Attention, gros pavé en approche, désolé.
Je vais commencer par dire que c’est mon second HF, le précédent ayant été l’an dernier, une année là aussi très chaude, mais que j’avais bien plus facilement vécue que cette année-ci, qui fut éprouvante.
On va commencer par les « + » :
l’ambiance générale, toujours appréciable.
la déco, toujours waw
la propreté globale du site : je n’ai rien vu qui traînait après un concert, les toilettes étaient bien gérées et toujours nickel, et c’est un exploit notable vu le site. Seul petit bémol, il y en avait peut être trop peu dans les zones camping. Non seulement ça peut être loin, mais de plus le nombre était probablement insuffisant. J’ai souvenir du samedi matin où il y avait une queue de 30 personnes devant moi pour 5-6 toilettes, l’attente a bien dû être de 20 minutes.
globalement l’organisation : pose du bracelet sans attente, à la cathédrale itou, globalement il n’y avait pas de queue, si ce n’est pour l’eau parfois ou les douches toujours.
le son. En général c’était très bien, et j’ai bien moins remarqué des problèmes de parasitage d’une scène par l’autre que l’année dernière.
Arte et ses captations ! Le seul bémol que je mettrais, c’est le manque de visibilité sur quels concerts seront diffusés plus tard, mais là je pense que c’est difficile de faire mieux. Ce partenariat est déjà top !
l’eau gratuite ( et le camping gratuit, aussi, et les parkings, …). Oui, parce que même si c’est perfectible (et je vais pas mal gueuler dessus un peu plus loin), le simple accès à l’eau n’est pas forcément garantie dans les salles de concerts ou les festivals. Donc, qu’il soit noté que je loue le fait de donner accès aisément à de l’eau, en quantité.
pouvoir passer avec des gourdes !!! Oui, ça a contredit la consigne initiale, mais la gourde, c’est la vie.
Les - :
Je peux résumer en un seul mot une bonne partie de ce que je vais dire : l’impréparation aux besoins liés à une canicule, alors que c’est la 3ème en 5 éditions (2022, 2025, 2026), et je pense que le monde entier s’accorde à dire que ça va devenir la norme.
À titre perso, j’ai hésité à me barrer du fest en plein milieu tellement c’était intenable, et pourtant on était pas encore le dimanche. Mon RO prévu a été complètement chamboulé : en lieu et place de cumuler les concerts, en journée je devais être sélectif : un concert visionné = le suivant abandonné car j’ai besoin de me redescendre en température donc squatter la seule zone d’ombre où on peut poser son cul, la forêt ! Sur le papier, j’avais plein de bonnes transitions valley>warzone, dans les faits il y a plein de concerts en wz que je n’ai écouté que de loin. Pour donner une image claire de ce que fut ma surchauffe : j’ai dû certains jours boire 4 ou 5 litres de flotte, et je n’ai quasiment pas pissé. Voilà à quel niveau mon corps était en surchauffe.
La déception de découvrir la différence entre la communication pré-HF « nous mettons tout en œuvre face à la vague de chaleur qui s’annonce » et les effets concrets sur site explique probablement pour partie pourquoi je suis aussi remonté sur ce point.
Mais je vais détailler…
Absence quasi totale de zones d’ombre. Il y a la forêt, mais elle devient très vite surchargée de gens (et un brouillard de poussière), le hellfresh et le kingdom of muscadet, mais c’est squatté, le metal corner qui a des arbres et des parasols, mais ça veut dire ne pas assister à des concerts (ce qui est quand même le but premier), l’extreme market (mais il est bouillant), le restaurant Hellcity qui s’est fait squatter… ou le dessous des tables qui sont devenues des parasols de fortune pour plein de gens.
À côté de cela, les scènes n’ont quasiment aucune ombre. Mention spéciale à Valley qui est en plus l’unique scène à être orientée en direction du soleil, donc en après-midi (les 3/4 des concerts, le soleil se couchant à 22h) tu es directement face au soleil.
Lié à ce point : je suis fan de la déco du HF ET je suis fan en général d’aménagements en métal. Par contre, une table métal en plein cagnard, ce n’est plus une table exploitable, donc ça ne sert plus à rien ! Si, à se faufiler dessous pour en faire un parasol, mais c’est tout !
Manque de points d’eaux, en sachant que certains sont comme les bons coins à champignons, ils sont planqués : il y a un point officiel avec 3-4 robinets en warzone, sauf qu’il y en a une quinzaine planqués 15 mètres plus loin au niveau des toilettes. Il n’y a qu’un point d’eau sur tout le hellcity/metalcorner, mais là encore 15 mètres après celui pris d’assaut, il y a celui des douches avec autant de robinets mais qui lui est vide, car il faut pour y accéder faire la queue pour les douches.
Manque d’eau là encore pour le camping : le point h2o du metalcorner est le seul qui dessert toute la zone camping. Il est donc à 20 bonnes minutes des gens qui campent dans le jaune ou le orange (ou le pink). Enfin, pas tout à fait, j’ai découvert le samedi qu’il y avait un point d’eau plus proche, mais il ne fait pas partie du hellfest : c’est celui de l’aire des gens du voyage qui avait un tuyau à disposition. Il n’était donc fort logiquement pas indiqué.
Pourquoi ne pas mettre des citernes-remorques agricoles dans les campings ? Ok, l’eau chaufferai super vite dedans, mais pas de point d’eau pour les (dizaines de) milliers de personnes au camping, c’est quand même super dangereux dans une période de fortes chaleurs.
Toujours niveau eau, l’absence de solutions pérennes de rafraîchissement : les « brumisateurs » (canons de chantier) n’ont pas fonctionné quasiment du we, uniquement le dimanche, et uniquement pendant un concert : le brumisateur de la valley est lancé après le premier morceau du concert, et dès la fin il est éteint.
Par contre, en mettre à l’entrée du site ou de la cathédrale tout le we, là je ne comprends pas l’intérêt sur ces zones de passage (et sur le bitume).
Pareillement, de temps en temps il y avait des bénévoles, soit avec un kaarcher (warzone), soit avec des pulvérisateurs à main (sortie du camping le matin), mais globalement c’était des solutions assez dérisoires par rapport aux besoins. L’an dernier, il y avait beaucoup plus de refroidissements de ce style.
Ça sentait les restrictions d’eau, et effectivement post-HF je suis allé vérifier et oui, il y a bien des restrictions sur la région. Je comprends le problème, mais c’est probablement à mon sens que le succès du festival dépasse les capacités techniques du réseau d’eau et/ou des réserves d’eau.
Le stand de vente de crème solaire (le triporteur) : c’est peut-être moi, mais j’ai passé deux jours à essayer de le chopper, en vain. Du coup, je demandais à à peu près tous les stands Hellcare où trouver ce triporteur, et à leur taxer des échantillons de crème le temps de le trouver. Je l’ai vu une fois ou deux les premiers jours, puis je ne l’ai jamais trouvé le samedi et le dimanche quand j’étais en rade, et pourtant j’ai souvent traversé la foret, dans il me semble tous les sens.
Résultat, j’ai survécu uniquement grâce aux petits échantillons du Hellcare (merci à vous, vous étiez toujours au top !). Alors oui, il y en avait aussi en vente au sanctuary, mais faire la queue en plein cagnard une heure minimum pour acheter de quoi se protéger du-dit cagnard me semble un poil contre-productif.
Extreme market : littéralement un four, thermostat 8. C’est à la fois une épreuve pour les exposants, et un repoussoir à clients, soit la double peine pour ceux qui ont payé pour y être.
Le Macumba, dans la nuit du dimanche à lundi. Oui, je suis spécifique. Le jour où il y a une alerte sanitaire, où le festival est passé à deux doigts de se faire fermer, où il y a des consignes strictes de partir tôt pour la sécurité des personnes car on est en alerte rouge écarlate… ce jour-là, le Macumba décide qu’il n’en a rien à battre, et probablement même pousse le volume encore plus fort.
Je conçois que c’est une institution, que c’est une coutume, mais redémarrer la boite le lundi à 2h du mat’ alors qu’il y a un réel danger sanitaire et qu’il y a des consignes pour que les gens se lèvent tôt et partent au plus vite, c’est de l’inconscience pure et dure.
Quand je suis enfin arrivé à ma tente après les annonces et le bouchon, que j’ai mis le réveil pour 5h du mat’, que je me couche à ce moment-là à 2h00, ma dernière réflexion (et c’est une vraie anecdote) fut « ça va piquer demain, mais au moins ce soir je vais pouvoir dormir, y’a pas le Macumba ». 30 secondes plus tard, il démarre. On avait dit pas les mamans, mais je crois que j’ai fortement pensé des trucs qui faisait référence à leurs mères respectives à ce moment-là ! Et ils étaient visiblement plus fort que les autres soirs, car les bouchons d’oreille DeepSleep©®™ achetés sur site n’ont servi à rien ce soir-là tellement c’était fort (et j’étais théoriquement loin de lui, dans le yellow camp).
La poussière : le mercredi, une bonne partie du site, c’était de l’herbe. Le dimanche, c’était un nuage monumental de poussière dans lequel il fallait respirer (crachotter ses poumons) : chaque pas soulevait la terre mise à nu. Et quand il y a 10 ou 20.000 pieds en même temps qui chacun soulève un peu de terre, c’est un brouillard épais et l’atmosphère est irrespirable. La forêt était dans la brume tout le dimanche et une partie du samedi, mais le trajet post-concert dimanche, c’était un nuage épais de poussière dès le metal corner, et sur la (quasi) totalité du camping.
La scène « Hellcity stage ». Galère à trouver, car non ce n’est pas la scène au Hellcity (la zone) qui elle s’appelle la Hellstage, c’est juste en fait à l’intérieur du Hellcity (le restaurant), qui a une vague estrade. Enfin, je suppose, car il y avait beaucoup de monde à vouloir voir le concert de Bob’s not dead, sauf que le resto était blindé de réfugiés climatiques déjà présents avant le concert (cf la partie « pas d’ombre » : dans un bâtiment en dur, y’en a, donc c’était blindé !). Et il n’y avait pas ou peu de sonorisation, car c’est un restaurant et pas une scène « officielle ». Donc, deux choses : les noms sont confusants, il n’y a pas de signalétique pour renvoyer dessus, et cette scène fait vraiment cheap par rapport aux autres petites scènes (hellstage, purple, hellcage).
Prix des soft : 9 balles le smoothie alors qu’il s’agit en fait d’une simple bouteille de jus industriel « innocent ». Non, au « bar à jus », pour 9 balles je m’attendais à autre chose, à de vraies machines à jus qui en fassent non-stop sur base de fruits et de légumes.
L’incivilité des gens qui fument et balancent leurs mégots par terre. Bon, c’est probablement mon sang méditerranéen qui sait qu’un mégot jeté = un potentiel incendie, mais j’ai envie de leur faire bouffer quand je vois ça !
Le sanctuary n’a rien à faire dans la zone concert à mon sens. La file du vendredi matin était juste hallucinante, elle remontait presque jusqu’à l’arbre Hellfest. Des gens ont donc attendu je ne sais combien d’heures en plein soleil, c’est ridicule, et ça perturbe les flux autres.
Je ne suis vraiment pas un obsédé de la sécurité (vraiment pas), mais c’est bizarre qu’il y ai des vigiles qui se font chier h24 aux entrées des campings juste pour regarder la présence du pass aux poignets… enfin, sauf sur les entrées pour le yellow, le orange et le pink, où là c’est open bar et il n’y a personne.
Pas de solution de reprise des pichets ou des verres. À part les amateurs atteints de collectionnite aigüe, je ne vois pas l’intérêt de ne pas permettre le retour des pichets et des verres. Quitte à ce que la « consigne » soit moindre que l’achat initial.
Améliorations :
Des zones d’ombre !!! Statistiquement, les vagues de chaleur ne vont pas aller en diminuant. Il faut prévoir des aménagements permettant d’ombrager ou de semi-ombrager. Il faut bien évidemment que cela puisse résister à une tempête, c’est en cela que je parle de semi-ombrage, pas forcément une ombre pleine. Mais rien que cela descendrai mécaniquement la chaleur à des niveaux acceptables. Même si la température n’est pas officiellement une température caniculaire, car on reste debout, en plein soleil, et entourés de milliers de petits radiateurs à 37° qui nous collent.
l’absence d’offre culinaire « forte chaleur » : l’aligot ou la tartiflette, c’est très bien quand il fait 20°, pas quand il fait 40°. Il faut des offres de (horreur !) fruits et légumes : soupes froides (et y’a du choix dans les pays méditerranéens, y’a pas que le gaspacho), salades (de pates, de pommes de terre, pas juste une laitue) mais aussi pourquoi pas une aïoli (légumes et morue cuits à la vapeur, puis mangés froids avec une sauce mayonnaise aillée, en été ça passe très bien ce type de plats froids), un poké bowl, ou tout simplement des fruits.
L’unique stand qui faisait ça a dû passer une palette entière de pastèque le dimanche tellement j’ai vu de gens avec un morceau de pastèque, preuve que la demande est là, et pourtant à 3.5€ la micro tranche c’était du vol à main armée !
Du cidre à plus d’endroits ! Seuls quelques bars en servaient, or en période de chaud, ça passe quand même bien plus facilement que la bière.
…et que le cidre soit trouvable sur l’app. Je rephrase ce point : « moteur de recherche perfectible » : je m’explique : sur l’application, il y a un onglet « drinks » où on pouvait trouver quel stand vendait quoi. Idem pour la bouffe. Par contre, il faut connaître précisément le nom de ce que l’on cherche.
Typiquement, « cidre » ne trouve absolument rien, bière pas mieux du reste. Or comme à chaque fois j’oubliais le nom de la marque de cidre, et qu’il y a une centaine d’items, je galérait à trouver quel était le stand le plus proche !
Le moteur de recherche de l’application est franchement perfectible : on a besoin de rechercher par mots-clés, et par bouts de mots : je me souvenais bien que ça finissait par « ers », mais si j’ai pas le début (« magn ») ça me sert à rien. Et d’ici 10 minutes j’aurais oublié que ça s’appelle magners, je me souviendrai juste que « c’est du cidre et ça finit par ers ».
Le geste des serveurs pour « montrer le montant restant » : il ne sert à rien. T’es gentille meuf de faire ce geste tel qu’il vous a été appris, mais en une demi-seconde, mon œil ne sais pas faire le focus sur ton tel que tu brandis d’un coup, trouver où est l’information importante planquée dans l’interface, déchiffrer le chiffre, et parvenir à faire un calcul mental (sous réserve que je me rappelais combien il me restait). Ce geste ne sert à rien fait rapidement : soit il faut pauser pour que les gens puissent lire le montant déduit, soit il faut l’enlever car il ne sert à rien quand il est fait rapidement, soit avoir l’information qui s’affiche sur autre chose que l’écran du smartphone que le ou la serveuse porte autour du cou. Sur tout le w-e, j’ai eu un geste suffisamment lent pour qu’il soit utile dans 10% des fois seulement.
Toujours sur l’app hellfest, le montant restant du cashless n’est pas mis à jour fréquemment, il est mis en cache. Je me suis fait surprendre à un moment où il m’indiquait 50 balles alors qu’il ne m’en restait que 3. J’avais une info qui datait de facile 2 heures plus tôt. Il m’a fallu forcer un refresh en passant par la tête de mort et « cashless » pour que le cashless sur la home se mette à jour.
Du gel hydroalcoolique ou un point d’eau derrière chaque toilette. Certaines zones n’en avaient pas, ou plus.