album peu connu, et raviver une flamme qui vacillait dans notre mémoire. Bref, à vaincre sans péril on triomphe sans gloire, donc SHELTER.

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