Report détaillé du SAMEDI de mon quatrième Hellfest consécutif - Partie 1/2 (pour que ce ne soit pas trop indigeste
(la partie 2 arrivera très vite)).
Quatrième Hellfest qui en réalité n’en vaut qu’un (une seule journée à chaque fois, dont une que je n’ai commencée qu’à 17h00 pour cause de chopage de billet à la dernière minute le Jour J, et qui peut donc faire office de jeudi
). Mais je n’abandonne pas l’idée de faire les 4 jours d’une même édition si l’affiche m’en convainc, je peux le faire, oui, je le peux, surtout depuis qu’il y a un lit dans mon véhicule. 
Affaire à suivre en décembre.
TRYGLAV - 7,5/10
Il faisait chaud, très chaud ce samedi midi sur le vignoble nantais, comme depuis le début de cette nouvelle édition du Disneyland du metôl…
Heureusement, sur les conseils avisés d’@Iko
, je sais que je peux sereinement aller me réfugier sous la douceur des tentes… Ou pas… Ma naïveté ne pouvant que subir sur-le-champ une fournaise méphistophélique suçant par litres de sueur l’élément vital de plusieurs milliers de festivaliers mijotant à petit feu. Deux tentes comme imprudemment vêtues de noir par le Malin. 
Arrivé dans les temps sous la Temple pour profiter de ce jeune groupe de black metal croate (même si à la base c’est un one-man band) qui m’avait tapé dans l’esgourde à l’écoute de leurs deux albums, la journée commençait bien. Sachant que son black metal est un black metal qui tabasse mais qui demeure assez accessible, car mélodique, notamment grâce à ses riffs et soli de guitare souvent inspirés. La batterie aussi, était inspirée dans son déchaînement de violence, si ce n’est que je l’ai trouvée un peu trop forte en comparaison des autres instruments. Au moins au début. Mon placement peut-être ?.. Le deuxième morceau joué, The Evocation, est un peu le tube du groupe. Court, efficace, avec son riff imparable, c’est une petite pépite qui s’est confirmée en live me concernant. Et malgré la chaleur étouffante, les quarante minutes du set sont passées crème. (Crème qu’il ne fallait surtout pas oublier d’apporter dans sa version solaire pour la suite des hostilités caniculaires…)
WITCHFINDER - 7/10
De retour à l’air libre, quel plaisir salutaire que celui de retrouver la fraîcheur de ses petits 35°C. Le vent, même faible, ça change tout ! Et à moi de zigzaguer à travers bois entre les semi-cadavres de festivaliers en direction de la Valley afin de perdre le moins de miettes possible du stoner des ukrainiens de STONED JESUS (miettes d’hostie goût Marie-Jeanne bien entendu).
Comme attendu, je passe un bon moment, mais je ne sais pas, il y a un truc qui cloche… Surtout lorsqu’après deux ou trois morceaux le trop excellent français de l’un des membres du groupe me fait tiquer, puis me fait intérieurement passer pour un inculte de cette scène
lorsqu’il précise que son groupe remplace celui des ukrainiens, arrivés en retard, et reprogrammés en fin d’après-midi dans la Purple House, cette nouvelle scène entourée par une cage et pouvant accueillir à sa périphérie quatre-cent spectateurs environ. Si si. Dans une cage. Ça ne rigole plus au BDSMfest ! 
Quoi qu’il en soit, Witchfinder est un quatuor (de stoner) clermontois, au son tantôt pachydermique tantôt plus enlevé, de qualité ; la preuve étant que, n’ayant écouté qu’un ou deux albums de STONED JESUS, et le dernier album de Witchfinder (ce que je redécouvre en rédigeant ce report), je n’y ai vu que du feu. Enfin, façon de parler…
AGRICULTURE - 8/10
Retour express sous une Temple toujours plus irrespirable pour le concert de ces jeunes californiens qui ne sont pas venus pour nous vendre leurs salades mais plutôt leurs plus gros pains et puissants vins : les pains d’un batteur aussi forcené qu’inarrêtable sur ses fûts faisant couler le vin de l’extase partagé par le quatuor « blackgazisant ». 
Looks et dégaines improbables, le leader barbu du groupe (guitare/chant/growl - il y a deux growleur.euse.s) rentre même tellement comme une balle dans son trip qu’il se viande d’entrée de jeu à courir dans tous les sens.
Il se relève avec un sourire aux lèvres qui ne le quittera quasiment plus de tout le set. Parce qu’au-delà de la proposition musicale originale, novatrice et sans concession du groupe, c’est la joie, ou du moins l’envie d’être là, sur scène, qui irradie la Temple. Résultat : les émotions, même les plus violentes, paraissent tellement vécues à fond par le groupe, qu’iels n’ont aucune difficulté à nous les transmettre. A moi en tout cas. 
Après, si comme sur albums je n’aime pas toutes les parcelles musicales exploitées, leur setlist est suffisamment variée (on a même eu droit à un long solo heavy metal
), avec de magnifiques breaks et relances notamment, pour que la magie opère sur toute sa longueur.
Moi qui avais hésité avec D-A-D en Main Stage et envisageait même de faire moite-moite, bah en fait non, l’idée, au lieu de germer, a vite été enterrée ! 
Une expérience cathartique.
MY SLEEPING KARMA - 6,5/10
Après une petite sieste à l’écoute du « son » écrasant mais non moins bon du stoner de CONAN, à l’ombre d’une désormais vénérée palissade à l’entrée de la Valley, qui m’aura permis en sus d’être rafraîchi toutes les 30 secondes par les lointaines gouttes d’un brumisateur géant (ce qui s’appelle un combo gagnant
), je fais un petit détour par le merch artistes où les t-shirts se vendent en moyenne à 35 euros pièce… Puis, dépité d’en revenir broucouille, comme on dit dans le Bouchonnois
, j’erre à travers le site en maugréant contre les vicissitudes du capitalisme, et retourne finalement à cette fameuse Valley où m’attend la formation allemande de rock/stoner psychédélique.
Les morceaux, tous instrumentaux, sont, comme attendu, longs, voire très longs. J’aime bien le délire dans l’ensemble, c’est bien exécuté, mais le soleil cogne, et force est de constater que l’absence de chant et la répétition de certains riffs à l’envi, comme sur albums, finit par me lasser. Et à mon karma s’assoupissant de me pousser avant l’heure en direction de la Temple (encore !) pour que GRIMA le réveille.
GRIMA - 8/10
De retour sous la Temple et pas si mal placé, c’est au quatuor russe de black metal atmosphérique de me transporter dès ses premières notes dans un songe mélancolique, où les arbres de Sibérie nous parlent, nous jouent leur mélopée.
En effet, les quatre membres de Grima, les mains grimées
de noir et vêtus d’une longue cape de jais, portent un masque de bois à vous faire froid dans le dos. La prestation est donc désincarnée ; et les deux-trois premiers morceaux assez old school ; mais je retrouve assez vite mon préféré du groupe, Giant Eternal Step (merci la battle !
), avec son intro de guitares aériennes et pleines d’émotions, et mon voyage se trouve définitivement lancé. D’autant plus que la scéno ne s’arrêtera pas sur ces costumes puisque sur deux des derniers morceaux une pluie de flocons de neige tombera du ciel artificiel de la Temple. C’est simple. C’est beau. C’est poétique.
C’est même magique sous cette chaleur… Ah ! Si seulement ces flocons avaient pu être réels pour nous rafraîchir… Un dernier mot sur cette scénographie ô combien millimétrée : le « chanteur » reviendra vers la fin comme vieilli, avec ses mains faites de longues brindilles et son bâton à tête de mort. 
Bref, la proposition artistique du groupe, pour ainsi dire parfaite, m’a immergé au plus profond de son univers fantastique, pour ne pas dire « fantasy ». A l’instar de sa musique, souvent rude, mais aussi mélodique. Dommage seulement qu’il manquait un.e joueur.euse d’accordéon, si présent sur leurs albums.
To be continued…