REPORT - Heidenfest 2026 - Transbordeur (Lyon / Villeurbanne)
Après le Paganfest, passé il y a tout juste un an au même Transbordeur, c’est au tour d’une autre prestigieuse tournée dédiée au Folk Metal de renaitre de ses cendres. L’idée de base est la même : rassembler plusieurs groupes (6 au Paganfest l’an dernier, 5 au Heidenfest cette année) pour offrir une magnifique soirée à tout les amateurs de folk metal - aka pouet pouet metal pour mes amis forumeurs.
Si l’affiche de ce Heidenfest est un peu moins prestigieuse que celle de ce même Paganfest, elle n’en demeure pas moins très alléchante, notamment avec le duo de tête Korpiklaani - Finntroll qui n’avait, chose assez incroyable, jamais tourné ensemble malgré leur proximité !
Il est 16h30, les portes du Transbordeur ouvrent dans une petite demi heure, j’arrive sur place, tout juste descendu de ma montagne des Alpes spécialement pour l’occasion. 17h les portes s’ouvrent enfin. Pour les connaisseurs, entrer dans le Transbordeur est toujours une aventure en soit. Pour ceux qui ne sont jamais venu soyez avertis : au Transbo on arrive tôt, le temps de rentrer, sinon, on rate forcément le premier groupe ! (fâcheuse tendance à ouvrir les portes trop tard et à mettre BEAUCOUP de temps à faire entrer tout le monde). Malgré une sombre affaire de QR code inscannable pour la moitié des gens, nous voilà dans la salle. Un tour au merch (je suis de la team collectionnite aigüe de tshirts de tournée…) et c’est SHOW TIME 
The Dread Crew of Oddwood
Seul groupe de la lineup qui m’était totalement inconnu au moment de l’annonce du retour du Heidenfest, j’ai eu l’occasion d’écouter quelques uns de leurs titres avant le grand soir. Si j’avais plutôt apprécié cette découverte, c’est en live que leur musique prend une toute autre saveur ! Groupe californien (il ne font pas que du skate punk là bas??) de « Pirate metal », 100% acoustique (pas d’instruments préenregistrées, on y reviendra…), ils sont parfaits pour lancer l’ambiance de la soirée ! Malgré leur démarrage tôt (17h30), le public répond déjà présent et semble prêt à embarquer dans cette aventure de pirate, reproduisant les chorégraphies de crabes géants (oui oui vous avez bien lu) lancées par le groupe. Ce soir, on est là pour passer un très bon moment et The Dread Crew of Oddwood a parfaitement lancé la machine 
Trollfest
Trollfest. Que dire ? Quand un groupe est même trop « pouet pouet » pour moi, c’est peut être qu’on est un peu dans l’excès non ? Trollfest est quand même l’un des rares groupes de folk metal que j’ai évité au HF (l’an dernier). En studio, ça ne passe tout simplement pas. Je n’aime pas du tout la voix du chanteur, je trouve le rythme souvent trop décousu, le saxo souvent en roue libre total… Bref, pour moi c’est juste beaucoup trop bordélique à l’écoute.
Je me dis quand même que je vais leur donner une chance en live. Visuellement, il faut déjà s’imaginer la chose : un groupe entier de mecs, habillés tous de robes roses, chacun coiffé d’une tête de flamant rose, parfois même chaussé de pattes de poulets. Le chanteur, un norvégien chauve avec une grande barbe, sorte de sosie de Harold Barbé sous acide, a une petite batterie devant lui, la barbe teinte de différentes couleurs. Là, je me dis que je ressens peut être ce que ressentent certains membres du forum devant n’importe quel groupe de Folk Metal. Que tout n’est peut être qu’une affaire de frontière et de perception…
Et puis le concert commence. C’est exactement comme en CD : en apparence, un bordel sans nom. Sauf qu’en réalité c’est un show assez énorme. Le public est directement pris dans une joyeuse frénésie communicative. Ca part même en chenille qui sort de la fosse pour se balader partout dans le Transbo, bassiste en tête (oui oui, une chenille, dans un concert de Trollfest ce n’est même pas une blague, c’est bien réelle…). Arrive à ce moment précis un de mes potes, chanteur et guitariste de son métier, venu ici pour me faire un peu plaisir et passer du temps avec moi. J’ai lu alors dans ses yeux un mélange de détresse et de « WTF ». Je le soupçonne même d’avoir hésité à faire demi tour direct. Pourtant, une fois de retour dans la fosse, même lui s’est pris au jeu et à l’incroyable ambiance qu’avait mise les norvégiens dans la salle. Je ne sais pas si j’arriverai à écouter du Trollfest désormais, mais ce qui est sûr c’est que j’ai passé un très bon moment devant leur live.
Heidevolk
Une fois remis de cette avalanche de rose et de conneries déversées par Trollfest, changement radical d’ambiance avec les néerlandais de Heidevolk. Déjà présent au Paganfest l’an dernier, on assiste ici à un concert beaucoup plus sobre et sombre. La grande force de Heidevolk, en dehors de leurs refrains très accrocheurs, c’est la présence de 2 chanteurs à voix claire chantant régulièrement en chœur, donnant ce caractère païen, guerrier et parfois même mystique à leur musique. Pour le reste, on est sur le même set très qualitatif que celui joué au Paganfest un an plus tôt. Toujours un très bon moment avec un groupe que j’aime de plus en plus et que je reverrais encore une fois avec plaisir pour reprendre leurs refrains à l’unisson avec toute une fosse !
Finntroll
On enchaine avec la sous tête d’affiche, les finlandais de Finntroll !
Finntroll c’est un groupe assez en marge du folk metal « classique » avec une fusion entre le folk et le black metal qui pourrait donner un groupe beaucoup « plus sérieux ». Et pourtant, malgré cette accessibilité moins évidente, le groupe se veut très festif, mélodique avec un humour très nordique.
J’ai une affection particulière pour ce groupe, étant l’un des premiers que j’ai découvert, avec leur titre Trollhammaren, quand je me suis lancé corps et âme dans le folk metal, il y a une quinzaine d’années. Les ayant déjà vu il y a quelques temps au festival Echoes et Merveilles, c’était avec beaucoup de plaisir que j’avais accueilli l’annonce de leur venue au Heidenfest.
Mauvaise nouvelle, l’emblématique chanteur Vreth Lillmåns, victime de ce qui semble être un burn out, a du annuler sa présence sur l’intégralité de la tournée. Le remplaçant, un certains Kistelach, m’était alors totalement inconnu. J’avais donc une petite appréhension sur ce point. Elle fut néanmoins très très rapidement balayée par la prestation vocale et l’énorme présence scénique de ce remplaçant de luxe. En a suivi un superbe live, portée par une setlist parfaite et un excellent son (ce qui était aussi le cas de tout les concerts précédents). Mon seul petit bémol sur ce live sera traitée un peu plus bas dans ce report…
Korpiklaani
Groupe que j’adore, de par sa singularité musicale et son charismatique leader Jonne Järvelä, Korpiklaani était aussi le dernier gros groupe de folk metal en activité (RIP Turisas…) que je n’avais pas encore pu voir en live… Tournée annulée pour cause de Covid, tournée pendant mes vacances, présence au HF mon année de pause… Enfin j’allais pouvoir voir Korpiklaani ! De plus, avec la sortie de Rankarumpu, qui est l’un de leur meilleurs albums, le grope finlandais est en très grande forme.
Dès le départ, porté par ce mélange si caractéristique de violon et accordéon, on est directement plongé dans l’ambiance festive finlandaise, dans un concert quasi intégralement en finnois (langue que je trouve très très belle à l’oreille). Chaque instrument s’entend parfaitement et Olli Vänskä est toujours exceptionnel au violon (RIP Turisas…) mais… où est Jonne ? Enfin plutôt, où est sa voix si emblématique du groupe ? Si sa présence sur scène est assez magnétique, le réglage de son micro sera un long chemin de croix pendant l’heure de prestation du groupe. Souvent bien trop faible, il devait forcer beaucoup trop sur sa voix pour se faire entendre, ce qui, malheureusement, se ressentait un peu. Heureusement, on a eu la chance de l’entendre parfaitement sur quelques morceaux (avant de le reperdre par la suite…). Malgré cette gène, et un public déjà présent depuis 4h, l’ambiance était extraordinaire. Une énorme et finale débauche d’énergie de la part de la quasi intégralité de la fosse, dans un mélange de danse et de pogo, durant la totalité du set.
Je quitte alors le Transbo, transpirant, de très bonne humeur, le sourire d’avoir notamment enfin vu Korpiklaani et Jonne. Heureux d’avoir pu partager et, qui sait, peut être même transmettre, mon amour du folk metal à mon pote. Reconnaissant aussi. Reconnaissant de vivre dans des années de retour du Folk Metal, avec la reformation successive du Paganfest et de l’Heidenfest, reconnaissant du superbe travail de Sounds Like Hell de me permettre de vivre ça pas (trop) loin de chez moi.
Et, sur le chemin du retour, je me prends irrémédiablement à penser aux prochaines lineup possibles de ces deux tournées ? Maintenant mesdames et messieurs en charge de ces diverses programmations, je compte sur vous; le folk metal compte sur vous; faites revenir Turisas !
PETITE PARENTHESE
Petit coup de gueule quand même, certainement un coup d’épée dans l’eau d’ailleurs : c’est pas comme si les gens concernés allaient me lire… Folk Metal. FOLK metal. FOLK. Je suis toujours un peu dérangé par l’utilisation abusive de backtrack dans le metal (coucou Beast in Black…), quelque soit le genre. Mais je trouve d’autant plus abérrant leur présence dans le Folk Metal. Tu veux faire un groupe de folk metal avec du violon : prend un violoniste. Tu as du synthé ? prend un p***** de claviériste. Et je dis ça alors que, par exemple, j’adore Fintroll. Mais t’as deux guitaristes qui jouent la même chose 80% du live, et personne pour jouer du synthé. Bref c’est un problème que je trouve de plus en plus actuel, et qui m’agace un peu, surtout dans le folk metal, où tu viens justement, normalement, pour voir et entendre des instruments et une orchestration un peu différente…
FIN DE LA PARENTHESE
Et un merci à Heidevolk pour leur accessibilité et leur gentillesse en sortie du Transbo ! (je semble petit sur la photo mais j’ai du en réalité me baisser pour être à leur taille, et, comme je n’étais plus des plus lucides à cette heure tardive, je me suis, je crois, un peu trop baissé…)